Critique Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre)

Massacre à la tronçonneuse
Une œuvre psychédélique et bien plus maligne que le simple film d’horreur qui fait peur.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Jeune enfant arborant les prémices rougeâtres de l’adolescence sur notre visage, l’excitation de l’interdit monte en nous comme la sève chez un arbre au balbutiement de l’éveil con. Cette peur de l’interdit, cette envie irrémédiable d’enfreindre les lois parentales pour atteindre l’orgasme adrénalique que procure cette vision de l’étrange pornographique et horrifique. Les étagères de papa sont fouillées de long en large, après que celles de papy, jeune cinéphile brassant large, aient été dépourvues des titres les plus étranges et hystériques. L’horreur se mêle au porno avec aisance et décontraction, la perspective de s’enfermer dans le grenier équipé avec le plaisir de se faire peur étant bien plus intéressant que le plaisir de se palucher avec la reine 5 doigts en groupe. Massacre à la tronçonneuse apparaît alors comme le titre ambivalent entre attraction et rejet. La VHS s’infiltre parfaitement dans le magnétoscope comme la troupe jouxtant l’écran dans les couettes mises à disposition.

L’air chaud transpire de la télévision, Massacre à la Tronçonneuse ne sera jamais ce titre que l’on verra sur grand écran. Loin de nous l’idée encore de se retrouver dans le Grand Rex, un soir de 23 septembre à en profiter dans une copie parfaite restaurée en 4K. Le temps était à la VHS, la copie granuleuse est poussiéreuse, mais de bonne facture. On s’attend à tout, mais pas à cela. Il est inscrit «Interdit au moins de 18ans» sur la jaquette, le vendeur du vidéoclub nous avait bloqués à la sortie. Mais la chance a souri, la découverte du Graal chez papy nous enivrant de bonheur.

Une oeuvre percutante et traumatisante qui restera gravée éternellement dans votre mémoire.

La tête a résonné longtemps au son enivrant de cette porte métallique se claquant après les coups de massue de boucher et de cette tronçonneuse se percutant sur les parois de notre crâne. Ce souvenir reste intact 20ans après cette douce fin d’après-midi printanière. Installé dans les fauteuils en cuir de cette célèbre salle de cinéma et de spectacle parisien, l’évaporation de cette allusion de jeunesse fait de nouveau couler la sève en nous. Massacre à la tronçonneuse ressort de cette nouvelle vison mature comme un film chaud et maîtrisé, un premier coup d’essai dont ne se relèvera jamais Tobe Hooper. Outre sa suite bercée sous des aspérités comiques et hystériques, ce premier film résultant comme une œuvre fondatrice sera le nid de cauchemars psychologiques, ciment d’une passion sans vergogne pour le genre. Car après avoir foulée les herbes hautes de cette petite baraque de doux dingues cannibales - Leatherface apparaissant comme l’incarnation simple du taré homosexuel aspirant à un transformisme constant, poussé à son paroxysme dans le 4e opus – le spectateur de notre état sera en constante quête de ce ressentie d’adrénaline perdue. Ce ne sera que quelques années après où le père de l’horreur nous procurera cette douce et enivrante sensation avec Scream.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cannibales. Famille consanguine vivant reclus dans cette petite bicoque où l’odeur putride de la volaille défraîchit, de la viande avariée et la transpiration traverse l’écran à chaque projection. Après le capharnaüm de la camionnette, on s’enferme dans cette maison sous apparence tranquille, mais où le mal règne dans sa plus folle tendance. Sautant sur sa proie ou lui courant avec acharnement au son transcendant de son engin de malheur, Leatherface sera la représentation de cette force horrifique traînant le film dans les confins du succès et les abîmes commerciaux ayant égrenées son aura depuis 40ans maintenant. Massacre à la tronçonneuse aurait dû rester cet essai amateur presque parfait par la simplicité de son procédé et de son traitement. Il deviendra une marque opportuniste pour un Hollywood essayant de capitaliser encore aujourd’hui de différentes manières. Pour nous, il restera ce souvenir printanier, dans le grenier sous la couette avec un œil guettant et imaginant le gore d’une œuvre psychédélique et bien plus maligne que le simple film d’horreur qui fait peur. Cette soirée du 23 septembre 2014 est bien là pour nous le rappeler. Est-ce bien vrai Mr Hooper  ?

Informations

Détails du Film Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 83 '
Sortie 05/05/1982 Reprise 29/10/2014
Réalisateur Tobe Hooper Compositeur Wayne Bell - Tobe Hooper
Casting Marilyn Burns - Allen Danziger - Teri McMinn - Paul A. Partain - William Vail - Edwin Neal - Gunnar Hansen
Synopsis Jeunes et insouciants, cinq amis traversent le Texas à bord d'un minibus. Ils s'aperçoivent bien vite qu'ils sont entrés dans un territoire étrange et malsain, à l'image du personnage qu'ils ont pris en stop, un être vicieux en proie à des obsessions morbides. Ce dernier ne tarde pas à se faire menaçant. Mais les cinq amis parviennent à s'en débarrasser. Peu de temps après, une panne d'essence contraint le groupe à s'arrêter à une station-service. Non loin de là, une maison isolée attire leur attention. Deux d'entre eux décident de s'y aventurer, mais lorsqu'ils tentent de pénétrer à l'intérieur, un boucher masqué surgit et massacre les deux adolescents avec une tronçonneuse. Un de leur camarade, parti à leur recherche, subit le même sort. Il ne reste alors plus que deux survivants, et la nuit commence à tomber...

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