Critique Dead Man Talking

Dead Man Talking
Dead Man Talking de Patrick Ridremont use de métaphores bibliques afin de nous raconter le pouvoir des mots sur l'envie de vivre...ou de me mourir en laissant pas un être vide. C'est un film choc et percutant, d'une belle justesse et d'une grande émotion.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Dead Man Talking est le premier film réalisé par Patrick Ridremont. Avant de passer derrière la caméra, il officiait devant puisqu’il est acteur avant tout. Il a plusieurs cordes à son arc : il est également animateur télé et scénariste. Il faisait aussi parti de la ligue d’improvisation belge, ce qui lui a valut de remporter le titre de champion du monde au Québec en 1999. Une personnalité multi-facette qui justifie son implication sur plusieurs postes pour son premier métrage.

Une personnalité multi-facette qui justifie son implication sur plusieurs postes pour son premier métrage.

Il réalise, joue et co-écrit l’histoire de cette personne lambda (mais pas trop) attendant le coup de grâce. Le « mort qui parle » nous a-t-il convaincu ?

A première vue, le sujet du film ne prête franchement pas à la rigolade, détrompez-vous. Vous serez constamment baladé entre le sérieux des thèmes abordés (le meurtre, l’amour, la haine, le handicap…) et le ton à la limite du burlesque employé par bon nombre des protagonistes. Le film nous introduit dans son ouverture les quatre personnages charnières du film. Chacun est marqué par une histoire qui l’affecte particulièrement mais ils vont se retrouver dans une espèce de rite purgatoire par le biais du condamné à mort. Ainsi, il y a le directeur de la prison, interprété par un François Berléand décidément taillé pour les rôles de grincheux, qui n’assume pas du tout la disparition de son épouse, délaisse sa fille et ne se plait même pas dans son travail. Le bourreau, naïf et plein de tendresse qui s’occupe de son épouse handicapée et qui, visiblement, n’a rien à faire dans ce corps de métier. Le prêtre, interprété par Christian Marin (ex compagnon de fortune de notre regretté Louis de Funès dans Pouic-Pouic ou Le Gendarme), qui adopte une démarche fatiguée à la manière de Max Von Sydow dans L’exorciste mais qui se révélera être plus proche du Leslie Nielsen de la parodie. Et enfin, le condamné à mort, qui témoigne d’une vie dure, froide et dénuée de tout sentiment mais qui arrivera quand même à créer de l’empathie chez le spectateur. La force du métrage réside dans ce noyau là. Nous n’assisterons pas à un procès mais à quatre !

Nous n’assisterons pas à un procès mais à quatre !

Il va sans dire que l’ambiance globale vous rappellera sans doute La Ligne Verte, même s’il use de bons sentiments, le film nous ramène toujours à la cruauté de l’homme et ne nous fait pas oublier que si le personnage de Ridremont se retrouve sur cette chaise, ce n’est pas pour rien.

Nous parlions de purgatoire ci-dessus. Le film est emprunt de connotations fortes à la religion chrétienne. La posture en forme de croix dans laquelle est mis le condamné fait forcément écho à la crucifixion du Christ. Les attitudes et le look de ce dernier confirment la relation : il a un visage angélique et barbu, il est vêtu le plus simplement du monde, il réclame à boire après un moment de stress intense, l’âge du personnage doit être proche des 33 ans et surtout, la foule de disciples qu’il rassemble au fur et à mesure qu’il raconte ses histoires ne peuvent que nous renvoyer à la religion. En revanche, même si de prime abord il veut nous faire penser au fils de Dieu, on est bien loin de la bonne parole et de l’utopie de la vie qu’il prêchait. En effet, le condamné se veut ancré dans une réalité qui est la sienne. Il est difficile de situer l’époque (probablement années 50-60), c’est l’histoire d’un gars insignifiant dans une bourgade insignifiante. L’image sépia du film est froide, malsaine voire pittoresque, elle nous fait sans cesse savoir que nous sommes dans un lieu qui ne prête habituellement pas à la plaisanterie. Tout n’est que destruction du vide par la violence du vide dans une vie bien vide.

Tout n’est que destruction du vide par la violence du vide dans une vie bien vide.

Il n’y pas de codes précis qui nous permettent de situer l’histoire dans un temps exact : nous sommes au purgatoire, symbole fatidique du jugement dernier. La force des dialogues et la maîtrise des acteurs nous font vite oublier que nous écoutons parler une personne qui a tué de sang froid. Cela dit, l’ouverture du film nous montre presque une vengeance justifiée mais était-ce vraiment les faits ? N’étions-nous pas perdu dans les méandres des souvenirs de notre protagoniste et de la vision que lui seul retient du drame ? Dieu seul le sait et Dieu seul le jugera comme nous rappellera le prêtre. Prêtre qui confiera durant le métrage avoir toujours rêvé d’être gendarme (si ça c’est pas une référence amusante tout de même ?).

En définitive, Dead Man Talking se veut percutant et émouvant. Pari hautement réussi qui nous prouve une fois de plus l’efficacité et la qualité du cinéma belge. Il va sans dire que si vous avez les larmes faciles, prévoyez une petite boîte de mouchoirs. Le film nous a complètement retourné faisant de lui un de nos coups de cœur de l’année 2013.

Informations

Détails du Film Dead Man Talking
Origine Belgique Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie Dramatique
Version Cinéma Durée 101 '
Sortie 27/03/2013 Reprise -
Réalisateur Patrick Ridremont Compositeur Gast Waltzing - Matthieu Gonet
Casting Virginie Efira - François Berléand - Patrick Ridremont - Christian Marin - Jean-Luc Couchard
Synopsis 20 h. Une prison quelque part. William Lamers est condamné à mort. La loi ne précisant pas la longueur de sa dernière déclaration, il va profiter de ce vide juridique pour dérouler le fil de sa vie afin d’échapper à la sentence. Son exécution qui ne devait être qu’une formalité va alors devenir le plus incroyable des enjeux politique et médiatique.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques