Critique Samuraï Princess (Samurai Purinsesu : Gedo-Hime)

Samuraï Princess
Samuraï Princess est un premier essai à moitié réussi pour Kengo Kaji. L’étalonnage global du film laisse sérieusement à désirer et bon nombre d’effets gores tombent à l’eau. On en sortira le cul entre deux chaises.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Décidément, le catalogue de chez Elephant Films de ce mois de mars aura nourri notre faim d’excentricités nippones d’une bien belle manière. Voici qu’ils continuent d’épuiser le catalogue fourni des défunts studios Sushi Typhoon en nous proposant le premier long métrage de Kengo Kaji, le scénariste du jubilatoire Tokyo Gore Police. Samuraï Princess nous plonge dans un monde dominé par des androïdes hyper violents, les Méchas. Après avoir été laissée pour morte suite à une attaque qui a entrainé la mort de toutes ses amies, une jeune femme est sauvée d’une mort certaine et transformée en cyborg ninja indestructible. Sa vengeance sera terrible.

Samuraï Princess ne sera pas ce délice sucré que nous espérions.

Pour avoir signé le scénario d’un des meilleurs films de genre japonais de ces dernières années, nous frétillions à l’idée de nous retrouver devant le premier essai de Kengo Kaji. Samuraï Princess est un film extrêmement référentiel qui ira puiser son inspiration autant chez ses consorts du pays du soleil levant (Tetsuo, Versus, Tokyo Gore Police) que de l’autre côté de la planète (Cyborg, La Dernière Maison sur la Gauche, eXistenZ). Produit par le maître des effets spéciaux japonais Yoshihiro Nishimura (Tokyo Gore Police, Machine Girl) et acclamé dans bons nombres de festivals (New York Asian Film Festival, Sitges Film Festival, Fantasia Film Festival), Samuraï Princess ne sera pas ce délice sucré que nous espérions. Le film est à des années de la maturité qu’on retrouvait dans Tokyo Gore Police (décidément ça fait beaucoup de fois qu’on le cite !) tant dans l’aboutissement des effets gores (les CGI sont vraiment hideux) que dans le traitement de l'ambiance malsaine et poisseuse. Le film pâtit trop d’une image d'amateur, fleurant avec l’esprit des derniers Troma bas de gamme, pour nous aider à en apprécier son entière substance.

Samuraï Princess est un premier essai à moitié réussi pour Kengo Kaji.

Ceci étant, on se verra congratulé d’un nombre incalculable d’hectolitres de sang par membre arraché. Quitte à faire dans le trash, autant l’assumer à fond. Et de la suite dans les idées, ce n’est certainement pas ce qu’il manque à Kaji. Même si son film peine à trouver un semblant de cohérence, il arrive à installer un rythme de croisière relativement agréable afin de ne jamais essouffler notre curiosité. D’autant plus que le bonhomme sait réaliser. Il vient de la vidéo, il sait comment découper ses séquences afin d’insuffler une déferlante constante, mais jamais nauséabonde, d’effets de styles qui accentuent ce côté fan film résolument punk en donnant l’impression d’avoir été réalisé avec les moyens du bord. Et ce n’est pas le casting entièrement amateur et inconnu qui nous prouvera le contraire. En vérité, le casting est le point fort du métrage. Les acteurs s’éclatent à jouer les monstres de service. Ils évitent avec justesse ce forçage de traits typiquement japonais parfois (trop) agaçant qui dénature toutes les émotions désirées. Ils rendent absolument vraisemblable cette histoire rocambolesque : on y croit vraiment à cette apocalypse de mutants violeurs et charcutiers ! Et là où Samuraï Princess se démarque avec brio de tous les autres films du genre c’est par ses quelques séquences tragiques où l’amour, dans sa forme la plus nette, reprend le dessus sur l’horreur des images. Il y a de vrais beaux moments qui se cachent derrière ces amas de sang. On retiendra une scène particulière où le héros aide la princesse samouraï à retrouver le sentiment d’abandon et de plénitude lié à l’extase sexuelle. Une séquence magnifique et onirique véritablement surprenante qui mérite à elle seule qu’on s’arrête sur Samuraï Princess. Et ne parlons même pas de l’apothéose grandiloquente que réserve le film : c’est absolument démentiel !

En finalité, Samuraï Princess est un premier essai à moitié réussi pour Kengo Kaji. Il soulève des questions intéressantes, mais bien moins pertinentes que celles posées dans Tokyo Gore Police. L’étalonnage global du film laisse sérieusement à désirer et bon nombre d’effets gores tombent à l’eau. On en sortira le cul entre deux chaises, mais avec cette curiosité toujours bien présente à vouloir continuer de découvrir l’univers de ce scénariste très loin d’être bête !

Informations

Détails du Film Samuraï Princess (Samurai Purinsesu : Gedo-Hime)
Origine Japon Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Action - Gore
Version Direct To Video Durée 82 '
Sortie 03/03/2015 Reprise -
Réalisateur Kengo Kaji Compositeur Osamu Hata
Casting Aino Kishi - Dai Mizuno - Asuka Kataoka
Synopsis Dans un monde dominé par les samouraïs, des êtres androïdes, les "Méchas", sèment la terreur en commettant de terribles massacres. Afin de contrer ce bain de sang, un scientifique fou crée l'arme absolue : un cyborg ninja virtuellement indestructible.

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