Critique Annabelle

Annabelle
Annabelle est la preuve formelle que lorsqu’on n’a rien à dire, on ferait mieux de s’abstenir plutôt que de prendre sévèrement les gens pour des jambons. John R. Leonetti est un réalisateur sans aucune vision, sans aucune patte créative. Qu’il...

Verdict Note : Monumentale Erreur ! Monumentale Erreur !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Fort du succès de The Conjuring et de son ouverture emblématique et foudroyante sur la fameuse poupée Annabelle, il ne fallut pas plus d’un an pour qu’on nous ponde un spin-off sur cette dernière. John et Mia attendent un heureux événement. Un soir, la fille disparue de leurs voisins refait surface et tue de sang-froid ses parents avant de s’en prendre à nos deux tourtereaux. Elle y laissera la vie, prenant bien soin de maudire une poupée de collection appartenant à Mia. C’est ainsi que commence la mythologie d’Annabelle, la fameuse poupée. Réticent à l’idée de passer plus d’une heure et demie avec un personnage dont nous connaissions déjà les très grandes lignes de son histoire, et malgré nos prémonitions certaines concernant l’intérêt cinématographique du projet qui ne nous emballait guère même après sa bande-annonce non séduisante, nous avons tenté l’aventure Annabelle.

Ce film est une catastrophe !

Bien mal nous en a pris, ce film est une catastrophe ! Annabelle est d’un soporifique assommant avec un casting insipide à la réalisation mollassonne et aux effets effrayants d’une paresse invraisemblable. Tout, absolument tout, est à jeter dans cette déjection qui supplante le box-office américain actuellement. La réalisation est confiée à John R. Leonetti, directeur de la photographie sur des œuvres du genre qui ont marqué ces dernières années comme Insidious ou The Conjuring, mais également réalisateur, ne l’oublions pas, des archi-mauvais Mortal Kombat : Destruction Finale et L’effet Papillon 2. Si le bonhomme sait créer des ambiances sur commande, force est de constater qu’il navigue complètement à l’aveugle lorsqu’il se retrouve tout seul, n’est pas réalisateur qui le veut ! La première partie du film en témoigne le mieux, essayant de reproduire le boulot que James Wan lui a demandé pour The Conjuring, il se lance dans une multitude de plans-séquences d’une technicité à vomir. L’image est floue, instable et digne d’un premier essai en école de cinéma. Autant irregardable que téléphoné, aucune tension n’émane de l’ambiance souhaitée. D’ailleurs, nous parlons d’ambiance, mais il n’y en a vraiment pas. Les reconstitutions d’époque sont bâclées, l’image tendant vers un sépia qui nous avait séduit l’année dernière n’est plus : tout est trop lisse, rien de bien enivrant. Qu’à cela ne tienne, le casting peut relever le niveau. Et de ce point de vue là, ça pêche encore plus. Tous les acteurs sont d’une incroyable insipidité. Le couple de héros, parfaits modèles de l’American Way of Life, est d’une lourdeur accablante. Le seul éblouissement qui émanera d’eux proviendra des dents incroyablement blanches de Ward Horton, patient rêvé par tous les chirurgiens-dentistes ! Annabelle Wallis est agaçante. Jamais la terreur n’aura été aussi risible dans les yeux d’un acteur, pas une seule seconde nous ne sentirons le danger qui la guette. Il faudrait peut-être se mettre dans le crâne que hurler à tout va ne suffit pas à effrayer l’auditoire ! Et la poupée dans tout ça ? On y arrive.

Le degré zéro de la création artistique atteint des sommets.

Annabelle n’est qu’un prétexte, un élément déclencheur pour une histoire lourdement plagiée sur ses pères. Sa présence à l’écran devient alors anecdotique si bien qu’on l’oublie pendant une bonne moitié du métrage, se surprenant à la voir réapparaître de temps en temps. Nous n’apprenons rien de bien intéressant à son égard, ce qui nous a confirmé nos craintes quant à l’intérêt d’un tel projet : il n’y avait rien à raconter de plus ! Si bien que Leonetti va pomper dans tout ce qu’il s’est fait de mieux dans le genre depuis des années pour essayer de donner un soupçon d’intérêt à son film, et la liste est très longue : L’exorciste, Rosemary’s Baby (John et Mia = John Cassavetes et Mia Farrow), Massacre à la Tronçonneuse, Halloween, S.O.S Fantômes, Jeu d’Enfant (pauvre Chucky, ils ont violé ton âme !), Dead Silence, L'enfant du Cauchemar et surtout Insidious. Annabelle copie sans vergogne le film de James Wan nous redonnant exactement les mêmes situations : la mère hantée dans sa maison qui ordonne de déménager, les bruits étranges qui reviennent dans le nouvel appartement, les enfants spectres qui la tourmentent, le bébé en ligne de mire, le démon qui veut son âme. À un moment donné, le doute n’est plus permis : on se fout complètement de notre gueule ! Pompe à fric en puissance qui surfe sur un succès indépendant qui a clairement bien marché, le degré zéro de la création artistique atteint des sommets. Et même le travail sonore ne pourra pas nous consoler : il n’y en a pas ! Quelques violons par-ci par-là (encore pompé à Insidious d’ailleurs), Joseph Bishara s’efface totalement dans ce néant sans fond pour nous assourdir d’infrabasses en guise de jump-scare totalement foirés. Pour sûr que les sièges ont tremblé, nos paupières aussi, luttant pour ne pas se fermer. N’allez pas gaspiller votre argent à vous payer une sieste ponctuée par des hurlements d’une blondasse caractérielle qui tremble devant une poupée inanimée. Car oui, Annabelle ne bouge jamais ! Épargnez-vous les interminables gros plans sur cette dernière et ressortez-vous ce bon vieux Conjuring de votre collection vidéo.

Annabelle est la preuve formelle que lorsqu’on n’a rien à dire, on ferait mieux de s’abstenir plutôt que de prendre sévèrement les gens pour des jambons. John R. Leonetti est un réalisateur sans aucune vision, sans aucune patte créative. Qu’il reste derrière une caméra et commandé par des gens talentueux, ça vaudra mieux pour tout le monde. L’affiche disait « limite traumatisant »…traumatisant de tristesse oui !

Informations

Détails du Film Annabelle
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 98 '
Sortie 08/10/2014 Reprise -
Réalisateur John R. Leonetti Compositeur Joseph Bishara
Casting Alfre Woodard - Annabelle Wallis - Ward Horton - Eric Ladin - Tony Amendola - Brian Howe - Shiloh Nelson - Richard Allan Jones
Synopsis John Form est certain d'avoir déniché le cadeau de ses rêves pour sa femme Mia, qui attend un enfant. Il s'agit d'une poupée ancienne, très rare, habillée dans une robe de mariée d'un blanc immaculé. Mais Mia, d'abord ravie par son cadeau, va vite déchanter. Une nuit, les membres d'une secte satanique s'introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple, paniqué. Et ils ne se contentent pas de faire couler le sang et de semer la terreur – ils donnent vie à une créature monstrueuse, pire encore que leurs sinistres méfaits, permettant aux âmes damnées de revenir sur Terre : Annabelle.

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