Critique L'homme des foules (O Homem das Multidões)

L'homme des foules
L'homme des foules nous montre la solitude profonde deux êtres mais ne parvient jamais à se dégager de la sensation d'ennui qu'il procure.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Juvenal est conducteur de métro à Belo Horizonte au Brésil. C'est un homme solitaire qui aime être entouré de gens, d'inconnus qu'il s'amuse à observer comme pour combler le vide de sa propre vie. Margo assure le trafic du réseau ferroviaire. C'est également une femme solitaire qui passe son temps sur des écrans et qui va se marier avec un homme qu'elle n'a vu que très peu de fois et qu'elle a rencontré sur internet. Alors qu'elle n'a pas d'amis à qui proposer d'être son témoin de mariage, Margo s'adresse à Juvenal et lui demande ce service. Une simple demande qui va changer le cours de leur vie, aussi infime soit-il.

L'homme des foules nous montre la solitude profonde de deux êtres mais ne parvient jamais à se dégager de la sensation d'ennui qu'il procure.

Basé sur une nouvelle d'Edgar Allan Poe, L'homme des foules est un film profondément ennuyeux. Ce n'est pas qu'il manque d'idées, au contraire. Ses personnages ont du potentiel pour être tout à fait passionnants et les réalisateurs ont un sens du cadre indéniable, privilégiant souvent les longs plans. Seulement voilà, on s'ennuie ferme. Ce n'est pas parce qu'un film raconte la vie de personnes seules et ennuyeuses qu'il doit être ennuyeux. C'est un exercice certainement difficile mais que plusieurs films ont réussi sans problèmes et sans donner une douloureuse sensation de vide à leur vision. L'homme des foules produit exactement cet effet, devenant désagréable au fil de son dénouement car le spectateur se retrouve dans l'incapacité de s'attacher à ses personnages impossibles à comprendre. Si la solitude de Juvenal est compréhensible, l'acteur Paulo André a un tel flegme qu'on a l'impression qu'il va s'écrouler si on le bouscule un peu. A l'inverse, il est plus difficile de comprendre Margo qui épouse un inconnu mais Silvia Lourenço ne manque pas de charme, parvenant à rendre convaincante son personnage.

Mais malgré tout, malgré cette volonté de dépeindre deux formes de solitude et de les confronter, malgré cette rencontre improbable de deux handicapés sociaux et malgré la beauté de certaines idées, L'homme des foules ne parvient jamais à séduire. On entrevoit son potentiel et sa poésie mais ces deux-là semblent coincés dès que le film commence et que les cinq premières minutes donnent le ton, nous condamnant à passer une heure et demie avec ses personnages que nous n'avons même pas envie de connaître. Dès lors que l'ennui s'installe, il est impossible de s'en débarrasser et malgré notre envie de s'accrocher désespérément à la suite, la première impression sera la bonne et rien ne viendra retenir notre attention. Jamais la solitude n'a été aussi pesante.

Informations

Détails du Film L'homme des foules (O Homem das Multidões)
Origine Brésil Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 95 '
Sortie 25/03/2015 Reprise -
Réalisateur Marcelo Gomes - Cao Guimarães Compositeur
Casting Paulo André - Sílvia Lourenço - Jean-Claude Bernardet
Synopsis Juvenal a une bonne raison de ne rien faire de sa vie, du moins le clame-t-il. Il est conducteur de train. Son travail solitaire lui fait traverser nuit après nuit la ville de Belo Horizonte, au Brésil. Juvenal est handicapé par sa timidité et n'a aucun ami. Il n'a aucune interaction avec le monde extérieur et le connait mal. Margô pourrait bouleverser sa routine. C'est une contrôleuse de train. Ils paraissent bien différents. Lui, sombre et silencieux, elle, lumineuse et volubile. Pourtant ils se ressemblent et partagent la solitude. Margô passe sa vie sur internet, échangeant avec des anonymes, plongée dans des relations virtuelles. Elle observe Juvenal à travers les caméras de surveillance, assistant à ses occupations, ses activités sexuelles solitaires, son isolement pathologique. Sans dialogue, l'un reflète le vide de l'autre.

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