Critique Un peu, beaucoup, aveuglément

Un peu, beaucoup, aveuglément
Clovis Cornillac surprend à être humble dans sa démarche.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Clovis Cornillac, on l'aime un peu, beaucoup, parfois pas du tout... Acteur populaire, de ceux capables du pire (Astérix aux Jeux Olympiques, Protéger & Servir) comme du meilleur (Maléfiques, L'Amour c'est mieux à deux, Radiostar), l'annonce de sa première mise en scène pour le cinéma laissait songeur, perplexe sur la capacité du bonhomme à tenir une histoire, un film tout court derrière la caméra. Mais Clovis Cornillac surprend à être humble dans sa démarche. Un Peu, Beaucoup, Aveuglément... est un petit film, rien d'extravagant, juste le désir pour le néo-réalisateur à conter une gentille histoire d'amour comme on les aime. Mais surtout, il s'octroie le bénéfice de références bienvenues pour nourrir ce petit vent d'air frais dans les sorties cinéma de ce 6 mai 2015.

On aime quand un acteur passant derrière la caméra nous surprend avec tant d'humilité et de bonté à construire un projet tant choyé. L'acteur/réalisateur aime ce projet et chaque image défilant pendant les 1h30 que dure cet agréable divertissement transpire le désir de bien faire, de soigner ses situations, mais surtout de ravir le spectateur, conscient que malgré le petit budget du film, le spectateur paiera le même prix que pour les mastodontes durant 2H40 actuellement à l'affiche. Clovis Cornillac a connu ces films sans saveurs, des tournages monstres pour des produits pop-corn, parfois vendeur de jouets et de cartables. L'homme en a assez et prend depuis des risques de carrière, payant pour certains. Redevenu cette gueule de cinéma, celle qui l'avait révélée au début des années 2000, entre rôles de flics burinés ou de petite frappe sans valeur. Pour Un Peu, Beaucoup, Aveuglément..., l'homme se laisse la barbe, s'élague d'une aisance physique construisant son personnage tel un Cary Grant moderne. Taciturne, enfermé dans son appartement à inventer des jeux-casses têtes pour adultes en association avec son pote de toujours Artus, le personnage n'aura jamais de prénom pré-défini. Il sera Machin pour cette gentille voisine débarquant avec son piano dans l'appartement d'à-côté, seulement séparé par un léger mur sans isolation. Investi corps et âme dans son travail, lui ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir...

Un Peu, Beaucoup, Aveuglément... est une comédie jazzy, tirant sa force dans l'économie de moyen et ses références classieuses et indémodables. Un air frais coloré, ce moment de cinéma libérant la tête de toutes contraintes, où le spectateur prend part à un moment de bonheur convivial.

Sa voisine, appelée Machine, est interprétée par Mélanie Bernier, éternel second rôle féminin dans un cinéma français ne lui laissant jamais sa réelle chance. Découverte dans La Petite Fadette ou Le Temps des Portes-Plumes dans le rôle de Marie-Jeanne, elle peine à percer. Un Peu, Beaucoup, Aveuglément... est enfin l'opportunité pour elle d'exploser, de se lâcher comme son personnage dans le film, cheveux au vent, décolleté plongeant. Parfaite dans Le Bonheur des Ogres, elle l'est tout autant dans le premier film de Clovis Cornillac. Le réalisateur lui laisse toute la place nécessaire pour s'exprimer, cet œil pétillant, son regard et son sourire malin nourrissant son personnage d'un air agréable et flatteur d'Audrey Hepburn. Diamant Sur Canapé n'est jamais trop loin, mais Mélanie Bernier dans l'intonation de voix, proche d'une Marion Cotillard, reste elle-même entre fraîcheur et air malicieux. Enfin le rôle attendu pour elle, enfin nous la découvrons au grand jour.

Un Peu, Beaucoup, Aveuglément... doit énormément à son couple principal, rencontre incongrue, mais juste, constamment dans le ton équilibré entre romance et comique de situation. Mais le long-métrage doit aussi aux deux seconds rôles, Philippe Duquesne (un habitué du style) et Lilou Fogli (femme à la ville de Clovis Cornillac), découverte délicieuse dans le rôle de la sœur insatisfaite et nympho de Machine.

Un Peu, Beaucoup, Aveuglément... est une comédie jazzy, tirant sa force dans l'économie de moyen et ses références classieuses et indémodables. On n'était plus habitués à ces charmants films de studio d'antan, où d'une fenêtre en carton, nous respirons Paris, sa chaleur amoureuse et libre. Un Peu, Beaucoup, Aveuglément... est cet air coloré, ce moment de cinéma libérant la tête de toutes contraintes, où le spectateur prend part à un moment de bonheur convivial.

Informations

Détails du Film Un peu, beaucoup, aveuglément
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 06/05/2015 Reprise -
Réalisateur Clovis Cornillac Compositeur Guillaume Roussel
Casting Clovis Cornillac - Mélanie Bernier - Philippe Duquesne - Lilou Fogli
Synopsis Lui est inventeur de casse-têtes. Investi corps et âme dans son travail, il ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir...

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