CRITIQUE : Discopath


Discopath

Critique du Film

Les années 70 à New York, la fièvre du Disco envahit les rues, tout le monde se prend pour John Travolta engoncé dans leur pantalon patte d’eph', la musique grouillant les rues sales de la Big Apple. Par un travail minutieux en dépit du manque de budget évident, Renaud Gauthier s’accroche à rendre crédible sa retranscription de l’époque dépeinte. Par une course poursuite digne d’un bon vieil épisode de Starsky & Hutch, nous prenons position dans un étrange film, de ceux aux rythmes tenus, mais au ton décousu.

Employé dans un fast-food de quartier, un jeune New-Yorkais sans histoire se métamorphose en meurtrier lorsqu’il est exposé aux sonorités particulières d’une toute nouvelle musique : le disco. Incapable de contenir ses pulsions meurtrières, Duane Lewis devient malgré lui un dangereux serial-killer en exil à Montréal. Pour sûr que Discopath, dans l’antre des salles de cinéma de quartiers au début des années 80, serait devenu une pellicule culte, s’arrachant par millier en VHS. Discopath est un long-métrage sans grand moyen, mais animé par une passion transpirant de chaque plan. Renaud Gauthier montre fièrement ses références, les kilomètres de pellicule mangés pour finalement nourrir Discopath. Du cinéma italien (tous les giallos) au slasher US pour adolescents pullulants à l’orée des 80's, Discopath se ressent de cette époque insouciante, libre et volage. Les filles ont des décolletés plongeants, des shorts très courts, n’hésitant pas à s’adonner à des plaisirs coquins soudains avant d’être écorchées vives par des 33 tours.

La petite force de Discopath sera ses scènes de meurtres, magnifiques et gores.

La petite force de Discopath sera ses scènes de meurtres. Magnifiques et gores, on ne pourra lui reprocher de recoller les morceaux du succès des œuvres italiennes que l’on redécouvre encore aujourd’hui. Une main coupée, un assassinat électrisant en dessous d’une piste de danse ou le fameux meurtre de deux étudiantes lesbiennes, côté sang, nous en avons pour notre argent.

Ce qui cloche et fait de Discopath un petit film en demi-teinte est l’approche du réalisateur envers son film. De cette retranscription minutieuse de l’époque à son attachement évident du genre, il confère au film un ton grindhouse improbable où des grosses gueules s’amusent à constamment surjouer, à en faire des tonnes ne croyant jamais au projet. La caractérisation des personnages tire tellement vers le potache que l’autre référence que donne Renaud Gauthier serait Max Pécas. L’exemple est fait de ce flic new-yorkais qui s’évertue à être ce black guy type Eddie Murphy ou le prêtre/directeur du pensionnat catholique de jeune fille où Duane va trucider ses dernières victimes.

Entre envie de slasher pur et comédie potache, on ne sait jamais trop où se situer dans ce film sans budget.

Discopath est un petit plaisir dont seuls les férus du genre pourront se délecter. Renaud Gauthier appelle ses références pour conjuguer tous ses espoirs vers les fans absolus qui comprendront pleinement ses espoirs de cinéma. En dépit de sa volonté et de sa passion évidente pour le style 80's de l’horreur, Discopath ne se perçoit dans sa globalité que comme un court-métrage pensé en long, parfois efficace, trop souvent affligeant pour convaincre pleinement à être une œuvre à part entière se tenant de bout en bout. À 20€ le DVD, ça fait cher la passion.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Informations

Détails du Film Discopath
Origine Canada Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur - Epouvante
Version Direct To Video Durée 81 '
Sortie 03/02/2015 Reprise -
Réalisateur Renaud Gauthier Compositeur Bruce Cameron
Casting Jérémie Earp-Lavergne - Mathieu Lepage - Katherine Cleland - Pierre Lenoir - François Aubineau
Synopsis Dans les années 1970, un jeune New-Yorkais sans histoire se métamorphose en meurtrier lorsqu’il est exposé aux sonorités particulières d’une toute nouvelle musique : le disco. Incapable de contenir ses pulsions meurtrières, Duane Lewis devient malgré lui un dangereux serial killer en exil à Montréal.

Par Mathieu Le Berre