Critique Dracula Untold

Dracula Untold
Dracula Untold est un divertissement correct. Gary Shore signe un premier film, certes, aseptisé dans un moule beaucoup trop étriqué pour laisser exprimer le moindre signe de créativité artistique, mais qui se regarde sans vraiment trop rechigner....

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Premier long métrage de Gary Shore, Dracula Untold s’inscrit dans une mouvance de films de genre actuel où l’idée de revenir aux origines de personnages célèbres se fait de plus en plus sentir. Personnage iconique connu de tous, illustré mainte et mainte fois au cinéma, le film nous raconte comment le comte Dracula, autrefois Vlad l’Empaleur, a sacrifié sa vie de mortel afin de sauver son peuple de la tyrannie de l’Empire ottoman. Retour sur les terres de Transylvanie au milieu du XIIIe siècle…

Dracula Untold se veut être un divertissement familial. Quelle grossière erreur !

Grosse production, diffusée en IMAX dans les salles équipées, Dracula Untold n’est pas foncièrement un mauvais film, il n’est pas excellent non plus. Étant vite résigné à comprendre que nous n’aurons pas un film où les « children of the night » chers à Béla Lugosi seront les stars, nous nous embarquons dans une épopée, que nous espérons épique. Seulement, le constat est là : c’est beaucoup trop lisse ! Dans l’idée de surfer sur la furie des 300, Gary Shore essaie de recréer la verve des batailles spartiates sans en avoir compris réellement l’essence qui pousse le spectateur à aller voir ce genre de film. L’initiation du jeune Vlad à ses nouveaux pouvoirs ne semble pas vraiment intéresser le jeune réalisateur. Ce qui aurait dû être la force scénaristique du film est survolé pour vite concentrer son personnage au milieu d’une guerre qui dépasse tout être humain. Par-delà son aspect divertissant tout de même présent, le personnage de Vlad nous est montré sous son meilleur jour. Le rapprochement avec le Dracula de Coppola s’en fera d’ailleurs sentir puisque le final que le film s’offre y fait clairement écho, mais nous reviendrons dessus un peu plus bas. Les effets visuels sont plutôt rondement bien menés. Seulement, à trop vouloir verser dans le spectaculaire grandiloquent, Gary Shore fatigue le spectateur et la projection IMAX devient fatigante notamment du point de vue sonore. Les actions se noient sous une avalanche de saturations sonores où notre siège tremble inlassablement au rythme des nombreuses infrabasses et les aigus sont poussés à l’extrême, attaquant nerveusement nos tympans si bien que nous fûmes contraints de boucher nos oreilles à plusieurs reprises dans l’espoir de sauvegarder notre ouïe.

Pour ce qui est d’en apprendre sur le passé du personnage, on repassera, on ne voit rien qu’on ne savait déjà !

Côté casting, il n’y a rien de bien transcendant non plus. Luke Evans reste vraiment beaucoup trop académique. Il n’arrive pas à avoir la profondeur émotive d’un Gary Oldman ni même une aura dans sa posture glaciale que pouvaient inculquer les Christopher Lee et autres Béla Lugosi. L’Empaleur fait pâle figure dans l’adversité, on doute sérieusement de son passé barbare. La faute à une étiquette PG-13 qui colle à la peau du film : Dracula Untold se veut être un divertissement familial. Quelle grossière erreur ! Peu, voire pas, de sang à l’écran, le comte Dracula devient une icône bien-pensante propice à faire vendre des produits dérivés aux gamins de 12 ans. Autre coup foiré, l’utilisation du maître vampire. Sa présence et son mythe intrigue, Charles Dance est impressionnant. Pourquoi choisir de l’évincer pour, finalement, ne le retrouver qu’en épilogue ? On en revient alors justement avec la juxtaposition d’une scène très ressemblante chez Coppola : la rencontre avec Mia sur une place. Sans en avoir la même symbiose émotionnelle, il y a surtout un cliffhanger presque forcé qui nous fait sortir de la salle avec cette unique idée en tête : Dracula Untold n’est qu’une excuse, un prétexte pour nous servir une possible future autre adaptation de l’œuvre de Bram Stoker. Et malheureusement c’est ce qui rend tous les propos fortement biaisés, l’ensemble de l’intrigue vouée à nous raconter les origines du personnage fait clairement office de désintéressement total chez les producteurs. S’ils voulaient mesurer la cote de popularité du fameux vampire, c’est réussi, les gens iront le voir sans problème. Pour ce qui est d’en apprendre sur le passé du personnage, on repassera, on ne voit rien qu’on ne savait déjà !

Dracula Untold est un divertissement correct. Gary Shore signe un premier film, certes, aseptisé dans un moule beaucoup trop étriqué pour laisser exprimer le moindre signe de créativité artistique, mais qui se regarde sans vraiment trop rechigner. On regrettera surtout l’immense promotion pour amorcer un possible futur film sur Dracula qui, s’il se fait, aura la décence, espérons-le, de nous montrer de vrais suceurs de sang !

Informations

Détails du Film Dracula Untold
Origine Etats Unis Signalétique Sensibilité Spectateurs
Catégorie Film Genre Action - Horreur - Fantastique
Version Cinéma Durée 92 '
Sortie 01/10/2014 Reprise -
Réalisateur Gary Shore Compositeur Ramin Djawadi
Casting Charles Dance - Dominic Cooper - Luke Evans - Sarah Gadon - Samantha Barks - Art Parkinson - Paul Kaye
Synopsis L’histoire débute en 1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie et de son épouse bien-aimée Mirena. Ensemble, ils ont négocié la paix et la protection de leur peuple avec le puissant Empire ottoman dont la domination ne cesse de s’étendre en Europe de l’Est. Mais quand le sultan Mehmet II demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, Ingeras, soient arrachés à leur famille pour venir grossir les rangs de l’armée turque, le prince doit faire un choix : abandonner son fils au sultan, comme son père l’a fait avant lui, ou faire appel à une créature obscure pour combattre les Turcs et par là même assujettir son âme à la servitude éternelle. Vlad se rend au pic de la Dent Brisée où il rencontre un abject démon et conclut un accord faustien avec lui : il acquerra la force de 100 hommes, la rapidité d’une étoile filante et les pouvoirs nécessaires pour anéantir ses ennemis, en l’échange de quoi, il sera accablé d’une insatiable soif de sang humain. S’il parvient à y résister pendant trois jours, Vlad redeviendra lui-même, et sera à même de continuer à protéger et gouverner son peuple, mais s’il cède à la tentation, il entrera le monde des ténèbres pour le restant de ses jours, condamné à se nourrir de sang humain et à perdre et détruire tout ce et ceux qui lui sont chers.

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