Critique Dumb and Dumber

Dumb and Dumber
Dumb & Dumber a vraiment mérité sa stature d’œuvre culte. Les frères Farrelly prouvaient leur goût prononcé pour l’absurde de masse, Jim Carrey crève l’écran par son énorme potentiel comique et Jeff Daniels étonne par un rôle à contre-courant.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

1994 fut l’année de la consécration pour Jim Carrey. Alors que dans nos frontières il devient un phénomène avec le succès inéluctable de The Mask, le bonhomme avait déjà été très remarqué par-delà l’Atlantique avec Dumb & Dumber et enfoncera le clou, toujours en 1994, de son pouvoir comique avec Ace Ventura : Détective Pour Chiens et Chats. Sorti dans nos salles sur le tard (mi-95) et en vidéo encore plus tard, Dumb & Dumber nous avait également révélé deux réalisateurs qui n’allaient pas manquer de retourner les codes de la comédie bien-pensante en 1998 avec Mary à Tout Prix. Les frères Farrelly signaient, avec Dumb & Dumber, leur premier long métrage. S’en suivra une carrière perpétuellement en déclin où, malgré un anticonformisme toujours bien présent, l’intérêt public et critique ne suivra plus. Harry et Lloyd, deux amis colocataires ayant perdu tous les deux leur emploi le même jour, décident de partir pour Aspen afin de rendre une mallette oubliée par la dernière cliente de Lloyd, Mary. Sur la route, ils vont se retrouver confrontés à des tueurs à gages, des routiers en colère et toute une ribambelle d’individus aussi loufoques qu’eux.

Dumb & Dumber renouvelle perpétuellement ses situations.

Qualifié d’ultra vulgaire à l’époque de sa sortie, il faut bien avouer que Dumb & Dumber est devenu un film culte avec le temps. Jamais la bêtise n’aura atteint un tel paroxysme. Toute la force comique des frangins Farrelly est concentrée dans cet ovni. Des vannes scatophiles aux jeux de mots les plus nases (Lloyd Christmas est amoureux de Mary Swanson, elle pourrait devenir Mary Christmas !), Dumb & Dumber renouvelle perpétuellement ses situations. À chaque moment, le spectateur pense que les deux trublions ne pourront jamais faire pire, et pourtant, la sauce est sans cesse agrémentée dans un flot constant de bêtise. Héritage d’un humour scabreux des late shows dont est issu Jim Carrey, Dumb & Dumber porte réellement bien son titre (dumb signifiant abruti) et n’a pas valeur à apporter quoi que ce soit d’autre si ce n’est de francs et massifs fous rires. Il faut souligner la force comique du duo Daniels / Carrey. Si nous découvrions les talents de Carrey à l’époque, l’étonnement provenait surtout de Jeff Daniels. Lui qui nous avait habitués à des rôles sérieusement froids (Arachnophobie, Timescape, Speed), laisse échapper tout son potentiel burlesque, emmené dans la folie ambiante qui transpire et déborde dans tous les coins de ce film. Toutes les conditions sont réunies afin de pousser Daniels dans ses derniers retranchements : son partenaire déjanté, le script farfelu, deux réalisateurs qui mettent en scène toutes leurs blagues d’enfance…il faut bien s’aligner. Et le charme fonctionne jusque dans certaines séquences d’humour noir vraiment prenantes : le coup de la perruche morte vendu à un enfant aveugle restera gravé à tout jamais !

Dumb & Dumber a vraiment mérité sa stature d’œuvre culte.

Non seulement les frères Farrelly ont réussi à tenir la distance dans leur bêtise, mais pour un premier long métrage, il faut bien avouer que l’exécution technique tient, elle aussi, largement la route. Les deux frangins ont un sens du rythme exacerbé. Une fois encore, ils nous imposent deux abrutis hors du temps, hors de la bienséance, hors de tout, et y calquent une réalisation nerveuse. Construit en deux parties distinctes, on restera surtout scotché devant l’aspect road-movie qui englobe plus de la moitié du film. L’idée est simple : deux imbéciles dans un van déguisé en berger des Pyrénées. Que font-ils ? Que leur arrive-t-il ? Les frères Farrelly trouvent le moyen de stéréotyper tous les énergumènes qu’il est possible de trouver sur la route dans les lointaines contrées américaines, du flic crédule au chauffeur de poids lourds aux gros bras et gay. Dumb & Dumber applique alors sa bêtise à une échelle bien plus grande que les deux cinglés en tête d’affiche : c’est une critique satirique du puritanisme américain dans sa forme la plus brutale. Le bouseux n’est pas forcément celui vers lequel les regards se braquent. Il y a un jeu de ping-pong extrêmement intéressant qui se dégage dans le film. Certes, Harry et Lloyd ont un sacré grain, mais il faut voir comment l’univers leur répond aussi. Tous les torts ne sont pas à leur reprocher et c’est en ce sens que Dumb & Dumber s’apprécie encore aujourd’hui. C’est un film qui traite de la bêtise humaine à une échelle mondiale.

Dumb & Dumber a vraiment mérité sa stature d’œuvre culte. Les frères Farrelly prouvaient leur goût prononcé pour l’absurde de masse, Jim Carrey crève l’écran par son énorme potentiel comique et Jeff Daniels étonne par un rôle à contre-courant. Autant dire que l’attente autour de sa suite, Dumb & Dumber De, se fait énormément grande : 20 ans séparent les deux œuvres. Réponse dans nos salles le 17 décembre 2014.

Informations

Détails du Film Dumb and Dumber
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 10 ans
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 106 '
Sortie 14/06/1995 Reprise -
Réalisateur Peter Farrelly/Bobby Farrelly Compositeur Todd Rundgren
Casting Jim Carrey - Jeff Daniels - Lauren Holly
Synopsis Après un malentendu à l'aéroport, deux amis, Lloyd et Harry, spécialistes de l'élevages de lombrics, partent à la recherche de Mary qui semble y avoir oubliée sa valise. Mais, ils se retrouvent au centre d'un complot.

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