Critique L'attaque Dura Sept Jours (The Thin Red Line)

L'attaque Dura Sept Jours
L’attaque Dura Sept Jours permet à Andrew Marton d’emboiter le pas sur tous les autres films modernes qui traiteront de la dureté psychologique de la guerre. Le casting est impressionnant de vérité et les batailles d’une violence inouïe pour...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Avant-dernière réalisation pour Andrew Marton (Le Jour le Plus Long), L’attaque Dura Sept Jours est l’adaptation du roman La Ligne Rouge de James Jones (qui sera réadapté en 1998 par Terrence Malick). Évidemment la comparaison avec le film de Malick n’en sera qu’inéluctable, mais elle s’arrêtera au simple fait que les deux films ont le même matériau de base. Là où Malick nous sortait un film de guerre sensoriel et métaphysique, Marton insiste sur la nature brutale des événements. On se retrouve ainsi avec une équipe de soldats américains durant la fameuse bataille de Guadalcanal dans le Pacifique en 1942. L’escadron devra lutter pendant sept jours aux attaques japonaises, mais également remettre de l’ordre en son propre sein partagé entre un chef tyrannique et un soldat impulsif qui, pour assurer sa survie, ne suivra jamais les ordres.

L’attaque Dura Sept Jours étonne par sa violence accrue et viscérale pour l’époque où il est tourné.

L’attaque Dura Sept Jours étonne par sa violence accrue et viscérale pour l’époque où il est tourné. Bien loin des fresques incommensurables qu’il nous avait sorties avec Le Jour le Plus Long, Andrew Marton décide de mettre en avant une jungle hostile où les explosions font légion. La peur qui s’instaure alors est immédiate : il ne fait clairement pas bon vivre au sein même du commando de marines. Le réalisateur se penche sur les relations humaines, pourquoi l’homme fait-il la guerre ? Comment devient-on une machine à tuer ? Même si Kubrick tiendra un discours beaucoup plus poussif presque vingt ans après avec son Full Metal Jacket, force est de constater que la condition des soldats qu’on enrôle dans le but de détester l’ennemi pour diverses raisons était déjà bien présente. En ce sens, le film de Marton tire une force psychologique incroyable : les soldats savent pertinemment qu’il n’y a aucune issue, et pourtant, malgré la peur ambiante, leur haine conditionnée les pousse à toujours revenir à la charge. Le problème est pris à bras le corps puisque la quête initiale du film reste tout de même très pauvre : aller tuer du japonais ! L’attaque Dura Sept Jours fait partie de ces rares films de guerre (surtout antérieurs aux années 80) où le discours n’est pas avili par et pour la grandeur et la gloire de l’Amérique. Les monstres qui s’entretuent à l’écran se trouvent des deux côtés des lignes ennemies d’où la métaphore retenue dans le titre original, The Thin Red Line (La Mince Ligne Rouge) qui représente la métaphore du peu d’humanité qu’il reste chez ces hommes. C’est d’ailleurs de cette idée que se construira le film de Malick en 1998 et c’est pour cela que les deux visions des deux films se complètent parfaitement : l’histoire est la même, mais est réfléchie différemment.

Andrew Marton emboite le pas sur tous les autres films modernes qui traiteront de la dureté psychologique de la guerre.

Andrew Marton sert son film comme une grande et longue bataille de sept jours. Pour sûr que le réalisme des combats est sidérant. Soulevé par une bande originale aussi puissante qu’inquiétante, L’attaque Dura Sept Jours s’impose comme une fresque virulente d’une bataille sanglante dont on continue encore de soulever la cruauté dans les cours d’Histoire aujourd’hui. N’omettons pas de mentionner un casting irréprochable. Le grand Jack Warden habite l’image de son impérialisme de chef sans cœur. À des années-lumière du trublion jouant dans des comédies de bas étages, malgré notre amour pour ceux-ci (Junior le Terrible, Dirty Work), qu’il fut sur la fin de sa carrière, il y a l’ombre du futur sergent instructeur de chez Kubrick qui plane au-dessus de lui. Il en fait délibérément baver à ses soldats afin qu’ils n’aient pas peur de la mort qui les guette. Devenant une caricature de ses propos, son affrontement avec le soldat Doll rend les rapports humains du film totalement bestiaux. Ce soldat, campé par un bluffant Keir Dullea, se bat dans l’unique but de pouvoir retrouver sa femme restée au pays. On retiendra la scène où il tuera bestialement un soldat japonais à mains nues où ses yeux se rempliront de rage. Il comprend alors l’instinct de survie, mais n’admet toujours pas l’idée de génocide défendu par son chef. On se retrouve alors devant un soldat devant se confronter aux horreurs de la guerre bien malgré lui. Cette scène clé, survenant à la fin du premier acte du film, imprimera une image forte dans la mémoire du spectateur. Ce visage haineux et inhumain, appuyé par un score terrifiant, est à glacer le sang. Cette simple image, qui s’appuie d’ailleurs en plein milieu de l’affiche originale du film, concentre clairement l’un des idéaux principaux défendus dans le film : l’homme s’est vu accorder la vie, il peut la reprendre, peu importe ses convictions. L’attaque Dura Sept Jours est un tour de force manichéen dont il sera impossible de s’en relever, d’où les traumatismes post-guerre très souvent évoqués par les soldats.

L’attaque Dura Sept Jours permet à Andrew Marton d’emboiter le pas sur tous les autres films modernes qui traiteront de la dureté psychologique de la guerre (Platoon, Outrages, Jarhead, Full Metal Jacket). Le casting est impressionnant de vérité et les batailles d’une violence inouïe pour son époque. Une (probable) pierre angulaire peu (re)connue désormais disponible dans la collection Hollywood Legends en DVD.

Informations

Détails du Film L'attaque Dura Sept Jours (The Thin Red Line)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Guerre
Version Cinéma Durée 95 '
Sortie 27/01/1965 Reprise -
Réalisateur Andrew Marton Compositeur Malcolm Arnold
Casting Keir Dullea - Jack Warden - James Philbrook - Ray Daley - Kieron Moore
Synopsis Durant la Seconde Guerre mondiale, un commando de marines affronte un bataillon japonais sur l'île de Guadalcanal. Alors que leurs camarades meurent jour après jour, le soldat Doll et le chef Welsh se confondent en divergences sur l'importance du conflit.

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