Critique Lazarus Effect (The Lazarus Effect)

Lazarus Effect
Lazarus Effect inhume les classiques du genre pour ne rien ressusciter de neuf derrière. David Gelb signe un premier essai vraiment trop superficiel pour qu’on ait envie d’y revenir un jour.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Dans le fleuron des productions horrifiques à petits budgets qui ont un potentiel immense pour faire un carton, nul doute que les films issus de chez Blumhouse Productions ont définitivement la main mise sur le marché actuel. Le credo du directeur Jason Blum ? Viser une rentabilité maximum en accordant des budgets plus que restreints (on parle du mec qui s’arrache encore les cheveux d’être passé à côté du Projet Blair Witch, ne croyant absolument pas à la réussite financière du film). Dans son catalogue, on retrouve, en vrac, des films comme Paranormal Activity, Insidious, Insidious 2, The Lords of Salem ou encore les deux American Nightmare. Au grand dam des masses de billets verts qu’il a accumulés ces dernières années, il faut bien avouer qu’un nouveau film de genre estampillé « production Blumhouse » sera (presque) toujours synonyme de copie de copie. Ainsi débarque Lazarus Effect, premier long métrage fictif (juste après un documentaire sur les sushis) réalisé par David Gelb, où on y suit une petite équipe de scientifiques ayant mis au point un sérum permettant de ramener à la vie les êtres vivants. Seulement, la création dépassera tous les espoirs du groupe, mais pas nécessairement en bien.

On sent clairement que David Gelb prend ses marques et préfère jouer la carte académique.

Petite devinette. Connaissez-vous le point commun entre L’expérience Interdite, Frankenstein, Les Griffes de la Nuit, Carrie, Lucy, Re-Animator, Hollow Man et Paranormal Activity ? On vous le donne en mille : c’est Lazarus Effect, au sous-titre forcément gravé « originalité zéro » ! Attention, qui dit multi-référentiel, ne dis pas forcément mauvais…sauf qu’en l’occurrence ici c’est le cas, mais il y a bien des films qui utilisent ce genre de schéma pour se construire, et à bon escient. Pourquoi ça ne fonctionne pas sur Lazarus Effect ? Parce que le film ne se trouve jamais une réelle identité tout simplement. Tout est surfait. À commencer par la peur qu’il est censé distiller. Tous les essais de jump-scare sont téléphonés et prévisibles à des kilomètres. Impossible de se laisser prendre au jeu une seule seconde. La manière de mettre en scène est si éculée que ces moments de tensions tombent à l’eau. En revanche, la réalisation, dans sa globalité, n’est pas déplorable pour autant. On sent clairement que David Gelb prend ses marques et préfère jouer la carte académique. On appréciera un générique d’ouverture avec des séquences chirurgicales d'un très bel acabit. Des inserts qui font vraiment mouche et qu’on retrouvera ci et là le long du film. Un détail minime qui ne nous fait malheureusement pas oublier le gros point noir du film : son casting !

Lazarus Effect inhume les classiques du genre pour ne rien ressusciter de neuf derrière.

Tous les acteurs, sans exception, sont insipides. Il n’y a pas un seul personnage qui donne envie qu’on le suive et aucun des membres du casting n’essaie de pousser leur interprétation plus loin que le minimum syndical prescrit. De ce fait, toutes les émotions qui devraient être véhiculées sont entièrement annihilées dans un néant sans fond, fade et aussi froid que les pieds de votre compagne qui se collent à vous le soir au fond du plumard ! Pourtant, on connait des gens comme Evan Peters capable de donner le frisson par un simple regard, il suffit de voir ce qu’il envoie comme émotion dans les saisons d’American Horror Story ! Ici, il est complètement absent. Olivia Wilde ne suscitera jamais aucun frisson. Elle qui devient, à ses dépens, la grande méchante de l’histoire, attirera plutôt du dépit qu’autre chose. Ou encore Sarah Bolger qui souffre de son image beaucoup trop angélique pour réussir à nous faire croire à sa terreur. En réalité, le moment le plus intéressant du film proviendra de son climax. Le film se conclut au moment précis où l’on s’installe confortablement dans son siège, se frottant les mains et espérant enfin voir le film décoller vers un carnage certain. L’apparition du générique de fin nous rappelle douloureusement à la réalité : c’est du Blumhouse ! La marque de fabrique pour ce genre de commande ? On hache les actions en des milliers de morceaux, on n’a pas peur de tourner en rond, on donne juste ce qu’il faut pour appâter le poisson en lui promettant une éventuelle suite qui apportera, sûrement, ce qu’on voulait voir sur le premier opus (rappelez-vous d’American Nightmare !).

Lazarus Effect inhume les classiques du genre pour ne rien ressusciter de neuf derrière. David Gelb signe un premier essai vraiment trop superficiel pour qu’on ait envie d’y revenir un jour. Ne reste qu’à espérer que le succès soit au rendez-vous en vue d’un second opus nettement mieux maîtrisé.

Informations

Détails du Film Lazarus Effect (The Lazarus Effect)
Origine Etats Unis Signalétique Sensibilité Spectateurs
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur
Version Cinéma Durée 83 '
Sortie 11/03/2015 Reprise -
Réalisateur David Gelb Compositeur Sarah Schachner
Casting Olivia Wilde - Mark Duplass - Evan Peters - Sarah Bolger - Donald Glover
Synopsis Une équipe de chercheurs universitaires découvre comment ramener les morts à la vie. Ils n'imaginent pas ce que leurs expériences vont déclencher.

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