Critique The Two Faces of January

The Two Faces of January
The Two Faces of January impose un grand Viggo Mortensen dans un univers hitchcockien qui manque d’un peu d’assaisonnement pour rendre le tout véritablement succulent. Hossein Amini prouve qu’il peut et sait mettre en scène, ne reste plus qu’à...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Premier long métrage du scénariste iranien Hossein Amini, qui avait signé les scénarii de Drive, Blanche-Neige et le Chasseur ou encore 47 Ronin, The Two Faces of January nous envoie en Grèce en 1962. On y fait la connaissance d’un couple de touristes américains, visiblement fortunés, qui seront contraints de demander l’aide d’un guide touristique américain travaillant dans le pays afin de s’y extrader. En effet, le mari MacFarland doit une grosse somme d’argent à des clients prêts à tout, y compris la mort, pour le récupérer. C’est ainsi qu’un triangle amoureux prendra naissance dans un conglomérat de faux-semblants.

La tension palpable du début s’estompe progressivement pour laisser place à un ennui profond.

The Two Faces of January séduit par sa simplicité de reconstitution d’une époque pas si lointaine. Amenant un trio d’acteurs charismatique en les personnes de Viggo Mortensen, Kirsten Dunst et Oscar Isaac, tout est réuni pour nous assurer une séance de haute volée. Si les éléments clés de l’intrigue se mettent en place efficacement dans ses vingt premières minutes, force est de constater qu’il en retourne un film relativement creux. Le défaut majeur inhérent à The Two Faces of January est son incapacité de réussir à élever ses propos au-delà des très bonnes questions qu’il soulève. D’un road movie forcé suite au conditionnement du couple contraint de se cacher, on se retrouve avec des personnages qui spéculent sans arrêt sur qui remportera les beaux yeux de Kirsten Dunst. La tension palpable du début s’estompe progressivement pour laisser place à un ennui profond. Certes, la Grèce est transcendée par les caméras d’Amini, mais de jolis décors ne font pas un film. C’est dommage, car la bande originale, excellente au demeurant, nous rappellera les joyeuses tensions qu’on retrouve dans un bon Hitchcock. Amini nourrit un malaise qu’on sent pertinemment, mais qu’on ne comprend pas. Pourquoi faire de ce semblant d’arnaque un film sur la jalousie et les travers de celle-ci chez l’homme ? S’il a nettement sa place, on sent que le personnage de Mortensen a clairement des reproches à se faire, ce conciliabule destructeur aurait gagné en intensité s’il avait été mis en relation avec les poursuivants du couple. Le fait de ne jamais montrer qui en veut au couple et de s’attarder sur les psychoses du mari sont de bonnes idées, il manque juste un élément essentiel pour relier le tout, une idée ou un personnage qui aurait apporté la petite cerise sur le gâteau.

The Two Faces of January impose un grand Viggo Mortensen dans un univers hitchcockien qui manque d’un peu d’assaisonnement pour rendre le tout véritablement succulent.

Le casting reste tout de même implacable, Viggo Mortensen en tête. Basculant son personnage dans une folie progressive, il transpire la maniaquerie à l’état brute. Amenant Kirsten Dunst et Oscar Isaac à s’aligner sur sa prestation hallucinante, les comédiens assurent une belle dominance et permet de nous tenir en haleine malgré le manque évidant de profondeur du scénario. L’heure de film, déterminante, daigne enfin faire basculer l’intrigue vers une nouvelle dimension. Malheureusement, Amini répète son erreur, il suggère un renouveau total pour ses héros, de quoi élever son film au rang des meilleurs thrillers policiers existants, mais n’en fera rien, à l’image en tout cas. Une fois encore, le cadre, l’ambiance, les acteurs et la musique sont au rendez-vous, mais pas le scénario. Amini se fourvoie dans ses intentions de bien faire. Alors oui, il sait réaliser. Il construit ses lignes d’écriture de façon à rendre le visuel propre et agréable, ne manque juste que la finition. Tout ceci reste pardonnable compte tenu du fait que c’est son premier essai. The Two Faces of January aurait pu le faire rentrer en trombe parmi les plus grands, il faudra redoubler d’effort pour y arriver. Ne reste qu’un film aux intentions singulières, avec un casting qui assure parfaitement le job, un compositeur inspiré, mais un souvenir douloureusement périssable une fois le générique de fin apparut.

The Two Faces of January impose un grand Viggo Mortensen dans un univers hitchcockien qui manque d’un peu d’assaisonnement pour rendre le tout véritablement succulent. Hossein Amini prouve qu’il peut et sait mettre en scène, ne reste plus qu’à consolider ses acquis et ne pas répéter les mêmes erreurs pour la suite et nul doute que le bonhomme saura nous sortir un grand film.

Informations

Détails du Film The Two Faces of January
Origine Etats Unis - France - Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller
Version Cinéma Durée 97 '
Sortie 18/06/2014 Reprise -
Réalisateur Hossein Amini Compositeur Alberto Iglesias
Casting Viggo Mortensen - Oscar Isaac - Kirsten Dunst - David Warshofsky - Daisy Bevan - Yigit Ozsener
Synopsis 1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre.

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