CRITIQUE : Dumb & Dumber De (Dumb & Dumber To)


Dumb & Dumber De

Critique du Film

Il y a 20 ans, les frères Farrelly rentraient dans la cour des grands en nous livrant l’une des comédies les plus absurdes des années 90 : Dumb & Dumber. Film portant excellemment bien son titre, il n’avait pas d’autre vocation que de conter l’errance de deux êtres complètement abrutis. Succès public en rafale, notamment lors de son exploitation en vidéo, et, au-delà de la découverte des deux frangins réalisateurs, un début de consécration pour l’immense acteur en devenir que sera Jim Carrey. On passera les détails sur la tentative de préquelle en 2003, Dumb & Dumberer, probablement l’un des plus gros navets jamais réalisés. Fort d’une réputation bien estimée, les frères Farrelly ont, peu à peu, disparu des noms les plus prisés de toutes les conversations cinéphiliques après 2001. Continuant leur chemin, proposant des films sympathiques, mais loin de valoir tout le subversif contenu dans leurs premières comédies, les deux frangins commençaient même à mal se faire voir par tout le gratin hollywoodien ne voyant en eux que le côté has been. Dumb & Dumber De s’annonce alors comme une sorte de renaissance du phœnix. 20 ans après le premier opus, les frères Farrelly retrouvent Harry et Lloyd. Lorsqu’ils apprennent qu’Harry est papa, les deux amis se lancent dans un nouveau road trip endiablé afin de rencontrer cet enfant inconnu.

Dumb & Dumber De s’ouvre magistralement.

Nul doute qu’à la vue des premières images, du synopsis et de l’immense campagne de promo autour de cette suite, Dumb & Dumber De s’imposait déjà comme un ersatz nostalgique du premier film. Pondre une suite 20 ans après est un pari à très haut risque. Le film original aura eu le temps de toucher de nouvelles générations. Il a été vu des dizaines et des dizaines de fois. Culte pour beaucoup, les frères Farrelly ont vraiment conscience qu’ils ne pourront égaler l’anticonformisme mis en place dans le projet originel. Qu’à cela ne tienne, quitte à faire du réchauffer, autant donner aux fans ce qu’ils attendent. Et en ce sens, Dumb & Dumber De s’ouvre magistralement. Les deux compères sont toujours aussi débiles, les vannes scabreuses fusent et on retrouve les lieux familiers que nous avons côtoyés il y a 20 ans. Les deux réalisateurs jouent la carte nostalgique à fond, se permettant même de replacer le petit aveugle dans le paysage. Le temps pour les frangins de nous lancer quelques références pop culture au sein de l’appartement des deux amis, que le voyage peut commencer. Calquant son schéma narratif sur le premier épisode, on embarque sans problème aux côtés du duo. Seulement, le voyage a un goût différent.

Le projet Dumb & Dumber De est loin d’être à jeter à la poubelle.

Non seulement le personnage de Harry, par sa soudaine stature de père, semble amoindrir ses effets lourdingues. Jeff Daniels essaie d’élever son personnage un cran au-dessus, mais le tout est contrebalancé par Jim Carrey qui en fait des caisses pour garder son camarade de jeu à ses côtés. Et c’est là que le premier hic désarçonne, car, même si dans l’ensemble on rira vraiment beaucoup, Carrey devient sa propre caricature. Il ne donnera pas totalement satisfaction. Mais ceci s’explique notamment sur le fait qu’il y a 20 ans Carrey n’avait pas la réputation qu’il a aujourd’hui. Le public devient ainsi plus exigeant avec un acteur ou un film dès lors qu’il a entièrement assimilé le modèle. Et malheureusement, beaucoup de projets passent ainsi à la trappe, car le spectateur lambda ne veut pas faire abstraction de toute l’affection qu’il porte au film original pour en apprécier pleinement la substance de son petit frère fraichement débarqué (Les 3 Frères : le Retour, Les Bronzés 3). Évidemment qu’un film qui est rentré dans la mémoire collective aura du mal à imposer sa suite, on ne devient pas culte en l’espace de quelques semaines d’exploitation ! Pour en revenir à Dumb & Dumber De, les frères Farrelly initient donc ce chemin cathartique pour tenter de comprendre et de retrouver ce lien absurde qui faisait leur force au début de leur carrière. Observez bien les actions qui se passent en fond de champ : les frères Farrelly assurent une absurdité sauce Z.A.Z. qui a fait ses preuves avec le temps et qui peut encore fonctionner aujourd’hui ! En revanche, ce qui pourra rebuter également dans cette suite est le traitement des personnages secondaires. Ce qui était fort avec Dumb & Dumber premier du nom était cet impact qu’avaient Harry et Lloyd sur le monde qui les entoure. Ils croisaient des gens à priori sans histoires et bien dans leurs pompes, et c’était le choc de la rencontre qui faisait que le tout était franchement drôle. Ici, il y a quelques personnages (enfin surtout une !) qui sont aussi abrutis que nos héros, ce qui rend des rencontres beaucoup moins impactées par moment. Quelques bémols tout de même, mais le projet Dumb & Dumber De est loin d’être à jeter à la poubelle : la salle hilare lors de notre séance est là pour le prouver.

Dumb & Dumber De nous invite à repartir à l’aventure avec deux personnages qu’on affectionne. Les frères Farrelly ont encore quelques cartouches à tirer et nous le prouvent en bonne et due forme. Quelques défauts enrayent la machine par moment, mais dans l’ensemble Dumb & Dumber De nous apporte ce que nous attendions de lui : une comédie absurde et nostalgique.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film Dumb & Dumber De (Dumb & Dumber To)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 109 '
Sortie 17/12/2014 Reprise -
Réalisateur Bobby Farrelly - Peter Farrelly Compositeur Empire of the Sun
Casting Jim Carrey - Jeff Daniels - Kathleen Turner - Laurie Holden - Rachel Melvin - Rob Riggle
Synopsis Vingt ans après, Lloyd et Harry sont toujours amis – et toujours aussi débiles ! Quand ils apprennent qu’Harry est père, les deux amis se lancent dans un nouveau road trip à la recherche de sa fille. Ils vont sillonner le pays à bord de véhicules toujours plus improbables, semant la folie et le chaos jusqu’à un endroit où ils n’auraient jamais dû pouvoir se retrouver…

Par Anthony Verschueren