Critique Stage Fright

Stage Fright
Stage Fright tient ses promesses. Jerome Sable nous livre un slasher musical qui aurait mérité d’être un poil plus étoffé du côté slasher pour gagner une réputation infaillible.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Ne vous y trompez pas, vous n’êtes pas en train de lire une chronique d’un remake du très bon film de Hitchcock. Premier long métrage du Canadien Jerome Sable, Stage Fright se place comme un objet ovni bien caché derrière la multitude de DTV qui pullule dans nos magasins vidéos préférés. Caché par honte ou tout simplement pas assez mis en avant ? Il faut bien avouer que le concept du projet a de quoi être tout aussi casse-gueule qu’il attirera les curieux de bizarreries en tout genre comme votre serviteur. Défini comme une comédie musicale sur fond de slasher, il n’en fallait pas plus pour que nous envoyions notre banquier aller gentiment rouspéter dans son coin les yeux effarés sur notre découvert bancaire et nous jeter sur le saint objet du jour. Bien décidée à suivre les pas de sa mère, ancienne diva de Broadway assassinée brutalement à l’aube de son apogée, Camilla passe un casting et décroche un rôle dans une réadaptation de la dernière pièce que sa mère ait joué. Les répétitions au sein du camp théâtral qu’elle intègre ne se passeront pas comme prévu. Un carnage sans précédent se prépare.

Stage Fright est un hommage décomplexé à deux genres qu’on n’a sérieusement pas l’habitude de voir se côtoyer.

Amis des comédies musicales bonsoir. Aujourd’hui, au menu, steak tartare de jeunes décérébrés agrémenté de sa gentillette sauce Broadway. Stage Fright est un hommage décomplexé à deux genres qu’on n’a sérieusement pas l’habitude de voir se côtoyer. Jerome Sable met en scène la comédie musicale dans toute sa naïveté avec des thèmes et des chorégraphies propres au genre. Jerome Sable ira de ses multiples références pour agrémenter la locomotive de son projet et mener le train au terminus, et la liste est tout aussi longue que qualitative : Le Fantôme de l’Opéra, Phantom of the Paradise, Tenacious D : the Pick of Destiny, La Petite Boutique des Horreurs, The Rocky Horror Picture Show, mais également Vendredi 13, Carrie, Bloody Bird, Hellraiser ou encore Halloween 2. Qu’on se le dise, il faut sérieusement apprécier le genre comédie musicale afin d’adhérer à l’aventure qui nous est proposée ici. Stage Fright n’est en aucun cas une parodie de genre comme la Troma a pu le faire sur des projets comme Poultryguest : Night of the Chicken Dead ou Cannibal ! The Musical. On y trouvera même un certain plaisir à démonter une dictature du bien-pensant sauce Disney où les cousins de High School Musical finiraient dans un bain de sang. L’ouverture du film est d’ailleurs plus qu’anecdotique. Non content de nous envoyer une Minnie Driver toujours aussi belle, interprétant l’héroïne tragique du Fantôme de l’Opéra (qu’elle avait joué en 2004 chez Joel Schumacher), Sable pose les bases de ce qui parsèmera son film : du chant (presque) lyrique précédé d’un bain de sang violent et virulent. La mise en bouche est extrêmement séduisante. Il ne cherchera pas à dénaturer les deux genres qu’il a choisi de mettre en scène ni de les révolutionner, et c’est là que la machine peine un peu à s’envoler.

Stage Fright s’en sort avec tous les honneurs du premier film sincère ni trop sérieux ni trop déjanté.

En effet, si l’aspect comédie musicale est parfaitement géré, permettant à Sable de co-signer les morceaux de la bande originale, on regrettera la maigre exploitation du slasher. Il faudra s’armer de patience pour voir enfin débouler le boogeyman s’adonner au carnage qu’il nous a promis dans l’introduction. Sable prend bien le temps d’installer les caractères de ses personnages, tous plus détestables les uns que les autres, pour mieux jouer sur l’excitation du spectateur lorsque ces derniers se feront massacrer sans vergogne. Il y aura quelques moments de franches rigolades afin de mieux nous faire patienter. Des vannes un poil scabreuses qui ne feront pas toujours mouche (le jeune qui confond le mot Kabuki avec Bukkake), mais qui auront le mérite d’alimenter l’attente de plus en plus grandissante du spectateur. Calquant, presque, son film sur le modèle de Vendredi 13 (se permettant, également, de nous placer des mineurs d’une dizaine d’années dans le décor), il est vrai que garder ses effets choquants pour le grand final était la carte qu’il fallait, malgré tout, jouer. Sable ménage ses mises à mort (on n’en comptera que deux avant la dernière demi-heure) pour mieux nous envoyer dans un final grand-guignolesque à la hauteur de nos espérances. Le mystère autour de l’identité du tueur n’est pas ce qui importe notre réalisateur, avec un peu de jugeote on sait très vite qui se cache derrière le masque Kabuki. En revanche, il faut bien avouer que les exécutions sont parfaitement maîtrisées. Les meurtres sont brutaux, les effets gores saisissants et la personnalité heavy metal du tueur nous a plus que séduits. On retiendra d’ailleurs son ultime numéro armé de sa guitare électrique utilisant un couteau de boucher comme capodastre, digne descendant du diable à la fin de Tenacious D : the Pick of Destiny. La finalité du projet laissera une sensation de plénitude certaine. Même si l’ensemble de ce dernier se montrera faible par moment (il y a certaines chansons vraiment ennuyeuses), Stage Fright s’en sort avec tous les honneurs du premier film sincère ni trop sérieux ni trop déjanté.

Stage Fright tient ses promesses. Jerome Sable nous livre un slasher musical qui aurait mérité d’être un poil plus étoffé du côté slasher pour gagner une réputation infaillible. On ne boudera pas notre plaisir pour autant, du fond de l’immense lot de DTV sortis cette année, Stage Fright est de loin l’un des plus originaux et sympathiques que l’on ait eu.

Informations

Détails du Film Stage Fright
Origine Canada Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Comédie Musicale
Version Direct To Video Durée 84 '
Sortie 17/11/2014 Reprise -
Réalisateur Jerome Sable Compositeur Eli Batalion - Jerome Sable
Casting Minnie Driver - Meat Loaf - Douglas Smith - Allie MacDonald - Kent Nolan - Ephraim Ellis
Synopsis Bien décidée à suivre les pas de sa mère, ancienne diva de Broadway, Camilla passe un casting et décroche un rôle dans une pièce. Mais les répétitions tournent vite au bain de sang.

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