Critique La Dernière Maison Sur La Plage (La Settima Donna)

La Dernière Maison Sur La Plage
La Dernière Maison Sur La Plage est un rape and revenge tout ce qu’il y a de plus classique autant dans sa forme que dans son fond. Francesco Prosperi ne livre certainement pas son meilleur film ni le meilleur de la mouvance du genre.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Après la sortie du film-choc de Wes Craven, La Dernière Maison Sur La Gauche, en 1972, l’Italie s’est approprié les codes de ce dernier pour nous pondre toute une tripotée de films lourdement inspirés par celui-ci. On en compte par dizaines entre 1975 et 1980, période propice du genre rape and revenge, dont certains sont encore inédits chez nous. Dans le haut du tableau, on retiendra surtout La Bête Tue de Sang Froid d’Aldo Lado et La Maison Au Fond Du Parc de Deodato. D’abord scénariste et assistant-réalisateur, ayant travaillé avec de grands noms comme Mario Bava, Francesco Propseri est un réalisateur qui n’a pas à rougir de sa filmographie assez étoffée. En 1978, alors que le cinéma d’exploitation italien est en pleine expansion du giallo et du rape and revenge, il s’octroie son instant Last House on the Left avec La Settima Donna (retitré énormément de fois selon les distributeurs, mais surtout connu pour les titres suivants : Terreur, Last House on the Beach et bien sûr La Dernière Maison Sur La Plage). Trois truands tombent en panne d’essence après un braquage qui a mal tourné. Ils prennent d’assaut une maison isolée où vivent des étudiantes venues répéter leur spectacle de fin d’année sous les ordres d’une bonne sœur. Le séjour tourne vite au carnage.

La Settima Donna s’ouvre magistralement.

La Settima Donna s’ouvre magistralement. Le braquage est filmé aux pieds des truands comme pour souligner le fait que le mal n’a pas d’identité. Le choix des cadrages est pertinent, le montage est rythmé et la musique est relativement entraînante. On sent que Prosperi est un réalisateur qui a appris le métier avec les plus grands. D’ailleurs, on ne pourra absolument jamais lui reprocher de ne pas savoir mettre en scène. L’ensemble du film jouit d’un cadrage minutieux. Malheureusement, le rape and revenge et le home invasion (deux sous-genres de l’horreur exploités ici) sont régis par des codes beaucoup trop fermés. Dans le film de Wes Craven en 1972 on en voyait déjà les limites (le film s’inspirant lui-même d’un chef d’œuvre de Bergman, La Source pour ne pas le citer). Bien sûr, on retiendra le film de Lado pour les prouesses diaboliques de la sublime Macha Méril et son atmosphère très travaillée ainsi que le film de Deodato pour ses convictions violentes jusqu’au-boutistes. Sorti la même année que le très estimé I Spit on Your Grave de Meir Zarchi, La Settima Donna sera cet ersatz d’inspiration de l’inspiration comme on en a vu des milliers. Non pas que le film soit foncièrement mauvais, juste que son histoire est banale et terriblement déjà-vu, même pour les amateurs du genre que nous sommes.

Pour les néophytes du genre et amateurs de sensations fortes, La Settima Donna peut être un bon moyen de se tester.

Beaucoup de personnes soulignent et soutiennent La Settima Donna pour ses effets graphiques. Certes, le film va relativement loin dans ses effets-chocs nous gratifiant pas loin de trois viols où (presque) tout est suggéré. Ce qui ne marche pas là où la suggestion devrait être puissante puisqu’elle génère des images autant, si ce n’est plus fortes que si elles nous étaient montrées directement, c’est lorsque l’on constate comment Prosperi décide de monter ces séquences. Le réalisateur abuse de ralentis nauséabonds et la musique devient stridente puisqu’elle emboîte le pas sur les cris : pas une seconde on en sortira choqué. Peut-être en avons-nous eu notre dose pour le genre ? Quoi qu’il en soit, pas une seconde le film ne réussira à nous déranger autant que les œuvres de Craven et de Lado peuvent nous dérouter. La Settima Donna souffre surtout d’un manque de rythme et d’une bonne répartition des actes. Qui dit rape, dit revenge. Il sera navrant de constater que la séquestration et le viol englobent quasiment l’ensemble de la pellicule et ne nous donne aucune satisfaction sur l’aspect revenge expédié en moins de dix minutes. Reste néanmoins que, pour les néophytes du genre et amateurs de sensations fortes, La Settima Donna peut être un bon moyen de se tester. Si vous arrivez à supporter les quelques séquences hard (parce qu’il y en a, on ne va pas se mentir non plus), alors vous pourrez tenter le palier supérieur où trônent fièrement les films de Craven, Lado et Deodato. C’est en tout cas ce que semblent vouloir nous indiquer les collègues de chez Artus qui nous proposent La Settima Donna pour la première fois en DVD chez nous.

La Dernière Maison Sur La Plage est un rape and revenge tout ce qu’il y a de plus classique autant dans sa forme (malgré une partie revenge très, très édulcorée) que dans son fond (féminisme avant tout). Francesco Prosperi ne livre certainement pas son meilleur film ni le meilleur de la mouvance du genre, mais l’ensemble est suffisamment intéressant pour charmer les amateurs.

Informations

Détails du Film La Dernière Maison Sur La Plage (La Settima Donna)
Origine Italie Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Horreur
Version Direct To Video Durée 86 '
Sortie 03/02/2015 Reprise -
Réalisateur Franco Prosperi Compositeur Roberto Pregadio
Casting Florinda Bolkan - Ray Lovelock - Flavio Andreini - Sherry Buchanan - Stefano Cedrati
Synopsis Après le braquage d’une banque, trois malfrats tombent en panne de voiture. Contraints de se réfugier dans une villa en bord de mer, ils vont se trouver face à un groupe de jeunes filles répétant là une pièce de théâtre. En planque le temps de trouver une solution, les trois brutes vont faire subir les pires atrocités à leurs otages. Lesquels, le moment venu, sauront se venger à la hauteur de leur violence.

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