Critique Deux Salopards en Enfer (El Dedo En La Llaga)

Deux Salopards en Enfer
Deux Salopards en Enfer est un premier film bien maîtrisé techniquement, mais qui a le malheur de se perdre pendant une longue partie fleur bleue inintéressante.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Décidément, cette dixième année d’existence pour Artus Films n’a pas fini de nous réserver de belles surprises. Voici que l’éditeur lance une nouvelle collection « Films de Guerre » pour le mois de juin. Toujours dans l’expectative de nous proposer des pépites peu (re)connues, ils ont décidé de faire confiance à cette gueule inoubliable qu’avait Klaus Kinski. Deux Salopards en Enfer est le premier film réalisé par Tonino Ricci (Thor le Guerrier, Rage, La Nuit des Requins). En Italie, en 1941, un groupe de parachutistes allemands sauve involontairement deux condamnés à mort qui ont pris la fuite avec l’officier chargé de leur exécution. Ils vont s’allier afin de venir en aide à village pris d’assaut par la Wehrmacht.

Deux Salopards en Enfer est un film minimaliste.

Deux Salopards en Enfer est un film minimaliste. Ici, pas de grosses reconstitutions de batailles gigantesques. On a affaire à un road trip emmené par la douleur et la peur de perdre la vie à chaque coin de rue. Ce qui marque, c’est la retenue dont fait preuve Klaus Kinski. Habitué à des rôles nettement plus extravertis, ce sanguin à la vie comme à l’écran parvient à adoucir les mœurs, notamment appuyé par une sublime bande originale signée Riz Ortolani (Cannibal Holocaust). En revanche, cette douceur aura vite fait de tourner en rond. Tonino Ricci manque d’un peu d’audace. On sent les premiers pas du réalisateur qui tient absolument à tout bien calibrer. L’ensemble linéaire et lisse du projet donnera cette sensation de platitude dans les propos. Pourtant, des réflexions intenses sur les conditions de l’être humain en temps de guerre ne sont pas ce qu’il y a de plus difficile à faire. Pour peu qu’on ait un casting de charme, à l’instar d’un Renoir pour La Grande Illusion, qui arrive à mettre une belle profondeur dans ses dialogues, l’effet poignant peut être tout à fait saisissant. Kinski qui tente de croire en l’amour ne réussit pas ce tour de force. On appréciera l’ouverture d’esprit de la relation entre un enfant et un soldat noir, à la fois paternaliste et brisant les frontières du racisme, mais le reste de l’ensemble ne tiendra vraiment jamais la route.

Deux Salopards en Enfer est un premier film bien maîtrisé techniquement, mais qui a le malheur de se perdre pendant une longue partie fleur bleue inintéressante.

Si le fond est vraiment trop cliché, la forme a de quoi séduire. Quelques essais de mise en scène et de valeurs de plan valent le coup d’œil. Tonino Ricci possède une capacité singulière à savoir nous immerger au cœur de son histoire. On a réellement l’illusion d’être un habitant à part entière de ce village qui place tout son espoir en ces trois soldats symboles de libération. Les faux-semblants, les doubles jeux et le fait de faire du spectateur le seul témoin omniscient de l’intrigue permettent une lecture visible ajoutant une notion de suspense considérable. Quand bien même il ne se passe pas grand-chose, on frissonne tout le long à l’idée d’imaginer le moment fatidique où ces trois fuyards devront affronter les légions allemandes. Le dernier quart d’heure aura le mérite de tenir ses promesses. Ainsi, toutes les relations créées par les deux condamnés à mort avec les villageois, que Ricci aura pris soin de nous montrer en détail, démontreront leur force dramaturgique pour ce final grandiloquent. Deux Salopards en Enfer créé vraiment ce goût d’enfer pour une sortie sous les chapeaux de roue. Les yeux bleus étincelants et écarquillés de Kinski dans l’amas de poussière engendré par le torrent de balles sauront marquer la bobine de Tonino Ricci. On repartira du champ de bataille repu, un poil déçu d’avoir dû supporter une exposition longue et presque entièrement dépourvue d’intérêt, mais avec cette sensation d’avoir mis la main sur un plutôt bel essai cinématographique.

Deux Salopards en Enfer est un premier film bien maîtrisé techniquement, mais qui a le malheur de se perdre pendant une longue partie fleur bleue inintéressante. Un film qui ravira sans doute les amateurs du genre, mais qui risque de décevoir les néophytes.

Informations

Détails du Film Deux Salopards en Enfer (El Dedo En La Llaga)
Origine Italie Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Guerre
Version Cinéma Durée 98 '
Sortie 11/03/1970 Reprise -
Réalisateur Tonino Ricci Compositeur Riz Ortolani
Casting George Hilton - Klaus Kinski - Ray Saunders - Betsy Bell - Piero Mazzinghi
Synopsis Italie, 1941. Un groupe de parachutistes allemands fait irruption pour attaquer un peloton américain. Ils sauvent involontairement deux condamnés à mort qui parviennent à prendre la fuite en compagnie de l'officier chargé de leur exécution. Tous les trois vont devoir s'allier pour venir en aide à un petit village pris d'assaut par la Wehrmacht.

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