Critique Detachment

Detachment
Detachment, de Tony Kaye se veut être un film au plus proche d'une réalité trop négligée. C'est un film qui puise une véritable force dans un néant qui ne demande qu'à être comblé.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

On connaît Tony Kaye pour traiter de sujets qui font mal et ce depuis son premier film, American History X, où le racisme était au cœur du débat. Il a ensuite récidivé avec Lake of Fire qui avait pour thème central l’avortement. Avec Detachment, il s’attaque au système éducatif scolaire des banlieues. Sujet abordé mainte et mainte fois au cinéma où l’on voit sans arrêt un professeur se battre pour essayer d’assurer un avenir à ses élèves. Thème un poil cliché vous nous direz, mais si l’on continue à en parler aujourd’hui, c’est que le problème est bien réel. Mais là où Detachment se détache justement de ses prédécesseurs, tels Esprits Rebelles, c’est par son ton cru et viscéral. Le film prend aux tripes dès le départ et l’approche quasi-documentaire tant dans le choix des lieux que dans sa mise en scène y est une véritable force qui vous tiendra en haleine jusqu’en fin de parcours. 

Le film prend aux tripes dès le départ et l’approche quasi-documentaire [...] y est une véritable force.

S’il se servait du personnage de Danny dans American History X pour délivrer son message, Tony Kaye emploie ici Adrien Brody en tant que confesseur, face caméra, en toute intimité avec le spectateur, le tout entremêlé de témoignages de véritables professeurs restés anonymes. Si le film se rapproche beaucoup du Cercle des Poètes Disparus pour ses valeurs philosophiques et de Class 1984 pour son côté violent « no future » exacerbé, il en est, en réalité, le juste milieu, quoiqu’un peu pessimiste. Pessimiste dans le sens où la conclusion qu’il nous amène ne nous permet pas d’envisager un avenir certain. Ceci pourrait se justifier par le fait que ce genre de films continuent d’émerger sur la toile et donc que le problème n’est toujours pas résolu (comme dit en début de chronique). Il suffit de voir la tuerie de Columbine (pas si lointaine que ça) pour comprendre que l’on va de mal en pis ! Adrien Brody livre ici une prestation remarquable, sa meilleure depuis Le Pianiste et The Jacket. D’ailleurs, on retrouve un casting alléchant et méconnaissable dans des rôles dans lesquels nous n’avons pas l’habitude de voir notamment Lucy Liu et James Caan en conseillers d’orientation qui nous ont particulièrement bluffé.

Le film amène une réflexion sur le fait que nous sommes le personnage que nous nous créons.

Le film amène une réflexion sur le fait que nous sommes le personnage que nous nous créons. Qu’il faut réussir à extirper le meilleur comme le mauvais en chacun de nous et nous en servir comme une force. C'est Brody qui apporte cette réflexion dans le film, il dit : « il faut absolument croire dur comme fer à une vérité comme à son contraire tout en sachant que c’est faux ». Il n’y a que par cette démarche que nous pourrons faire la part des choses. En ce sens, la phrase « sivis pacem para bellum » (« qui veut la paix prépare la guerre ») prend une dimension d’autant plus importante qu’elle régit notre vie : peu importe nos choix, nous devons toujours être prêts à affronter son contraire. Le métrage défend deux valeurs primordiales à l’épanouissement de l’être : la famille et la culture. Un bon environnement familial aide à s’ouvrir au monde et cette ouverture permet d’accéder à la culture. Notre emprunte culturelle est la seule marque indélébile notre passage sur terre. Nous sommes à l’image de l’appartement vide d’Adrien Brody dans le film : ce qui perdurera en définitive de nous-même sera notre mémoire transmise à autrui, le reste n’est que matériel et superflu.

Finalement, Detachment se veut être un film vrai, sans artifices, au plus proche d’une réalité trop négligée. Pas sûr qu’il intéresse autant de monde que American History X car là où la lueur d’espoir naissait dans le meurtre de Danny, la fin un peu téléphonée de celui-ci ne permet uniquement que de constater un problème qui n’avance pas.

Informations

Détails du Film Detachment
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 97 '
Sortie 01/02/2012 Reprise -
Réalisateur Tony Kaye Compositeur The Newton Brothers
Casting Adrien Brody - Lucy Liu - James Caan - Bryan Cranston - Marcia Gay Harden - Christina Hendricks - Tim Blake Nelson - Doug E. Doug
Synopsis Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui qui s’efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement.

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