CRITIQUE Mad Max: Fury Road

Mad Max: Fury Road

Critique du Film

La longue attente est désormais terminée. Fort d’un teasing massif qui a su nous aguicher plus que de raison depuis de longs mois, le dernier bébé de l’écurie Miller s’est enfin offert à nous. Du haut de ses 70 ans, George Miller renoue une quatrième fois avec le sombre univers dystopique qui l’a fait exploser aux yeux du monde : Mad Max. Tom Hardy succède fièrement à Mel Gibson sous les traits de l’anti-héros éponyme. Max est kidnappé par une bande d’illuminés qui sévit sous les ordres du terrible Immortan Joe. Lorsque ce dernier se fait dérober une de ses ressources les plus précieuses par l’Imperator Furiosa, il entre dans une folie furieuse. Il se lance dans une traque impitoyable accompagné de ses hommes. Max y est embarqué malgré lui.

Le dernier bébé de George Miller est d’une perfection technique sans faille.

30 ans ! C’est le temps qu’il a fallu à George Miller pour accoucher de ce nouvel épisode. Mad Max : Fury Road s’est fait plus que désirer. La bande-annonce nous promettait un film sans concession et assurément couillu. Force est de constater que toute la promo qu’il a engendrée ne nous a clairement pas menti : ce film est orgasmique ! Vous pensiez que Mad Max 2 était l’épisode ultime ? Vous l’oublierez bien vite après avoir goûté à cette route furieuse. Mad Max : Fury Road est une course-poursuite d’une durée de deux heures ! L’action est perpétuelle et jamais redondante. Parti-pris assuré et assumé, on en prend plein les mirettes notamment sur le plan visuel. N’ayons pas peur des mots : le dernier bébé de George Miller est d’une perfection technique sans faille. Le bougre n’a clairement pas perdu de son génie créatif. Très proche visuellement du second opus, ce Mad Max offre une palette colorimétrique sublime. On ne dénotera jamais un seul faux pas, c’est réellement parfait de bout en bout. Il suffit de voir comment Miller nous fait vivre l’intérieur d’une tempête de sable. Les couleurs sont en extase alternant entre saturations prononcées et noir et blanc bleuté. Quelle prouesse visuelle ! Jamais un paysage désertique n’aura autant été pétillant. Les affiches du film nous vendaient une nouvelle fresque d’un réalisateur visionnaire. Il va sans dire que George Miller maîtrise de but en blanc les codes qu’il a lui-même créé.

George Miller offre un ultime tour de force pour une course-poursuite mémorable et spectaculaire de deux heures.

Si les décors en mettent plein la vue, n’oublions pas l’identité visuelle des personnages. Charlize Theron est absolument magnifique dans son look androgyne. Ses yeux bleus délicieux transpercent la pellicule de mille feux. Tom Hardy endosse le rôle d’une manière significative. Comme pour les deux opus précédents, Max n’est qu’un élément ne servant que de prétexte à une intrigue particulière. Il n’est jamais l’élément déclencheur, c’est un vagabond qui se retrouve souvent au mauvais endroit au mauvais moment. Il n’est donc pas étonnant de remarquer une mise en avant moindre de son personnage en dépit du fait qu’il transcende l’image par une aura incommensurable qui lui est propre. Les soldats d’Immortan Joe, sortes d’illuminés albinos défendant des croyances vikings, sont personnifiés par la présence de Nux campé par un Nicholas Hoult méconnaissable. Mais la très très grosse surprise du film, le look de tueur ultime, revient indubitablement à Hugh Keays-Byrne dans le rôle d’Immortan Joe. Sans conteste le méchant le plus charismatique de toute la saga. Il arbore un look, une démarche et une voix imparables. On tremble autant de peur que de fascination devant ce colosse en putréfaction. Une vraie prouesse d’acteur pour un rôle emblématique, on ne s’en remet toujours pas. On appréciera également d’y apercevoir des clins d’œil aux films précédents. Qu’ils soient flagrants (le pistolet enrayé ou la copie conforme du méchant de Mad Max 2) ou plus subtils (le mécanisme de la boîte à bijoux musicale ou un plan subliminal sur les yeux écarquillés d’avant accident du premier opus), George Miller n’oublie pas de régaler les fans de la première heure, et c’est bien le plus important. D’ailleurs, une question demeure quant à la place de ce film dans la quadrilogie. Reboot ou suite ? Quoi qu’il en soit, la réponse s’applique dans les deux cas, à un détail près s’il s’agit d’une suite : il y a un manque de cohérence sur l’identité de l’enfant perdu de Max. Ce n’est qu’un petit détail, et c’est vraiment histoire de chercher la petite bête dans cet océan de perfection qu’est Mad Max : Fury Road.

Considéré et attendu comme l’un des plus gros films de cette année, Mad Max : Fury Road répond à toutes les attentes que nous ayons pu avoir. George Miller offre un ultime tour de force pour une course-poursuite mémorable et spectaculaire de deux heures. Si les spécialistes s’accordaient à dire que la scène finale du second volet était l’une des meilleures jamais réalisées, il y a fort à parier qu’ils reverront leur avis à la baisse une fois qu’ils auront mis les pieds sur Fury Road. Quelle claque ! Chapeau bas monsieur Miller !

Note : Exceptionnel ! Verdict : Exceptionnel !

Anthony Verschueren

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Commentaires des membres : Mad Max: Fury Road
Htb

Htb le 15/05/2015 à 01:51

Bon ben... Y'a plus qu'à... Et le plus vite possible ! emoticone

Tonyo

Tonyo le 15/05/2015 à 02:07

Je dirai même plus : y'a plus qu'à...une seconde fois emoticone

francks

francks le 27/05/2015 à 17:54

Image sublîme , 3D grandiose : la meilleure depuis Avatar , 100% adrénaline et dans l'esprit des premiers opus donc un futur Blu-ray dans ma collection