Critique Conjuring : les dossiers Warren (The Conjuring)

Conjuring : les dossiers Warren
The Conjuring de James Wan offre le travail le plus abouti du réalisateur à jour. Véritable film d'épouvante qui joue sur vos peurs les plus enfantines, il vous tient crispé sur votre siège du début à la fin.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

A 36 ans, James Wan a tout d’un grand réalisateur. C’est un véritable passionné du film de genre. Il a été l’instigateur d’une vague populaire des films dit « torture porn » en 2004 avec Saw. Il a toujours été attiré par les vieux films d’épouvante, Poltergeist en tête. Son univers emprunte énormément de codes au monde gothique, chose qu’il prouvera avec son film Dead Silence. Mais James Wan n’en restera pas à ce coup d’essai. Après une brève digression de genre avec le très appréciable Death Sentence et fort d’une notoriété respectée par les fans, il récidive en 2010 avec Insidious avec lequel il a confirmé qu’il était bel et bien un réalisateur à suivre. Ce qui nous amène à son dernier film : The Conjuring.

Des flash-back, une poupée, un esprit…il n’y a pas de doute, nous sommes bien devant une oeuvre de James Wan.

Des flash-back, une poupée, un esprit…il n’y a pas de doute, nous sommes bien devant une oeuvre de James Wan. Le film nous plonge d’emblée dans son univers. Il instaure un climat pesant et angoissant dès son ouverture. L’image est extrêmement bien travaillée jouant à merveille sur des nuances sombres afin de nourrir les phobies du spectateur. Et visiblement la sauce prend assez vite, il suffisait de constater les nombreux sursauts dans la salle dès les cinq premières minutes. L’intrigue se déroule durant les années 70 et il faut bien avouer que les reconstitutions d’époques sont minutieuses et extrêmement fidèles. Enregistrez le film sur une vieille VHS et vous peinerez à croire qu’il a été tourné il y a un an. Il y a toujours un élément qui vient nous rappeler l’époque dans laquelle se déroule l’histoire. Tous ces détails donnent un réalisme au film non négligeable, on y croit, on y croit vraiment !

James Wan s’amuse à nous sortir des plans séquence à tout va mais redoutablement efficaces. Il suffit de voir la scène d’emménagement de la famille où la caméra, fluide au plus haut point, nous fait visiter et découvrir la maison en même temps que la famille. C’est visuellement très beau et très propre, un véritable orgasme pour la pupille mais ne vous y trompez pas, si ces plans séquences mobiles vous plairont, vous haïrez les fixes. En effet, Wan joue de contrastes et, même en s'appropriant l'espace, il ne donne pas aux spectateurs les codes qu’il connaît et est habitué à voir. Lorsque la caméra s’arrête de bouger c’est qu’elle veut attirer toute notre attention sur un détail particulier de l’image et il est inutile de vous préciser que ce genre de manœuvre se déroule très souvent lors d’une scène effrayante. Il vous est alors impossible de détourner le regard au point que vous vous retrouver crispé sur votre siège à supplier que les personnages allument la lumière. La véritable force du film réside là-dedans : il fait resurgir nos peurs enfantines les plus enfouies. Avouez-le, qui n’a jamais eu peur du monstre sous le lit ? Dans le placard ? Dans la cave ? Le cinéma nippon sait très bien jouer avec les angoisses du spectateur en posant des ambiances volontairement lourdes, James Wan s’amuse exactement pareil avec nos nerfs ici et ce n’est pas pour nous déplaire. Précisons également que le film use de jump scare vraiment intéressant voire même intelligent pour une fois si bien que même un aficionado du genre pourra se faire avoir comme un bleu lors de certaines scènes. Cette tension qui monte crescendo gardera vos mains moites et mettra votre rythme cardiaque à rude épreuve jusque dans ses dernières secondes. Et si vous pensiez vous en sortir parce que vous connaissez la bande-annonce par cœur, que nenni !! Les scènes qui semblent s’enchaîner ne le sont pas du tout au sein du métrage permettant de vous surprendre en vous jetant encore une fois vers la peur de l’inconnu.

Le casting est vraiment parfait. Tous les acteurs sont impeccables même les cinq petites filles du couple. Il faut dire que lors du tournage, la véritable famille dont s’inspire le film était présente sur le plateau, peut-on parler de réminiscence cathartique ? Il faut sérieusement être fort mentalement pour retranscrire les événements horribles dont on a du faire face. Le casting, en plus d’avoir été parfaitement dirigé, ressemble beaucoup aux personnes sur lesquelles il se base. Pour le vérifier, le générique de fin se chargera de vous montrer des photos d’archives des Warren et de la famille Perron mais pas que ; vous y retrouverez également des clichés d’époque assez étrange qui témoignent d’une activité vraiment suspecte dans cette maison.

Si Saw avait instauré une mode « torture porn », Paranormal Activity est à l’origine de la mouvance des films de genre actuels, à savoir le found footage et les histoires de démons. Avec toute la pléiade de films sortis depuis, très peu voire aucuns (hormis peut être The Devil Inside), n'ont su arriver à la cheville du film de référence : L’exorciste. The Conjuring se place en tant qu’outsider le plus légitime.

The Conjuring se place en tant qu’outsider le plus légitime.

S’il ne rivalise pas avec L’exorciste, il le complète parfaitement. En effet, le film de William Friedkin s’attardait sur comment faire partir le démon du corps de son hôte. Le film de James Wan nous explique tout ce qu'il se passe auparavant. Nous savons comment un démon tourmente sa proie pendant des semaines avant de la posséder.

Vous l’aurez compris, The Conjuring est un véritable film d’épouvante qui joue avec la nostalgie des fictions sorties dans les années 70. Wan est un passionné et nous démontre tout son talent sur les presque deux heures du métrage. Le film a obtenu un succès considérable aux Etats-Unis si bien qu’une suite est déjà envisagée. Si l’on en croit la fin ici, il se pourrait peut être bien que le second volet nous dévoile l’enquête des Warren au sein de la maison hantée la plus connue de tous les temps, Amytiville. Si James Wan reste aux commandes du projet, nous pouvons être enfin en droit d’attendre un vrai bon film sur cette maison qui fascine encore aujourd’hui. Quand bien même si Wan a déclaré ne plus vouloir faire de films d'horreur, nous pouvons rêver, ce n'est pas interdit ! Quoiqu’il en soit, The Conjuring est le travail le plus abouti de Wan à ce jour. En parallèle, il a réalisé une suite à son film Insidious. Le plus souvent, lorsqu’un réalisateur travail sur deux projets en même temps, l’un des deux se retrouve bâclé et même s'il n'est pas du même génie que notre intéressé, on peut dire que l'essai a plutôt été transformé.

Informations

Détails du Film Conjuring : les dossiers Warren (The Conjuring)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Epouvante
Version Cinéma Durée 110 '
Sortie 21/08/2013 Reprise -
Réalisateur James Wan Compositeur Joseph Bishara
Casting Lili Taylor - Patrick Wilson - Vera Farmiga - Ron Livingston
Synopsis Avant Amityville, il y avait Harrisville. Conjuring : les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée. Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière…

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