Critique Open Windows

Open Windows
Open Windows prouve l’extrême confusion de Nacho Vigalondo à essayer de nous proposer un produit surprenant à tout prix. S’il arrive à nous charmer amplement dans sa première partie, les twists incessants et improbables de la seconde laisseront...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Nacho Vigalondo est un nom qui ne parle pas pour le commun des mortels. Pourtant, lorsque l’on se penche sur la filmographie du bonhomme, les fans de cinéma bis remarqueront qu’ils ont déjà eu l’occasion de côtoyer le boulot du monsieur. Certains films comme Timecrimes ou Extraterrestre auront vite fait de raviver des (bons ?) souvenirs cinéphiliques. Sans compter sa participation aux projets The ABCs of Death et V/H/S Viral, autant dire que son dernier film suscitait une vive curiosité de notre part. Open Windows envoie donc Nick, campé par Elijah Wood, gérant d’un blog entièrement consacré à la star la plus sexy de la planète, Jill Goddard, qui attend impatiemment le dîner avec elle qu’il a remporté suite à un concours. Lors de la soirée, Nick reçoit un appel d’un mystérieux inconnu qui lui annonce que le dîner avec sa star est annulé. Il lui propose alors d’espionner Jill via son ordinateur. Nick se retrouve vite dans une situation qui dépasse tout entendement.

On est absolument bluffé par la forme que propose Open Windows.

Open Windows propose un essai technique véritablement intéressant et une alternative intelligente au found-footage. En effet, Nacho Vigalondo décide de construire son récit uniquement d’un point de vue d’un écran d’ordinateur. Il joue ainsi sur la navigation que les protagonistes du film seront amenés à avoir entre diverses fenêtres. La mobilité des personnages par l’intermédiaire des caméras intégrées dans divers matériels technologiques offre une ambiance spatiale qui va au-delà du simple contexte de huis clos instauré par l’écran d’ordinateur. Vigalondo gère son espace d’une manière vertigineuse. On est absolument bluffé par la forme que propose Open Windows. D’autant plus que le film introduit des personnages forts et nous permet de rentrer dans le vif du sujet sans crier garde. Elijah Wood prend un rôle proche et, en même temps, à contre-courant de celui qu’il nous avait donné dans le remake de Maniac : on est immergé au plus proche de lui, mais sans jamais s’immiscer dans le fond de son âme. Mais la véritable révélation du film, à son échelle bien sûr, reste la sublime Sasha Grey. L’ex-pornstar démontre un vrai talent de comédienne. Malheureusement, la réalité du business cinématographique reprendra vite le dessus sur les intentions de la belle : on ne coupera pas à l’inévitable séquence dénudée. C’est franchement alarmant de rabaisser ces actrices qui tentent de casser leur ancienne image à un simple objet de désir. On pourrait sûrement rapprocher la dernière réplique du film avec son envie d’émancipation de l’univers pornographique, mais ce serait chercher du sens là où Vigalondo décidera de ne plus rien nous donner. D’ailleurs, la séquence de soumission où la demoiselle sera forcée de dévoiler ses atouts physiques amorcera le très mauvais tournant du film.

Open Windows se transforme en arroseur qui arrose l’arroseur qui envisage d’arroser l’arroseur arrosé…un joyeux bordel sans queue ni tête en somme.

En effet, en dépit des jolies qualités susmentionnées, Open Windows s’avèrera extrêmement inégal à partir de la moitié du métrage. Nacho Vigalondo noie indubitablement son contexte noir dans un flot inconstant de twists qui seront toujours plus rocambolesques les uns que les autres. Et c’est ainsi que le bât blesse terriblement : Open Windows ne se donne clairement pas les moyens de ses ambitions. Nacho Vigalondo essaie de faire évoluer son projet vers un niveau typé science-fiction. Seulement, entre sa critique soutenue sur l’assistanat des hommes envers la technologie, le côté thriller de l’action ou encore l’aspect voyeuriste du scénario, Nacho Vigalondo s’emmêle maladroitement les pinceaux pour ne plus jamais rien en tirer dans sa finalité. Open Windows se transforme en arroseur qui arrose l’arroseur qui envisage d’arroser l’arroseur arrosé…un joyeux bordel sans queue ni tête en somme. C’est vraiment dommage, car, on se répète, Open Windows apportait de très jolies bases, les acteurs ont un charme fou, l’enquête se plaçait très efficacement dans un univers intelligemment bien géré. Il semblerait que son réalisateur ait réfuté la carte du simple et efficace. Grossière erreur lorsque l’on constate la bouillie infecte qui nous sera finalement servie.

Open Windows prouve l’extrême confusion de Nacho Vigalondo à essayer de nous proposer un produit surprenant à tout prix. S’il arrive à nous charmer amplement dans sa première partie, les twists incessants et improbables de la seconde laisseront un goût amer en fin de visionnage. Un beau produit qui se meurt progressivement jusque dans son générique, c’est vraiment dommage un tel gâchis !

Informations

Détails du Film Open Windows
Origine Etats Unis - Espagne Signalétique Accord Parental
Catégorie Film Genre Thriller
Version Direct To Video Durée 96 '
Sortie 07/01/2015 Reprise -
Réalisateur Nacho Vigalondo Compositeur Jorge Magaz
Casting Elijah Wood - Carlos Areces - Sasha Grey - Neil Maskell - Michelle Jenner
Synopsis Nick est un homme comblé : ce soir, il dîne avec Jill Goddard, la plus sexy des actrices, grâce à un concours en ligne. Mais au dernier moment, la star annule…. Dans la soirée, un homme mystérieux contacte Nick et lui propose d’espionner son idole via son ordinateur. En acceptant, Nick se retrouve pris dans un terrible engrenage.

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