Critique L'Abri

L'Abri
L’Abri est, après Au Bord du Monde, une œuvre d’utilité publique, un documentaire à voir et comprendre, simplement pour connaître le monde qui nous entoure, mais surtout ces âmes qui le peuplent.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Mathieu Le Berre

Critique du Documentaire

Paris, Milan, Londres ou Lausanne, toutes les grandes villes d’Europe, outre leurs standings, possèdent en leurs seins des âmes errantes, perdues dans la brume d’un monde n’acceptant plus les immigrés. La Terre promise n’est plus qu’un doux souvenir lointain, l’Europe n’est plus que l’ombre d’elle-même, cette terre qui panse ses maux avant celle des autres. Alors les villes s’accommodent d’accueillir tant bien que mal ses arrivants, comme dans le nouveau long-métrage de Fernand Melgar, L’Abri, qui se penche sur un hébergement d’urgence basé à Lausanne. À la porte de ce souterrain méconnu se déroule chaque soir le même rituel d’entrée qui donne lieu à des bousculades parfois violentes. Le personnel a la lourde tâche de « trier les pauvres » : femmes et enfants d’abord, les hommes ensuite – de tous horizons, et de plus en plus d’Europe… Alors que la capacité totale de l’abri est de 100 places, seuls 50 « élus » seront admis à l’intérieur et auront droit à un repas chaud et à un lit. Les autres savent que la nuit va être longue.

Fernand Melgar fait la grille avec ces âmes égarées, ces hommes et femmes en vadrouille d’un travail ou en fuite d’un pays en turbulence. Devant cette grille, les Roumains se mélangent à des Africains, mais aussi à des Espagnols. Notamment ce couple ayant tout perdu dans la chute du pays. Des dettes, plus aucun travail de disponible en Espagne, la crise de l’Europe a mis en marche des Européens, beaucoup d’Espagnols vers la Suisse. Mais la Suisse ne propose rien, pire le pays les rejette tous, sans discriminations de nationalités. Africain, roumain ou espagnol, tout le monde est dans le même bateau. Heureusement qu’il y a L’Abri.

L'Abri de Fernand Melgar est un nouveau témoignage filmique sur le désenchantement du monde moderne, une oeuvre d'utilité publique à découvrir et à partager.

Car L’Abri sera pour certains cet endroit chaleureux de réconfort. Ces nuits à L’Abri sont ce moment de répit d’une journée très longue, entre coups de téléphone aux organismes sociaux dans la quête de papiers qui ne viendront jamais et de recherche d’emplois pour d’autres dans les journaux mis à disposition à la bibliothèque municipale.

Prenant position devant le bunker servant de refuge chaque nuit à des dizaines de personnes, de voir la passion animée les responsables de celui-ci à prendre soin chaque hiver de ces âmes perdues, Fernand Melgar a la pertinence de s’intéresser à certains, de les suivre dans leurs journées. Ainsi, on suivra le désenchantement d’Amadou Sow, de la chute de ce couple d’Espagnols ou de cette famille roumaine vivant dans une voiture.

L’année dernière était sorti Au Bord du Monde sur les SDF de Paris, cette population de nuit errant dans les veines de la ville des lumières ou les artères de ses bouches d’égout. Aujourd’hui, nous partons à Lausanne, mêmes situations d’une population immigrée dans la ville ayant créé des sans-abri. L’Abri montre discrètement cette volonté d’un pays à repousser ces êtres humains en perdition vers l’ailleurs, les obligeant à rentrer chez eux, ou clairement d’aller faire le pauvre dans un autre pays. Comme dit ci-dessus, en dépit des aides sociales à les accueillir, les papiers ou les autorisations n’arrivent jamais, obligeant à ces personnes de trouver le bonheur ailleurs. L’Abri est, après Au Bord du Monde, une œuvre d’utilité publique, un documentaire à voir et comprendre, simplement pour connaître le monde qui nous entoure, mais surtout ces âmes qui le peuplent.

Informations

Détails du Documentaire L'Abri
Origine Suisse Signalétique Tous Publics
Catégorie Documentaire Genre Drame
Version Cinéma Durée 101 '
Sortie 04/03/2015 Reprise -
Réalisateur Fernand Melgar Compositeur
Casting
Synopsis Un hiver au coeur d’un hébergement d’urgence pour sans-abris à Lausanne. À la porte de ce souterrain méconnu se déroule chaque soir le même rituel d’entrée qui donne lieu à des bousculades parfois violentes. Le personnel a la lourde tâche de « trier les pauvres » : femmes et enfants d’abord, hommes ensuite –de tous horizons, et de plus en plus d’Europe… Alors que la capacité totale de l’abri est de 100 places, seuls 50 « élus » seront admis à l’intérieur et auront droit à un repas chaud et à un lit. Les autres savent que la nuit va être longue.

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