Critique Double Trahison (No Good Deed)

Double Trahison
Double Trahison montre que Sam Miller n’a pas sauté sur l’occasion d’un passage en salles pour ouvrir en grand les vannes de la folie. Il n’en restera qu’un thriller sympathique à regarder emmitouflé dans une couette un dimanche après-midi.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Quatrième long métrage pour Sam Miller, réalisateur télévisuel habituellement cantonné à pas mal de séries, Double Trahison (non mais soyez franc, il est vraiment moche ce titre français non ?) met en scène une valeur montante (pour ne pas dire déjà sûre !) du cinéma en la personne d’Idris Elba. Le grand gaillard de 42 ans entre dans la peau d’un personnage atypique, Colin, qui est un dangereux manipulateur. Suite au refus de sa demande de liberté conditionnelle, il s’évade. Un soir d’orage, il va se réfugier chez une mère de famille, seule avec ses deux enfants. La nuit tourne petit à petit au cauchemar.

No Good Deed devient alors ce porte-parole des mères courages revenues à l’état sauvage afin de protéger coûte que coûte la vie de leurs enfants.

Curiosité au box-office US qui a attiré quelques curieux et ayant récolté 50 millions de dollars en salles, No Good Deed débarque directement dans nos bacs. Il va sans dire que l’attirance première du film provient de la présence d’Elba dans un rôle à contre-courant de ce qu’il nous a habitué jusqu’alors (Thor, Prometheus, Pacific Rim, Mandela). No Good Deed est un thriller aussi basique qu’efficace. Sam Miller va puiser dans les règles classiques du home-invasion et nous pond un petit film sans prétention qui saura faire passer un moment suffisamment agréable pour qu’on ne vienne pas à regretter notre investissement. On sent que le bonhomme vient de la télévision. Il découpe scrupuleusement ses séquences afin de faire monter une tension crescendo. Chaque fin de séquence pourrait correspondre à un twist final d’un épisode histoire de faire monter la sauce jusqu’à la semaine suivante. Malgré tout, et même si dans l’ensemble la méthode se révèle efficace, on terminera le film avec un sentiment d’inachevé. Sam Miller s’embourbe dans quelques longueurs superflues et ne nous donne jamais plus d’importance là où il en faudrait. Ceci étant, il soigne intelligemment son image. L’espace harmonieux de la belle et grande maison joue de parfaits contrastes avec le microcosme sombre et pesant qu’installe l’arrivée de Colin. En face de lui, il faut bien avouer que la belle et plantureuse Taraji P. Henson ne se laisse absolument pas démonter. No Good Deed devient alors ce porte-parole des mères courages revenues à l’état sauvage afin de protéger coûte que coûte la vie de leurs enfants.

Elba étonne une fois de plus. Il impose un charisme glacial à couper le souffle.

Chose étonnante par ailleurs, même s’il est violent psychologiquement, No Good Deed ne sera jamais sanglant. Et c’est ce qui pêche un peu, surtout quand on constate le degré inouï de folie dont est capable le personnage de Colin, on aurait souhaité qu’il aille encore plus loin avec certains personnages secondaires qui passent sous ses mains hallucinées. Une sobriété télévisuelle dont Sam Miller a probablement eu du mal à se détacher pour son passage sur grand écran. Le casting n’est pourtant pas à blâmer. Même si on n’a pas à faire à des acteurs de prestige en dehors d’Elba, on ne dénotera pas spécialement de fausses notes, mais on comprend pourquoi le film n’a pas bénéficié d’une sortie salles par chez nous : c’est très typé téléfilm. Un téléfilm d’excellente qualité, certes, mais pas suffisamment aboutit pour attirer une grande foule de spectateurs. Car même le nom d’Idris Elba ne parle pas encore à la masse populaire. D’ailleurs, Elba étonne une fois de plus. Il impose un charisme glacial à couper le souffle. On n’aimerait absolument pas se retrouver enfermé dans la même maison que son personnage. On le sent à la fois à l’aise avec l’exercice et étonnamment en retenue également. On ressent son potentiel machiavélique, on le sait qu’il pourrait être encore plus violent qu’il ne le montre. Ainsi, le manque d’audace de son auteur dans l’exécution de séquences abruptes viendra se répercuter tout autour du projet. C’est franchement dommage, car la fin, sous ses faux airs d’Halloween, offre un épilogue assez marquant pour qu’on y revienne un jour.

Double Trahison montre que Sam Miller n’a pas sauté sur l’occasion d’un passage en salles pour ouvrir en grand les vannes de la folie. Le film aurait pu devenir un nouveau grand thriller horrifique, il n’en restera qu’un thriller sympathique à regarder emmitouflé dans une couette un dimanche après-midi.

Informations

Détails du Film Double Trahison (No Good Deed)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller
Version Direct To Video Durée 84 '
Sortie 11/03/2015 Reprise -
Réalisateur Sam Miller Compositeur Paul Haslinger
Casting Taraji P. Henson - Leslie Bibb - Idris Elba - Henry Simmons - Mirage Moonschein
Synopsis Une ex-agent des stupéfiants, désormais mère au foyer, a la mauvaise idée de faire entrer chez elle un inconnu qui vient d’avoir un accident de voiture devant sa maison. Elle et ses deux jeunes enfants sont rapidement terrorisés par l’homme.

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