Critique The Lords of Salem

The Lords of Salem
The Lords of Salem, le dernier bébé de Rob Zombie confirme l'infinie de sa folie créatrice. Loin des films mainstream grand public de ses débuts, il enfonce ici le clou d'une personnalité multi-facette.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Rob Zombie est un passionné. Quiconque a déjà prit le temps de s’attarder sur l’un de ses films a forcément noté les belles références qui viennent faire jouir nos pupilles. A l’instar d’un Tarantino, Rob aime le cinéma fantastique. S’il a su s’attirer les bonnes grâces des fans de sa musique assez facilement, il a réussi à toucher un public plus large notamment en revisitant le film culte de John Carpenter, Halloween. Lorsqu’il a récidivé avec Halloween 2, il nous a livré une oeuvre extrêmement personnelle. C’était un ticket d’entrée dans la folie créatrice de Rob et autant dire que beaucoup de personnes n’ont pas vraiment apprécié l’exercice. Preuve en fut puisque nous n’avons pu apprécier ce chef d’œuvre qu’en direct to DVD. The Lords of Salem, avec sa bande-annonce bien léchée, annonçait une continuité artistique du même ordre que le film précédent. Nous étions vraiment impatients de pouvoir enfin mettre la main sur ce film. Nous nous attendions forcément à un ovni qui ne parlerait pas à tous puisqu’une nouvelle fois, nous n’avons pu le découvrir qu’en direct to DVD.

Le dernier rejeton de Rob Zombie pourrait être issu d’une partouse entre Suspiria, Shining et Rosemary’s Baby. Papa Rob nous ouvre une nouvelle fois les portes d’un univers dont lui seul a le secret.Exit le Zombie « mainstream » à la sauce Devil’s Rejects et dites bonjour aux méandres obscurs de l’imagination glauque de Rob sauce Halloween 2 nouveau cru. Nous pouvons concevoir que le film puisse laisser perplexe et divise les fidèles du réalisateur. En effet, c’est un film à l’ambiance lourde, pesante et oppressante…et la réalisation est loin d’être celle qu’on lui connaît. Rob Zombie place sa caméra au service de son scénario, les plans sont extrêmement bien travaillés et originaux. Nous avons vraiment l’impression d’assister au Shining des temps modernes.

Nous avons vraiment l’impression d’assister au Shining des temps modernes.

Là où Kubrick filmait à ras du sol pour insister sur l’effet d’enfermement dans un espace relativement grand, ici Zombie insiste sur la grandeur de la force qui se concentre sur son personnage central dans un lieu restreint en filman au ras du plafond. C’est une réalisation intelligente qui dépeint avec brio l’univers ennuyeux et désespérément vide dans lequel évolue Heidi.

Parlons-en d’ailleurs de Sheri Moon Zombie. Elle joue un personnage totalement à l’opposé de la garce excentrique qu’elle a l’habitude d’interpréter dans les métrages de son mari. Non pas que nous doutions de sa capacité à jouer avec un peu plus de retenue, elle nous avait offert une jolie prestation dans le rôle de la maman de Michael dans Halloween. Seulement, ici, on sent qu’elle a été poussée jusque dans ses derniers retranchements. Le reste du casting campe aussi de vrais bons personnages et les plus attentifs d’entre vous s’amuseront à reconnaître la trop oubliée Dee Wallace. Si, si, la même Dee Wallace de La Colline à des Yeux, Hurlements, Cujo, Critters, E.T… Le talent de réalisateur de Rob n’est plus à prouver. Nous vous disions plus haut qu’il plaçait ouvertement sa caméra au service de son scénario, il y met aussi ses talents de musicien. Le travail sonore est absolument prodigieux, à se tordre de douleur dans son canapé tellement c’est strident.

Le travail sonore est absolument prodigieux, à se tordre de douleur dans son canapé tellement c’est strident.

Protégez vos ongles si vous êtes du genre à les rogner où vous aurez englouti la totalité de vos doigts en fin de visionnage. Si vous connaissez un petit peu les arrangements musicaux et le parti pris du monsieur sur ses propres disques, vous n’aurez aucun mal à vous faire une idée du dérangement que le film provoque si je vous dis qu’il fait l’apologie du satanisme.

Nous ne pourrions pas dire si nous avons complètement adoré ce film mais il nous intrigue fortement. Il y a encore pas mal de questions qui restent en suspend comme : pourquoi tant de fascination pour Le Voyage sur la Lune de Méliès ? Pourquoi autant de symboles mystiques, outre l’envie de faire naître l’anti-christ, s’enferment dans le troisième acte du film ? The Lords of Salem nécessite une deuxième voire une troisième lecture pour percer tous ses mystères, si tant est qu’il veuille bien nous les dévoiler. Quoiqu’il en soit, c’est du Rob Zombie comme nous l’attendions. Ceux qui se prétendent réellement fan de son univers, qu’il soit musical ou cinématographique, et qui ne comprennent pas ses choix artistiques depuis ses deux derniers films ont du soucis à se faire : la folie n’a pas de limite.

Informations

Détails du Film The Lords of Salem
Origine Etats Unis - Angleterre - Canada Signalétique Accord Parental
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur - Epouvante
Version Direct To Video Durée 96 '
Sortie 09/10/2013 Reprise -
Réalisateur Rob Zombie Compositeur John 5 and Griffin Boice
Casting Sheri Moon Zombie - Dee Wallace - Bruce Davison - Jeffrey Daniel Phillips
Synopsis Alors qu'elle passe un vinyle à l'antenne de la radio pour laquelle elle travaille, Heidi réveille un groupe de sorcières tuées au XVIIème siècle à Salem et ayant juré de revenir se venger...

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