Critique Wolves

Wolves
Wolves est un aboutissement de fan attitude que David Hayter nous expédie le plus honnêtement du monde. On passe un vrai bon moment tout en acceptant les défauts du projet.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Depuis l’avènement des sagas Underworld et Twilight, le loup-garou est devenu une figure du cinéma fantastique à la limite du sympathique. Réduit à (presque) une condition d’animal de compagnie, il y a bien longtemps que nous n’avions pas eu un film qui replace les créatures de la pleine lune au cœur d’une intrigue vraiment horrifique. Quelques essais ont essayé de sortir la tête de l’eau avec plus ou moins de succès. En témoignent l’irrévérencieux et jouissif Dog Soldiers de Neil Marshall, Cursed de Wes Craven (tellement nanardesque qu’il en devient sympathique), l’intéressante (mais perfectible) trilogie Ginger Snaps ou plus récemment le très sous-estimé Skin Walkers de James Isaac. Malgré tout, l’éternel amoureux du Loup-Garou de Londres et de Hurlements que nous sommes reste intimement persuadé que le lycanthrope est une figure qui devrait ravoir sa place au panthéon des succès horrifiques en salle (et s’il peut mettre la nique à tous les ersatz d’Annabelle qui nous violent impunément les rétines, ce n’est pas plus mal !). C’est ainsi qu’on voit débouler directement en vidéo Wolves, le premier long métrage du scénariste des deux premiers X-Men, Les Chroniques de Riddick ou encore Watchmen, David Hayter. Wolves c’est l’histoire de Cayden, contraint de s’enfuir après qu’il ait tué accidentellement ses parents un soir de pleine lune. Sur la route, il va essayer d’apprendre à contrôler sa malédiction, mais également trouver les raisons de ce mal qui l’habite. Il croise le chemin d’un fou qui va le mener jusque dans la ville de Lupine Ridge, ville dans laquelle il pourrait enfin trouver les réponses à toutes ses questions.

On est loin de se retrouver dans un summum du genre, mais la pertinence de la force de convictions de son réalisateur fait vraiment plaisir à voir.

David Hayter pue le passionné à 250 km. Wolves s’offre une virée délectable qui puise dans beaucoup de films ayant nourri le genre depuis la fin des 80’s. S’il commence comme un teen movie proche de Scream, Wolves se transforme rapidement en cousin appréciable d’Aux Frontières de l’Aube sauce Easy Rider du lycanthrope à la Skin Walkers, mais qui n’oublie pas d’aller saluer son papa Joe Dante de Hurlements. Bref, un film de fan qui souffre cruellement d’un manque de budget évident. Si les premières effusions de sang nous laissent pantois (les CGI sont infâmes), Hayter prend vite le contre-pied de sa volonté et préfèrera suggérer plutôt que de tout montrer. Malin et conscient de son budget risible par rapport aux autres productions pour lesquelles il a signé ses scenarii, Wolves sent le DTV pavé de bonnes intentions dont la bonne appréciation de son exécution ira de votre capacité à vouloir entrer ou non dans le délire (et, accessoirement, à aimer des loups tout droit sortis du Loup-Garou du Campus). On est loin de se retrouver dans un summum du genre, mais la pertinence de la force de convictions de son réalisateur fait vraiment plaisir à voir. On accepte très vite les codes qu’il décide de mettre en place dans la mythologie de ses loups-garous. Ici, la pleine lune n’est pas nécessaire à leur transformation. On parle de lycanthropes originels, des hommes-loups qui ont la capacité de se transformer à leur guise. Exit le côté folklorique des balles en argent et tout le tralala, un simple tir de chevrotine fera l’affaire. Hayter place du vraisemblable dans l’invraisemblable d’une telle histoire en essayant de régaler autant les fans des créatures de la première heure comme les tous nouveaux venus et amateurs de sensations fortes. La modernisation des codes place Wolves dans une belle position d’achat à effectuer sans rechigner.

On passe un vrai bon moment tout en acceptant les défauts du projet.

Côté casting, le nom de Jason Momoa est probablement celui qui amènera le plus de curieux. Le grand gaillard de 35 ans, qui s’est fait remarquer du grand public en interprétant le rôle de Khal dans Game of Thrones (non, non, on ne citera pas le remake de Conan !!), impose une aura incommensurable dans le rôle du méchant de service. Ses yeux assassins transpercent l’écran et éveilleront probablement quelques frissons chez les plus réceptifs d’entre vous. En face de lui, Lucas Till, malgré une filmographie déjà bien remplie pour son jeune âge (Walk the Line, Dance of the Dead, X-Men le Commencement, Days of Future Past, Stoker), met beaucoup trop de convictions pour rendre son héros attachant. À force de vouloir tellement bien faire, il noie ses bonnes intentions et lorgne de près le surjoué plus d’une fois. Il ne doit pas réaliser que le budget de Wolves est vraiment inférieur comparé aux autres productions qu’il a côtoyées et où le surjeu est souvent un bon moyen pour faire digérer la soupe fructueuse de débauches d’effets spéciaux. Son personnage cherche vraiment trop l’empathie pour qu’on daigne la lui accorder. Fort heureusement, la présence du grand Stephen McHattie régule le trop-plein de bonnes intentions de son cadet. En dehors du signalement de jeu abusif de Lucas Till, il faut bien avouer que le casting s’éclate à sortir les crocs. Wolves se permettra même de revisiter la fameuse scène d’accouplement de Hurlements donnant tout son sens à l’expression « s’envoyer en l’air comme une bête »…le charme inéluctable de Merritt Patterson y étant pour beaucoup ! On regrettera cependant une fin quelque peu abusive s’offrant un grand nombre de twists pas spécialement utiles afin de jouer une sorte de carte héroïque forcée. Ceci étant, on terminera Wolves avec une satisfaction certaine : c’était bon !

Wolves est un aboutissement de fan attitude que David Hayter nous expédie le plus honnêtement du monde. On passe un vrai bon moment tout en acceptant les défauts du projet. Le film aurait gagné en force visuel s’il n’avait pas été contraint de ne se contenter que de 18 millions de dollars de budget.

Informations

Détails du Film Wolves
Origine Canada Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Action - Horreur - Epouvante
Version Direct To Video Durée 91 '
Sortie 04/03/2015 Reprise -
Réalisateur David Hayter Compositeur Alex Khaskin - Ilya Kaplan
Casting Jason Momoa - Stephen McHattie - Lucas Till - Merritt Patterson - Adam Butcher
Synopsis Contraint de prendre la route après le meurtre de ses parents, Cayden erre, perdue, sans but ... Jusqu'à ce qu'il rencontre un fou nommé Wild Joe, qui le met sur la route de la sinistre ville de Lupine Ridge, où il traquera les vérités de son histoire. Mais le chasseur ne finira-t-il pas par être le chassé ?

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