Critique L'exorciste - Version Longue (The Exorcist - Director's Cut)

L'exorciste - Version Longue
En 1973, William Friedkin est un réalisateur impertinent et sûr de sa personne. Auréolé d’un oscar en tant que Meilleur Réalisateur pour French Connection en 1971, qui remporte dans la foulée celui de Meilleur Film et Meilleur Scénario, William...

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

En 1973, William Friedkin est un réalisateur impertinent et sûr de sa personne. Auréolé d’un oscar en tant que Meilleur Réalisateur pour French Connection en 1971, qui remporte dans la foulée celui de Meilleur Film et Meilleur Scénario, William Friedkin se voit proposer de mettre en scène l’adaptation d’un roman à succès, L’Exorciste, écrit par William Peter Blatty. Soutenu par l’auteur lui-même, le réalisateur oscarisé passe avec une facilité fascinante du polar au fantastique. Cinéaste touche-à-tout, jamais il ne sera ce faiseur tombant dans la complaisance.

William Friedkin, encore jeune réalisateur, est un artiste impertinent, voire arrogant. Arrogant dans le bon sens du terme, car volubile dans sa façon de capter cette commande et d’en faire une œuvre à part entière. Prenant chair dans une histoire fascinante, Friedkin ne tourne jamais L’Exorciste dans l’extrémité et le superflu d’effets spéciaux propres à choquer le public qui ne demande finalement que cela. L’Exorciste est, dans la même mesure que Massacre à la Tronçonneuse, pris dans les tourments d’une époque goûtant les joies de la liberté artistique. Des œuvres qui arrivent de toutes parts, prêtes à choquer le quidam propret dans ses valeurs familiales. Fini le cinéma de producteurs vendant le rêve américain, des artistes émergents comme Georges A. Romero, Tobe Hooper, Steven Spielberg ou John Carpenter éclatent les codes avec des monstres aptes à devenir cultes pour des générations à venir. Pour William Friedkin, cette image sera Regan MacNeill, jeune enfant de 12 ans dont le corps en mutation se voit possédé par un démon. Mais ce démon, sous l’oeil avisé de Friedkin, mettra du temps à prendre possession de l’écran. De son œil avisé, l’auteur mettra en scène l’établissement des personnages principaux pour l’accroche empathique du spectateur vers eux. Ellen Burstyn trouvera alors ce rôle d’actrice star de cinéma, mère de Regan, prise dans le tourment des affres démoniaques autour de sa fille. Jouant tout au long du film sur l’évolution émotionnelle de cette femme qui, au fur et à mesure que sa fille s’inflige des sévices de toutes sortes, perd totalement pied, allant demander de l’aide à la sainte mère l’église pour retrouver son enfant innocent. De cette même et longue présentation, le père Karras s’identifiera à nous comme un prêtre borderline, fumeur et alcoolique, dans un souci constant pour sa chère mère. Des détails qui referont brillamment surface dans un final oppressant et hystérique, le fantastique laissant le drame envahir L’Exorciste, véritable composition du film.

Un phénomène historique du 7ème art.

Tout en filmant une histoire fantastique, William Friedkin s’oriente vers une approche réaliste et propose un regard contemplatif d’un phénomène fantasmagorique. Ainsi lors des premiers avènements de la possession de Regan, ce seront les médecins qui se pencheront par dizaines sur son cas, simple fait de l’arrivée de l’adolescence et de ses effets pour l’un, puis des analyses approfondies de son cerveau pour les suivants. Avant de proposer et de lâcher son film dans les méandres chimériques de la frénésie dans son dernier quart, Friedkin se rend astucieux d’ancrer son spectateur dans un quotidien banal, d’une réflexion et un agissement presque communs à tous parents. Alors quand la réponse est ailleurs, William Friedkin lâche la brume qui s’étale dans la lueur des phares d’un taxi qui se gare devant chez les MacNeill.

L'Exorciste est une oeuvre marquante, imprimant vos cauchemars d'images subliminales, crades et choquantes. CULTE !

40 ans après la sortie originale de ce chef d’œuvre du fantastique, William Friedkin arrive encore à toucher et donner sens à une horreur bouffant cette enfant chaste. Avec ce regard d’une intelligence propre à tout grand metteur en scène ayant fait évoluer le 7ème art, William Friedkin se place dignement comme un avant-gardiste talentueux. Un visionnaire dont le cinéma éclectique et populaire dans les genres entamés font que son cinéma, 40 ans après, est toujours autant respecté et savouré. C’est avec une certaine humilité que, dans les balbutiements du nouveau millénaire, William Friedkin, sous l’impulsion de William Peter Blatty reviendra sur sa version de base. En 1974, lorsque L’Exorciste sort sur les écrans prêt à choquer un public virginal, le réalisateur a fait quelques coupes dans son film. Sur les conseils avisés à l’époque de son directeur de production, John Calley, William Friedkin dynamise son film en expédiant quelques explications et trucages nuisant à la qualité du film. N’en déplaise à l’auteur de l’histoire original, en l’an 2000, William Peter Blatty et William Friedkin réinvestissent les salles de montages de la Warner, Blatty jugeant bon à notre époque de revoir ces fameuses scènes coupées. Du bon vouloir du metteur en scène pour le scénariste, ils réintègrent les scènes adéquates à une restauration. Alors naît la version « The Version You'Ve Never Seen  », complément d’un film déjà culte et validé par le réalisateur. Cette nouvelle version, plus à mettre au crédit de William Peter Blatty, verra la discussion sur les origines du mal et le choix de Regan dans sa possession entre les deux prêtres dans les escaliers réapparaître, la scène de « l’araignée  » crédibilisée par les techniques nouvelles de trucage, des images subliminales apparaître tout au long du film du démon en question instaurant une oppression plus palpable et des échanges plus précis entre Ellen Burstyn et les médecins. Aussi après le départ de la famille de Washington, l’inspecteur incarné par Lee Cobb conclura le long-métrage par une discussion avec l’ami du père Karras, lui demandant s’il veut aller au cinéma avec lui, et sous-jacent s’il avait compris ce qu’il venait de se passer. De par ses sous-entendus fleurissants à chacune de ses apparitions, l’inspecteur repartira bredouille et le film de se finir dans le quotidien commun pour tout le monde.

Informations

Détails du Film L'exorciste - Version Longue (The Exorcist - Director's Cut)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Horreur
Version Longue Durée 133 '
Sortie 14/03/2001 Reprise -
Réalisateur William Friedkin Compositeur Mike Oldfield
Casting Max von Sydow - Linda Blair - Jason Miller - Ellen Burstyn
Synopsis En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d'une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s'ensuivent. Parallèlement, à Washington, la maison de l'actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge. Quelques jours plus tard, une réception organisée par Chris est troublée par l'arrivée de Regan, qui profère des menaces de mort à l'encontre du réalisateur Burke Dennings. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l'adolescente devient méconnaissable. Chris fait appel à un exorciste. L'Eglise autorise le Père Damien Karras à officier en compagnie du Père Merrin. Une dramatique épreuve de force s'engage alors pour libérer Regan. Version Longue de l’œuvre de 1973 agrémentée de onze minutes supplémentaires incluant notamment la scène de l'araignée!

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