Critique Inherent Vice

Inherent Vice
Polar à l'intrigue nébuleuse fleurant bon les 70's et la marijuana, Inherent Vice se voit comme un trip psychédélique de haut vol porté par un Joaquin Phoenix en pleine forme.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

En quelques films, Paul Thomas Anderson s'est imposé comme l'un des plus grands cinéastes américains de sa génération. Dire que ses films sont attendus au tournant serait un euphémisme. Après The Master, le voilà donc qui retrouve Joaquin Phoenix pour Inherent Vice, adaptation d'un roman de Thomas Pynchon. Soit l'histoire de Larry ''Doc'' Sportello, détective privé hippie dans le Los Angeles des 70's qui se retrouve embrigadé dans une histoire aussi complexe que délirante où les promoteurs immobiliers disparaissent, les ex petites amies refont surface, les saxophonistes morts ne le sont pas vraiment, les dentistes sont des pervers et les entreprises criminelles ont le même nom qu'un bateau. Un joyeux bordel dont on ne connaîtra d'ailleurs pas tous les tenants et les aboutissants.

Polar à l'intrigue nébuleuse fleurant bon les 70's et la marijuana, Inherent Vice se voit comme un trip psychédélique de haut vol porté par un Joaquin Phoenix en pleine forme.

A l'image du Grand Sommeil, Inherent Vice est un film qui ne dévoile pas toutes ses clés et dont l'intrigue devient de plus en plus nébuleuse au fur et à mesure qu'elle avance. Si l'on a impression de quasiment tout comprendre devant le film, il faut attendre d'être sorti et de se poser des questions pour se rendre compte qu'en fait, nous sommes complètement paumés et comme Doc Sportello, fumeur de joints invétéré, tout nous paraît beaucoup plus confus qu'on ne le pensait. Qu'importe puisque l'enquête menée par Sportello n'est pas ce qui compte. Mais qu'est-ce qui compte vraiment dans Inherent Vice ? Sans aucun doute la représentation d'une époque phare où les hippies étaient mal vus (Charles Manson et sa bande venaient d'assassiner Sharon Tate) et où tout un pan de la population californienne vivait dans le brouillard des fumées de marijuana avant un réveil difficile. Voilà donc une enquête policière qui sert de prétexte à nous plonger au cœur des mœurs américains de l'époque où le sexe, la drogue et le rock'n'roll règnent en maître, côtoyant une paranoïa naissante et insistante.

Qu'importe l'intrigue policière, Inherent Vice est un film qui, justement, se vit comme un trip. Paul Thomas Anderson s'adapte à l'époque qu'il filme et nous livre une mise en scène superbe, particulièrement soignée et faite de longs plans qui laissent aux acteurs l'occasion de montrer leur talent. Et les talents ne manquent pas puisque l'on trouve Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio Del Toro, Reese Witherspoon et la charmante Katherine Waterston entourant Joaquin Phoenix, incontestablement l'atout clé du film. Dans ce rôle de détective au grand cœur aux rouflaquettes et à l'esprit embrumé par les joints, l'acteur fait, une fois de plus, des merveilles. Il est drôle, il est touchant et surtout, il est constamment juste et croyez-le ou non, jouer un type défoncé sans tomber dans le cliché, ce n'est pas facile. Phoenix s'éclate, trouvant un nouveau rôle à la hauteur de son talent devant la caméra de Paul Thomas Anderson qui semble très à l'aise sur tous les sujets et toutes les époques. Quelques réserves pourront être émises sur la durée du film qui souffre de quelques longueurs mais il est déjà assuré que Inherent Vice, comme tous les autres films de son auteur, s'appréciera encore plus en se revoyant tant il fourmille de détails aussi drôles que soignés. Assurément une nouvelle réussite pour Paul Thomas Anderson qui nous livre ici un film décontracté et joyeusement délirant.

Informations

Détails du Film Inherent Vice
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie - Policier
Version Cinéma Durée 149 '
Sortie 04/03/2015 Reprise -
Réalisateur Paul Thomas Anderson Compositeur
Casting Joaquin Phoenix - Josh Brolin - Owen Wilson - Jena Malone - Benicio Del Toro - Reese Witherspoon - Martin Short - Maya Rudolph - Katherine Waterson
Synopsis L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n'est pas si simple… C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.

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