Critique Le Pari (Draft Day)

Draft Day
Draft Day démontre qu’Ivan Reitman peut encore surprendre en cherchant perpétuellement comment insuffler un rythme efficace à son film. Si la forme est prenante, le fond se révélera bien moins intéressant.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Ivan Reitman est un nom qui parle. Réalisateur d’une filmographie ayant bercée la plupart des enfances de chacun avec des films comme S.O.S. Fantômes et sa suite, Jumeaux, Un Flic à la Maternelle ou encore Junior, c’est un monsieur pour lequel nous avons un plus grand respect. En déclin depuis la moitié des années 90, ne nous proposant que des films sympathiques, mais loin d’être transcendant, c’est toujours non sans une certaine impatience que nous attendons ses nouveaux films. Absent depuis un Sex Friends loin d’être bête, il nous revient cette année avec Draft Day. Film sur l’univers sportif s’il en est, ce dernier venu de chez Reitman s’adresse à l’Amérique fédératrice, celle qui fait le plus gros score d’audiences chaque année pour son Super Bowl, la rage des vainqueurs. Nous sommes à 12h du jour des transferts, Sonny Weaver Jr. est le manager des Buffalo Bills de Cleveland. A l’aube d’un tournant considérable de sa carrière, il va s’atteler à trouver la recrue la plus percutante pour son équipe et ainsi sauver, non seulement son poste de coach, mais également la gloire du club.

Draft Day se voit alors comme un film réducteur envers son auditoire malgré les jolies qualités qu’il tente de mettre en avant.

Il sera impossible de ne pas penser à L’enfer du Dimanche d’Oliver Stone avant de lancer la lecture du film. En effet, les revers du monde du football nous avaient été balayés sans concession en étant totalement habité par un Al Pacino transcendé. Il n’en sera rien, le film de Reitman se rapprochera plutôt du Stratège de Bennett Miller avec Brad Pitt, Jonah Hill et Philip Seymour Hoffman. Casting prestigieux pour un film qui avait su nous rendre l’univers du baseball attractif sans même jamais nous montrer une seule séquence de match. Reitman réitère l’essai de Miller ici dans le monde de la NFL (National Football League). Casting tout aussi attractif que chez son cousin de la terre battue, on y retrouve un Kevin Costner habité par ses tourments et sa soif de proposer le meilleur des avenirs à un club qui l’a vu grandir. Pour l’épauler, le reste du casting demeure pour le moins canon : Jennifer Garner, Tom Welling, Terry Crews, Rosanna Arquette ou encore Ellen Burstyn. Seulement, là où Le Stratège étonnait par son approche instructive qui parlait même aux non-initiés du baseball, Reitman adresse son film aux passionnés du football, à ceux qui s’intéressent à l’envers du décor. Ainsi le jargon technique employé peut perdre. Draft Day se voit alors comme un film réducteur envers son auditoire malgré les jolies qualités qu’il tente de mettre en avant. On le sent et c’est évident que Reitman est un passionné de ce sport. Il porte totalement son amour à la gloire de l’équipe de Cleveland. Pour un public français lambda, le film n’aura forcément pas l’effet escompté. A contrario, c’est comme si nous faisions un film à la gloire d’une petite équipe de football française pendant le mercato. Quand bien même, c’est les failles du système que dénonce Reitman où comment il démontre que les joueurs ne sont vus que comme des pions qu’on déplace impunément, on ne peut s’empêcher de rester en retrait.

On appréciera toutefois une réalisation solide et un montage nerveux.

On appréciera toutefois une réalisation solide et un montage nerveux insufflant un rythme constant à Draft Day. La magnificence de plusieurs villes emblématiques des États-Unis avec leurs magnifiques stades est embellie de manière somptueuse. Ivan Reitman étale tout un patrimoine culturel et sportif dans ce qu’il de plus grand, des formations de jeunes recrues à l’école jusqu'à leur déclin de fin de carrière. Il manque juste peut-être une rage de vaincre qui habitait Pacino dans le film de Stone. Costner se révèlera plus être un stratège appuyant une pression psychologique pour qu’on lui cède les meilleurs choix qu’un leader impulsif imposant ses idées envers et contre tous. On notera également une manière de traiter le split screen (écran divisé) très intelligente. En effet, Reitman démontre comment les managers extérieurs viennent empiéter sur le monde du personnage de Costner. Les personnages sortent des cadres délimités par les split screen, gardant, d’une manière générale, ce rythme effréné que nous soulevions plus haut. Dommage vraiment que les propos laisseront de marbre toutes les personnes ne s’intéressants pas au football américain.

Draft Day démontre qu’Ivan Reitman peut encore surprendre en cherchant perpétuellement comment insuffler un rythme efficace à son film. Si la forme est prenante, le fond se révélera bien moins intéressant. Réduisant ses propos pour un public presque exclusivement américain et amateur de football, il met à l’écart le reste du monde qui préférera s’en aller (re)voir Le Stratège que de revenir sur son film un jour. C’est franchement dommage, le potentiel était là pourtant…

Informations

Détails du Film Le Pari (Draft Day)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Direct To Video Durée 110 '
Sortie 11/02/2015 Reprise -
Réalisateur Ivan Reitman Compositeur John Debney
Casting Kevin Costner - Jennifer Garner - Ellen Burstyn - Rosanna Arquette - Terry Crews - Chadwick Boseman - Tom Welling
Synopsis Pendant la draft NFL (Ligue de Football Américain), le manager des Buffalo Bills cherche à obtenir le premier choix pour son club.

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