Critique Scream

Scream
Scream fut une bombe dont les dommages collatéraux eurent un impact massif sur des générations de spectateurs. En ont découlé Halloween 20 ans après, Souviens-toi l’été dernier ou encore Urban Legend.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

1996, le cinéma d’exploitation horrifique est à l’agonie suite à des années d’épuisements et de pressage inutile virant à la débilité de franchise n’ayant plus rien à revendre. Halloween 6 sort en catimini réalisé par Joe Chapelle avec Paul Rudd, Massacre à la Tronçonneuse 4 voit Matthew McConaughey en redneck cul-de-jatte pourchassant la jeune Renée Zellweger dans les bois après un bal de promo. Loin d’être le moins bon film de la saga (il faut voir Leatherface : Massacre à la Tronçonneuse 3 pour s’en convaincre !), les adolescents et jeunes cinéphiles adeptes de frissons gratuits sont dépourvus de toutes péloches significatives, même Jason Voohrees est mort une bonne fois pour toutes.

C’était sans compter le maître de l’horreur, père fondateur du mythe Freddy Krueger, croquemitaine absolu hantant les cauchemars des enfants de cinéma et de la réalité par des longs métrages dantesques. Wes Craven revient à la vie et prend possession d’un scénario d’un jeune passionné de cinéma, Kevin Williamson, Scream. Alors dans le creux de la vague suite au flop du Vampire de Brooklyn avec Eddie Murphy, Wes Craven s’empare de ce scénario aux relents de slasher à la cible adolescente pour déverser toute son ironie et tourner le genre en dérision, catégorie de film ayant donné ses lettres de noblesse au réalisateur quinze ans auparavant.

Culte pour toute une génération !

Scream débute dans une maison reculée, Casey Becker (Drew Barrymore), une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s’apprête à regarder un film d’horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un homme la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d’horreur, celui-ci tuera son copain... Cette introduction rentre immédiatement dans l’histoire du cinéma. Loin encore de déployer son ironie certaine, Wes Craven met en scène l’introduction parfaite, le drame se dégageant de cette course poursuite vers la mort prenant à la gorge, et ce téléphone, objet crucial du film, sera l’instrument de la mort qui appel de l’au-delà. Car de ce gros plan sur le portable dans la main de Casey, traînée sur la pelouse par Ghostface baignant dans son sang, avec le thème en fond, pénètre toujours autant le corps après moult projections. Harnachée sur la balançoire, jamais le spectateur ne peut se remettre de cette séquence d’anthologie.

Woodsboro, ville chaleureuse dont les coups de couteau du tueur au masque de fantôme n’ont pas encore eu de résonance, on fait connaissance avec Sidney Prescott (Neve Campbell), image éternelle de cette saga culte, seule dans sa chambre le soir. Jeune fille frêle encore bouleversée par l’affreux meurtre de sa mère l’année passée, elle sera le pivot de toute l’histoire et les déclinaisons suivantes. Telle une Laurie Strode, très présente dans le film par les diffuses références à Halloween de John Carpenter, la jeune fille sera l’image du cinéma d’horreur 90'. Son combat face aux multiples Ghostface rentrera dans l’histoire, surtout le premier, l’original, histoire machiavélique sur des personnages se basant sur des références d’œuvres horrifiques du cinéma pour commettre leurs méfaits. De cette nouvelle projection, on pense sur le final à Funny Games dans cette folie froide et étrange se dégageant des tueurs, adeptes des images et de leurs contenus significatives. Wes Craven en fera tout autre, très loin d’un Haneke à la réflexion plus approfondie. Craven, de par son passé, tirera du récit de Kevin Williamson, une réflexion sur lui-même et le genre tout en entier. Après avoir donné sa carrière à l’horreur, Wes Craven souhaite prendre un tournant, réaliser des films plus terre-à-terre, revenir à du spectacle sage et plus grand public. Sortant tout juste de Freddy Sort de la Nuit et du Vampire à Brooklyn donc, le réalisateur est fatigué, se voit mettre en scène des films plus valorisants et penche déjà sur La Mélodie de mon Coeur (1999).

Scream dépoussière le genre slasher, le réanimant avec force et passion !

Scream sera son dernier tour de chauffe, la conclusion d’une filmographie horrifique faite de hauts et de bas, mais couronnée de gloire. Chant du cygne pour le réalisateur chevronné, Craven y placera toute sa verve ne prenant Scream que comme du vulgaire horreur grand-guignolesque. Ghostface est donc ce tueur s’agitant dans tous les sens. Incongru presque dans ses disparitions et ses apparitions (voir le meurtre du directeur), Craven jouera avec délectations de son tueur à la bouche de travers, sorte de tueur fantôme, pastiche des icônes cultes comme Jason ou Michael Myers. Pantin désarticulé, il sera le cauchemar des enfants le découvrant au premier degré, et le point central renvoyant à tout un pan du cinéma horrifique des années 70-80 pour des adultes le découvrant avec son 2e degré de lecture, procurant oppression, frisson et sourire dans ses apparitions mémorables.

Scream fut une bombe dont les dommages collatéraux eurent un impact massif sur des générations de spectateurs. En ont découlés Halloween : 20 Ans Après, Souviens-toi l’été dernier ou encore Urban Legend. Pour Wes Craven, ce fut un nouveau succès, une nouvelle consécration le poussant à oublier tout rêve de cinéma lambda pour servir d’orchestrateur à toute une saga dans une deuxième carrière de l’épouvante.

Informations

Détails du Film Scream
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Non censurée Durée 110 '
Sortie 16/07/1997 Reprise -
Réalisateur Wes Craven Compositeur Marco Beltrami
Casting Liev Schreiber - David Arquette - Neve Campbell - Courteney Cox - Rose McGowan - Drew Barrymore - Matthew Lillard - Skeet Ulrich
Synopsis Casey Becker, une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s'apprête à regarder un film d'horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d'horreur, celui-ci tuera son copain... Sidney Prescott sait qu'elle est l'une des victimes potentielles du tueur de Woodsboro. Celle-ci ne sait plus à qui faire confiance. Entre Billy, son petit ami, sa meilleure amie Tatum et son frère Dewey, ses copains de classe Stuart et Randy, la journaliste arriviste Gale Weathers et son caméraman Kenny qui traînent tout le temps dans les parages et son père toujours absent, qui se cache derrière le masque du tueur ?

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