Critique La Rose Noire (The Black Rose)

La Rose Noire
La Rose Noire prouve que Henry Hathaway sait mettre en scène, c’est incontestable. Le casting est d’une perfection sans faille. Quel dommage que son scénario nous embrouille l’esprit.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

La Rose Noire nous transporte au beau milieu de la filmographie de Henry Hathaway. Le réalisateur du, toujours, sublime Niagara avec Marilyn Monroe, s’offre une escapade guerrière au cœur du Moyen-Orient accompagné de deux monstres sacrés du cinéma hollywoodien : Tyrone Power et Orson Welles. Nous nous retrouvons au XIXe siècle, Walter de Gurnie, noble saxon, tente de se révolter contre les Normands qui occupent sa région natale. Contraint par les événements à devenir hors-la-loi, il part en Terre Sainte en compagnie de son ami, Tristam. Tous deux se lient à Bayan, un seigneur de guerre mongol. Peu de temps après, ils recueillent Maryam, une jeune femme surnommée "La Rose Noire", qui s’est enfuie du harem de Bayan. Quand la raison entre dans les conflits d’intérêts, on n’en sort pas forcément indemne.

La Rose Noire est doté d’un casting exceptionnel.

La Rose Noire est doté d’un casting exceptionnel. Orson Welles se meut à la perfection dans la peau de ce guerrier mongol. Totalement métamorphosé, il habite l’écran par une présence royale. Il fait réellement froid dans le dos. En face de lui, Tyrone Power et Jack Hawkins ne se laissent pas démonter pour autant. Il faut dire qu’ils servent à la perfection les magnifiques yeux verts de la non moins sublime Cécile Aubry dont La Rose Noire restera le seul film américain de sa courte carrière d’actrice qu’elle délaissera par la suite au profit d’une vie d’auteure et réalisatrice de séries pour enfants où on lui devra notamment Belle et Sébastien. La force et l’intérêt de La Rose Noire proviennent entièrement du casting. Pour ce qui est du fond, malheureusement, il ne marquera pas au point d’avoir envie d’y revenir un jour. La faute à une entrée en matière beaucoup trop abrupte et inconcevable. En effet, le héros nous est introduit beaucoup trop rapidement. En l’espace de quelques minutes, nous sommes contraints d’assimiler toute l’histoire de cette famille saxonne. On peine à se représenter l’arbre généalogique qu’il faut entrer de plain-pied dans la révolution menée par Walter. Et quand de nouvelles données à comprendre surviennent, Hathaway nous parachute en plein désert oriental. Un chamboulement d’expositions d’une durée d’une bonne demi-heure qui perturbe autant qu’il rebute. Et quand vient le moment de se poser, pour enfin entrer dans le vif du sujet, Hathaway ne semble plus avoir grand-chose à raconter. Pourquoi les convictions du héros changent du tout au tout ? Pourquoi emmener les personnages vers la conquête de la Chine alors qu’il s’agissait, en début de parcours, de libérer la Saxoni ? Surtout qu’on en vient à évoquer la conquête de Rome, puis du monde… La Rose Noire est un échiquier géant sur lequel un enfant s’amuse à jouer à la gué-guerre. C’est complètement dépourvu de structure !

La Rose Noire possède une forme démonstratrice à toute épreuve au fond terriblement alambiqué.

Derrière l’amas incessant des désirs de pouvoir du chef mongol, Henry Hathaway livre, néanmoins, un film avec de sublimes images. L’intérêt de La Rose Noire réside là-dedans : Hathaway sait mettre en scène. Avec des cadres à couper le souffle, il donne une dimension étouffante aux longues étendues de sable qui pèsent sur le moral de nos héros. La guerre à proprement parlé, ni même les morts évoqués, ne seront jamais montrés à l’écran. Ce qui intéresse le réalisateur c’est de montrer la grandeur d’un peuple en rébellion et la force d’attaque de son armée, aussi minime soit-elle, poussée par les convictions de son chef. Une fois encore, Welles est prodigieux. Tour à tour, violent, cruel, menteur et manipulateur, il livre un condensé d’une représentation de la folie dans une enveloppe humaine. La séquence de l’épreuve où il oblige Tyrone Power à marcher sur une corde raide au beau milieu de soldats déchainés qui l’assènent de coups est d’une cruauté sans pareil. Fabuleusement mise en scène, cette séquence de moins d’une minute justifie tout de même le visionnage de La Rose Noire. Parsemées ci et là, ce genre de séquences rehaussent l’histoire rocambolesque d’un intérêt certain. Dans l’ensemble, La Rose Noire possède une forme démonstratrice à toute épreuve au fond terriblement alambiqué. Et même si nous sommes 12 ans avant la rafale Lawrence d’Arabie, et que le sujet n’est pas tout à fait le même, on ne pourra qu’avoir envie de retourner vers le film de David Lean plutôt que de rester dans l’univers, toutefois intéressant, de Henry Hathaway. 

La Rose Noire prouve que Henry Hathaway sait mettre en scène, c’est incontestable. Le casting est d’une perfection sans faille. Quel dommage que son scénario nous embrouille l’esprit en début de chemin et nous envoie valdinguer dans tous les sens sans jamais revenir à la première question qu’il nous pose.

Informations

Détails du Film La Rose Noire (The Black Rose)
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Aventure
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 27/10/1950 Reprise -
Réalisateur Henry Hathaway Compositeur Richard Addinsell
Casting Jack Hawkins - Orson Welles - Tyrone Power - Cécile Aubry - Herbert Lom
Synopsis Au temps des croisades, un jeune Saxon est forcé de s'évader d'Angleterre. Il part avec son fidèle domestique jusqu'en Chine où ils se trouvent impliqués dans des affaires de la cour de Kubla Kahn.

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