Critique Space Station 76

Space Station 76
Space Station 76 de Jack Plotnick n’est clairement pas un film drôle. Il en résulte une critique de mœurs, malgré tout, assez agréable à suivre grâce à son casting irréprochable.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Première réalisation de l’acteur Jack Plotnick (Wrong, Wrong Cops, Rubber), Space Station 76 nous envoie au sein d’une station spatiale où l’arrivée d’une nouvelle recrue, Jessica, va chambouler le quotidien, en apparence, trop parfait de l’équipage. Elle vient assister le capitaine de la station délesté de son ancien camarade et s’occuper de la végétation et la survie des plantes au sein de la serre du vaisseau. Véritable microcosme voguant au milieu des pluies de météorites, la station va vivre des heures qu’elle ne risque pas d’oublier.

Space Station 76 est perturbant !

Vendu comme une comédie de science-fiction, Space Station 76 s’ouvre sur des effets spéciaux en cartons avec l’approche d’un vaisseau en forme de camping-car se préparant à amarrer près de la station en orbite. L’ouverture nous laisse agréablement penser à l’irrévérencieux Spaceballs de Mel Brooks, on s’attend à de l’absurde en pagaille, à une belle grosse satire du genre. Malheureusement, le ton dénué de tout sentiment annoncera bien vite la couleur : Space Station 76 n’est absolument pas drôle ! Pire, le film dépeint des sujets véritablement dramatiques. Le film se lit alors comme une chronique de mœurs spatiale. Plotnick recréé une microsociété au sein de sa station où toutes les classes sociales s’affrontent pour survivre. Que ce soit le couple bobo baignant dans l’argent, le capitaine gay, alcoolique et suicidaire n’assumant pas son orientation sexuelle, la petite fille délaissée par sa mère, le petit ouvrier bon père de famille…toutes les cartes sont présentes pour faire étinceler les maux de chacun par l’arrivée de l’élément perturbateur qu’est Jessica. Enfin, ce personnage est vendu comme l’élément perturbateur, mais il n’en sera rien. Jessica porte également un lourd secret, et on se rend vite compte que, finalement, l’équipage n’attendait que le parfait bouc émissaire pour faire voler en éclat les apparences. À moins d’être passés totalement à côté, ces chroniques de mœurs dépeintes par Plotnick n’ont absolument rien de croustillant. Exception faite de quelques séquences qui feront, au mieux, sourire, Space Station 76 loupe le coche de la comédie. Et côté science-fiction, on sent clairement que Plotnick ne cherche pas à nous reproduire un semblant film de genre. L’histoire dans l’espace n’est qu’un élément accompagnateur des péripéties. D’ailleurs, et c’est là où nous avons clairement eu du mal à rentrer dans le concept : les effets font vieux ! On sait que la Terre n’est plus. Vu le look arboré par les protagonistes, il y a fort à parier qu’ils sont restés bloqués dans les 70’s. L’anachronisme des époques et des technologies est déroutant. On a l’impression de se retrouver dans un épisode de Temps X, mais sans les frères Bogdanov. Space Station 76 est perturbant !

Space Station 76 n’est juste pas ce à quoi Jack Plotnick aurait aimé qu’il ressemble.

Pourtant, on ne peut pas reprocher aux acteurs de ne pas nous livrer de jolis numéros. Le casting est d’une haute précision. Le problème de notre confusion ne vient absolument pas d’eux, ils croient en leur projet et rendent les propos extrêmement crédibles. Ce qui nous laisse complètement dans le doute, c’est cette sensation d’avoir été entièrement trompé sur la marchandise. D’autant plus que Plotnick filme ses scènes avec une monotonie lancinante, l’ennui habite clairement cette station spatiale qui souffre de trop de non-dits. Le voyage n’aura donc rien de bien palpitant pour le spectateur qui ère sans but dans les couloirs aseptisés de cette station. Plotnick cherche des idées, malheureusement, le spectre des plus grands (Kubrick, Scott, Lucas) plane douloureusement au-dessus de la carcasse de cette pauvre petite station. L’annihilation du bien-pensant, laisser libre court aux bas instincts, céder à ce petit concentré de folie conduit par la condition d’enfermement au quotidien…on l’a déjà vu à maintes reprises dans d'autres films. On ressent presque du dépit de la part du réalisateur. On assiste douloureusement à une succession de scènes où Plotnick semble avoir conscience qu’il n’est clairement pas en train de révolutionner le genre. Mort dans l’œuf ? Peut-être pas. Space Station 76 n’est juste pas ce à quoi Jack Plotnick aurait aimé qu’il ressemble. Ainsi, la conclusion laissera aussi pantois que son introduction. Nous quitterons la station avec l’amère sensation d’avoir vécu, de manière voyeuriste, dans une tranche de vie quotidienne aux côtés de personnes banales enfermées dans un vaisseau, qui luttent pour régler leurs problèmes de leur vie quotidienne. Tel un astéroïde se laissant voguer dans le système, le film repartira dans les tréfonds de la mémoire collective pour, peut-être, en ressortir, dans quelques années, comme étant une œuvre outrancière intelligemment écrite. Seul l’avenir nous le dira.

Space Station 76 n’est clairement pas un film drôle. Il en résulte une critique de mœurs, malgré tout, assez agréable à suivre grâce à son casting irréprochable. Jack Plotnick va devoir redoubler d’efforts s’il veut briller ailleurs que devant les caméras de Quentin Dupieux.

Informations

Détails du Film Space Station 76
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie - Science - Fiction
Version Direct To Video Durée 95 '
Sortie 26/11/2014 Reprise -
Réalisateur Jack Plotnick Compositeur Marc Fantini - Steffan Fantini
Casting Patrick Wilson - Liv Tyler - Jerry O'Connel - Matt Bomer - Marisa Coughlan - Kylie Rogers
Synopsis Lorsqu'elle débarque dans une station spatiale, une jeune femme n'imagine pas les tensions qu'elle va créer au sein des membres de l'équipage.

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