Critique Disparue en Hiver (Disparue En hiver)

Disparue en Hiver
Le long-métrage de Christophe Lamotte est un pur film noir, glacial, épris d’une brume épaisse tant à l’image que dans son fond.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Tout commence par une banalité, une volonté de présenter son personnage principal dans son quotidien, dans ce qu’il est devenu. Un pare-brise qui éclate, la tension qui monte crescendo, carton du titre, Christophe Lamotte ne lâchera plus le spectateur de cette tension terrifiante, d’un suspense laissant planer un inconfort, une inconnue. Disparue en Hiver nous installe en plein brouillard. Nous ne savons point où nous sommes, juste en France, quelque part. Ce n’est pas le plus important pour le réalisateur ni plus que la disparue du titre. Ce qui compte pour ce réalisateur venant de la télévision, dont c’est le troisième long-métrage pour le cinéma, c’est Daniel. Daniel est un ex-flic brisé par la mort de sa petite fille. Séparé de sa femme qui reconstruit sa vie comme elle peut (intrigante et belle Géraldine Pailhas), Daniel navigue entre des personnes tout aussi à la limite, sans le sou pour garantir leurs crédits dont Daniel vient réclamer le dû. Daniel s’est recyclé dans le recouvrement de dettes, il est alors amener à rencontrer moult personnes, tous plus au moins fragile. Un jour au restaurant, il fait la rencontre de Laura, une fille de 18 ans qui lui demande de la raccompagner. Il accepte. En chemin, elle lui propose « ses services » contre de l’argent. Furieux, Daniel l’éjecte de sa voiture. Le remord et la violence de sa réaction le poussent à faire demi-tour et à revenir sur ses pas, mais Laura a disparue. Inquiet, épris de remords, son instinct de flic refait surface, Daniel lance l’enquête.

Disparue en Hiver est presque comme un ovni, un film, certes identifiable, mais devenu presque invisible en France. Le long-métrage de Christophe Lamotte est un pur film noir, glacial, épris d’une brume épaisse tant à l’image que dans son fond. Avec Daniel, nous partons à la recherche de cette intrigante Laura, jeune impertinente, sexuellement débridée, qui se sert de son corps pour s’identifier, savoir ce qu’elle est réellement. Dans le parcours de Laura, c’est Daniel qui se cherche, se reconstruit en tant qu’homme. Laura pourrait être sa fille, décédée tragiquement à l’âge de quinze ans. De cette enquête qui tire parfois en longueur, on tombera dans les penchants morbides de la province, de cette campagne française s’adonnant à des plaisirs à l’air libre, dans des coins de forêt, sur des photos SM. Disparue en Hiver situe son personnage principal dans le monde actuel, lui fait sortir la tête de l’eau, lui qui s’est noyé dans son malheur. Tel un roman noir dont les personnages de ce type pullulent, on s’éprendra de Stieg Larsson dont le traitement hivernal et ces contrées lointaines nous ramèneront vers ces Hommes qui n’aiment pas les Femmes. Daniel va se servir de la dérive d’une jeune fille de 18 ans pour se sortir de la sienne. Dans ce sens, Disparue en Hiver est un film en tout point intéressant.

Disparue en Hiver est un pur film noir, glacial, épris d’une brume épaisse tant à l’image que dans son fond. Seul son histoire au final conformiste aspirer par les habitudes télévisuelles de son réalisateur lui fera quelque peu défaut.

Mais en tant que thriller, histoire à volonté de suspense, nous resterons sur notre faim. Outrepassant la qualité intrigante des personnages, l’histoire sera celle d’un téléfilm d’une qualité certaine. Nous partons sur le parcours malsain de cette jeune fille paumée, dérapant de sa vie d’adolescente de manière dramatique. Ce n’est point dans sa résolution formelle et conformiste que nous irons chercher la moindre curiosité. Cette curiosité sera alors de voir Kad Merad sortir de ces pochades comiques, de ces personnages bovins dont nous savourons de le voir s’évaporer avec talent. À travers le personnage de Daniel, Kad Merad trouve anorak à sa taille, un personnage au vécu lourd, la dépression évidente, la tristesse palpable. Son registre dramatique est d’une telle largeur, d’une telle teneur émotionnelle que l’acteur se redécouvre comme une première fois. Kad Merad éclate une nouvelle palette déjà quelque peu esquissée par bribes dans 3 Amis, L’Italien ou Le Grand Méchant Loup.

Disparue en Hiver est un thriller initiatique, dont le seul intérêt sera ses personnages aux passés lourds. Les trajectoires se conjugueront dans ce même but de rédemption. Mais cette trajectoire passera par une enquête longue aux abords malsains, mais tombant dans un conformisme télévisuel plombant.

Informations

Détails du Film Disparue en Hiver (Disparue En hiver)
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Drame
Version Cinéma Durée 100 '
Sortie 21/01/2015 Reprise -
Réalisateur Christophe Lamotte Compositeur André Dziezuk
Casting Kad Merad - Géraldine Pailhas - Pierre Perrier - Lola Creton
Synopsis Daniel est un ex-policier reconverti dans le recouvrement de dettes. La cinquantaine solide, il effectue son "sale boulot" sans émotion, ni affect… Un jour d’hiver, sur le parking d’un routier, il se fait aborder par Laura, une fille de 18 ans qui lui demande de la raccompagner. Il accepte. En chemin, elle lui propose "ses services" contre de l’argent. Furieux, Daniel l’éjecte de sa voiture. Le remords et la violence de sa réaction le poussent à faire demi-tour et à revenir sur ses pas, mais Laura a disparu…

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