Critique Les Poings Contre les Murs (Starred Up)

Les Poings Contre les Murs
Les Poings Contre les Murs n’est en aucun cas innovant. Cependant, David Mackenzie possède une personnalité tellement forte que ses caméras savent nous prendre aux tripes pendant toute la durée du métrage. Un film d’une violence âpre, à ne...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Touche à tout, David Mackenzie est un réalisateur qui n’a pas chômé en 20 années d’activité. À la tête de onze longs métrages, il nous a surtout accrochés dans ses manières de prendre des sujets communs à contre-sens. Essayant toujours de sortir des sentiers battus, sans pour autant nous plaire à chaque fois, c’est une qualité rare qu’on ne peut que lui reconnaitre. C’est ainsi que débarque Les Poings Contre les Murs, énième variation sur le thème des violences carcérales. On y suit Eric, jeune délinquant fraichement débarqué dans une prison de haute sécurité où la loi des adultes est bien loin des maisons de correction qu’il a toujours connu. Tyrannisé entre son père, taulard enfermé à perpétuité, et l’envie d’essayer de rentrer dans les rangs, il va alors se confronter nerveusement au système qui lui inculquera deux types de lois à suivre.

Pas de musique, peu de dialogues, les actes assènent les uniques réponses.

Les Poings Contre les Murs plonge le spectateur directement dans le bain. La caméra se place au plus près des réactions du héros pour ne rien perdre de sa déstabilisation. Pas de musique, peu de dialogues, les actes assènent les uniques réponses. Cherchant à nous perdre tout autant qu’Eric, nous ne saurons rien de lui. Le personnage sera amené à se découvrir au fur et à mesure des minutes. Plaçant le spectateur comme le nouveau venu, nous devrons assimiler ce nouvel environnement avec Eric en essayant de trouver des repères qu’on aurait pu voir ou lire dans diverses autres œuvres. David Mackenzie fait, une fois de plus, preuve d’un anticonformisme certain pour ce qui est d’introduire son histoire. Confiant le rôle principal à Jack O’Connell, la révélation nerveuse de This is England, Eden Lake et de la série Skins, nous sommes en face d’un adolescent troublé, hargneux et violent qui ne sait pas comment imposer son respect au milieu de toute cette déferlante de violence qui régit le nouveau monde auquel il appartient. Le jeune britannique expose un jeu classique qui lui sied bien, attention toutefois à ce que cela ne devienne pas une habitude pour lui. S’il nous séduit lorsqu’il joue les psychotiques, il ne faudrait pas qu’il ne se cantonne qu’à ce genre de rôle étant donné le solide potentiel que nous flairons chez lui.

Les Poings Contre les Murs n’est, ni plus ni moins, qu’une descente banale dans un quotidien violent sans échappatoire.

Ces dernières années, nous avons eu droit à beaucoup de films concernant la violence en milieu carcéral. Le jeune délinquant imposant un leadership naturel rappellera forcément le travail de Kim Chapiron sur Dog Pound. Les actes perpétrés à l’écran et montrés sans concessions, dans sa forme la plus brutale, se rangeront, quant à eux, du côté de films comme Un Prophète ou une série comme Oz. Malgré la virtuosité de la perte de repères sensoriels promettant un beau potentiel au film, Les Poings Contre les Murs ne tiendra pas spécialement la cadence dans sa durée. Sans pour autant être ennuyeux, force est de constater qu’on se retrouve bel et bien devant une énième œuvre du genre qui n’élèvera pas le débat. Mackenzie semble ne pas trop savoir sur quel pied danser ni quelle perspective offrir à son héros. Sans cesse partagé entre l’idée de l’amener à s’en sortir et son tempérament impulsif le faisant basculer dans la violence pour un simple regard, Eric ne sera jamais un personnage pour lequel nous aurons une entière empathie. Peut-être que c’est cette idée de rédemption qui ne peut subvenir aux besoins primaires et animaux de l’homme que Mackenzie essaie de montrer ? Peu importe la question qu’il se pose, il ne nous la posera jamais directement et n’amorcera jamais une idée de quête personnelle amenant le spectateur à se forger ses propres réponses. Les Poings Contre les Murs n’est, ni plus ni moins, qu’une descente banale dans un quotidien violent sans échappatoire. Reste tout de même un casting prenant, une atmosphère lourde et une empreinte anglaise séduisante rappelant, sur certains bords éloignés, l’Orange Mécanique de Kubrick pour y voir une œuvre qui mérite qu’on lui accorde sa chance.

Les Poings Contre les Murs n’est en aucun cas innovant. Cependant, David Mackenzie possède une personnalité tellement forte que ses caméras savent nous prendre aux tripes pendant toute la durée du métrage. Un film d’une violence âpre, à ne pas mettre devant tous les yeux.

Informations

Détails du Film Les Poings Contre les Murs (Starred Up)
Origine Angleterre Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 105 '
Sortie 04/06/2014 Reprise -
Réalisateur David MacKenzie Compositeur Aucun
Casting Ben Mendelsohn - Sam Spruell - Jack O'Connell - Rupert Friend - David Ajala - Peter Ferdinando - David Avery
Synopsis Eric est un jeune délinquant violent prématurément jeté dans le monde sinistre d’une prison pour adultes. Alors qu’il lutte pour s’affirmer face aux surveillants et aux autres détenus, il doit également se mesurer à son propre père, Nev, un homme qui a passé la majeure partie de sa vie derrière les barreaux. Eric, avec d’autres prisonniers, apprend à vaincre sa rage et découvre de nouvelles règles de survie, mais certaines forces sont à l’œuvre et menacent de le détruire.

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