Critique Dolls : Les Poupées (Dolls)

Dolls : Les Poupées
Dolls de Stuart Gordon est un souvenir gâché. Un film victime des ravages du temps qui a clairement perdu de ses forces artistiques, si tant est qu’il en ait véritablement eu un jour.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Stuart Gordon est un nom adoubé par tous les aficionados de séries B. Très remarqué en 1985 avec son premier long métrage, Re-Animator, il a malheureusement construit l’apothéose de sa carrière dès ses trois premiers films. En 1986, il effectue un second essai fortement estimé du nom de From Beyond. L’année suivante il récidivait avec notre film du jour, Dolls. Sous la houlette d’une production signée Charles Band (le maître des séries z fauchées) et Brian Yuzna, Dolls conte l’histoire de six automobilistes recueillis par un vieux couple dans une maison isolée un soir d’orage. L’homme de la maison est un fabricant de poupées. Durant la nuit, ces dernières vont prendre vie et faire passer aux habitants la plus horrible des nuits.

Regarder Dolls avec nos yeux d’enfants nous est clairement devenu impossible.

Dolls est un souvenir d’enfance très fortement ancré dans notre mémoire. L’annonce de sa restauration en blu-ray fut une aubaine pour le fan assidu que nous sommes. Le souvenir de notre vieille VHS grésillante était mort et enterré. Dès l’ouverture du film, on ne peut nier la forte influence de Charles Band (Ghoulies, Puppet Master, Blood Dolls) sur le métrage de Gordon. La musique et les personnages qui y sont dépeints représentent fortement tant le réalisateur que le producteur. Grand amateur de mauvais goût à l’ancienne, Dolls ne coupera pas à ses désirs. Stuart Gordon devient, en réalité, le pantin de Band dans l’assouvissement de ses désirs. Dolls se remarque surtout dans son époque précurseur à une très grande figure du cinéma de genre. Sans pour autant affirmer qu’il est à l’origine de la création de Chucky l’année suivante, Dolls est le reflet d’une époque propre au cinéma horrifique. La fin des années 80 marque un tournant pour le genre. Il essaye de se renouveler, cherche de nouveaux codes. Il s’effacera progressivement, laissant place à une horreur plus vraisemblable, plus réelle, ce qu’est devenu le thriller en somme. Il faudra attendre le succès de Scream afin de relancer un nouveau souffle (voir notre dossier sur le sujet). Dolls est donc le vestige d’une époque florissante. Malheureusement, et c’est là où nous avons du mal à taper ces lignes, le souvenir agréable qu’il nous avait laissé sera souillé dès lors qu’il faudra y revenir de nos jours. Regarder Dolls avec nos yeux d’enfants nous est clairement devenu impossible. Impossible de ne pas remarquer la musique assourdissante propre aux productions de Charles Band. Impossible de passer à côté du jeu aléatoire des acteurs. Impossible de fermer les yeux sur les innombrables fautes techniques tant sur les cadrages que sur le montage. Impossible de tenter d’estimer l’objet comme une relique bis nanardesque puisque nous la connaissions déjà auparavant. Le charme est brisé.

Un film victime des ravages du temps qui a clairement perdu de ses forces artistiques, si tant est qu’il en ait véritablement eu un jour.

Ceci étant, il faut tout de même avouer que les animations des poupées demeurent efficaces. Les exécutions, même si elles sont mineures sur la globalité du métrage, sont orchestrées avec un savoir-faire indéniable. On y retrouve d’ailleurs cette volonté de Stuart Gordon à reprendre le contrôle de son film lors des séquences sanglantes. Il faut dire qu’à la production, Brian Yuzna devait réguler les envies bis de monsieur Band. C’est de ce constat d’un film tiraillé entre l’envie du duo Yuzna / Gordon de proposer un vrai film d’épouvante et le délire enfantin nanardesque de Band que notre peine est immense aujourd’hui : Dolls n’est plus le film qui nous a tyrannisés pendant des nuits. Il faut aussi avouer qu’entre temps un certain James Wan a formidablement dépoussiéré les lubies "poupées horrifiques et / ou possédées". On ne trouve franchement pas les mots pour exprimer notre confusion. D’autant plus que nous étions vraiment enjoués à l’idée de se retrouver devant un savoureux souvenir proustien. Le Tonyo de tous les jours ne se serait pas privé pour clamer haut et fort que c’est mal joué, mal écrit et mal monté, mais Tonyo a un cœur et il ne veut pas faire plus de mal à l’enfant qui l’habite qu’après cette séance de Dolls.

On va arrêter de parler de nous à la troisième personne. Concrètement, Dolls est un souvenir gâché. Un film victime des ravages du temps qui a clairement perdu de ses forces artistiques, si tant est qu’il en ait véritablement eu un jour. Le film de Stuart Gordon pourra être une curiosité bis pour les amateurs ne l’ayant jamais vu. Ceci étant, on comprend mieux pourquoi sa carrière fut mineure après ce film : Charles Band a tué Stuart Gordon ! Fort heureusement, il nous reste Re-Animator

Informations

Détails du Film Dolls : Les Poupées (Dolls)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante - Fantastique
Version Cinéma Durée 77 '
Sortie 29/04/1987 Reprise -
Réalisateur Stuart Gordon Compositeur Fuzzbee Morse
Casting Ian Patrick Williams - Carolyn Purdy-Gordon - Carrie Lorraine - Guy Rolfe - Hilary Mason
Synopsis Sur la route des vacances, David Bower, sa future épouse Rosemary et sa fille Judy sont surpris par un violent orage, qui les contraint à s'arrêter sur le bord de la route. Ils trouvent refuge dans une maison aux murs décrépits où vit un couple de vieillards, collectionneurs de poupées. Pendant la nuit, les hôtes dévoilent leur vraie nature et entreprennent de châtier ceux de leurs invités qui ont perdu leur âme d'enfant.

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