Critique Stalingrad

Stalingrad
le cinéma russe nous envoie directement dans les bacs vidéos Stalingrad, dernière grosse production russe forte d’un budget de 30 millions de dollars.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Le cinéma moderne casse les frontières d’un confinement artistique nationale, tel que la démolition du mur de Berlin a délivré les Allemands d’une restriction injuste. Ainsi la modernité et l’ouverture marketing des espaces mondiaux font que des nations artistiques s’accroître et profitent des marchés internationaux pour se libérer et s’inviter dans une proposition de divertissement plus large. La Russie, immensité de terre et prolifération d’un peuple encore sous le joug d’une dictature moderne et propre, se développe et demande l’absorption de produit divertissant. Le marché russe est devenu en très peu de temps une cible privilégiée pour les studios américains, n’hésitant plus à promouvoir et sortir leurs blockbusters en grande pompe dans ce pays. Des films comme Transformers ou Maléfiques profitent de cet élan pour s’assurer des scores gigantesques, certifiant presque un retour sur recette instantanée.

C’est donc dans une logique pertinente et évidente que le cinéma russe se développe et s’exporte dans le monde entier, les studios de cinéma américains comme Sony ou Paramount n’hésitant plus à investir dans des productions locales. C’est ainsi qu’après The Darkest Hour ou Mongol, le cinéma russe nous envoie directement dans les bacs vidéos Stalingrad, dernière grosse production russe forte d’un budget de 30 millions de dollars. Supervisé par les équipes de The Amazing Spider-Man dans le soin apporté aux effets numériques et à la 3D native dont bénéficie le film, Stalingrad est un blockbuster guerrier revenant sur le courage d’hommes et de femmes pendant la plus meurtrière des batailles de la seconde guerre mondiale.

Un divertissement magnifique par sa technique, mais maladroit par sa narration.

Centré sur un petit groupe de survivant luttant pour garder coûte que coûte leur position dans un immeuble dévasté, le réalisateur de cette super production, Fedor Bondarchuk, concentre son film sur les émotions ressenties dans cette quête de survie en plein milieu de cette ville dévastée, sinistre lieu de mort. Stalingrad est un long-métrage tout à la gloire du peuple russe représenté par cette troupe de 5 hommes qui donneront leurs vies pour la sécurité de cette jeune habitante têtue et naïve. Oeuvre grandiose et belle dans sa capacité numérique à peindre de véritables toiles de maître illuminant notre rétine dès les premiers instants du film, la tension et la palpitation prise par cet assaut introductive retombera comme un soufflé dans la présentation et la position de ces soldats dans l’immeuble.

Long, très long dans ces 2h11 de durée, Stalingrad se transforme vite en une fiction un brin barbante et superficielle dans ces enchaînements incessants de dialogues ineptes et inintéressants. Les quelques actions venant relevées la platitude dont c’est inscrit le film n’arrangera malheureusement pas les choses, Fedor Bondarchuk ne sachant jamais mettre en scène ces affrontements sans le gadget bullet-time ringard depuis 10 ans. Malgré toute la beauté des compositions numériques, Stalingrad s’enfoncera dans la médiocrité par cette séquence inutile où les soldats dans la quête de faire plaisir à la jeune Russe, iront au péril de leurs vies chercher une baignoire sur le champ de bataille lui offrant un bain chaud pour son anniversaire.

Stalingrad est la preuve pertinente que le cinéma n’a pas de frontière.

En dépit de ses incongruités et sa naïveté, Stalingrad brosse d'intéressants portraits comme celui de cet officier allemand interprété par Thomas Kretschmann (Avengers, Dracula) qui pris par l’amour d’une magnifique Russe lui rappelant sa femme disparue et ses droits et devoir d’officier nazi, sera confronté tout au long du film à un combat intérieur entre la fuite avec sa bien-aimée et sa mission de tuerie et de destruction massive de l’immeuble et la ville. La destinée fera le reste, plongeant son destin dans celui de cette ville assassinée.

Stalingrad est la preuve pertinente que le cinéma n’a pas de frontière. Cette proposition d’un divertissement magnifique par sa technique, mais maladroit par sa narration s’égare parfois comme dans ce rapprochement avec les événements récents survenus au Japon ou l’ennui patent dégageant dans la caractérisation émotionnelle des personnages. Un bel effort imparfait et maladroit d’une valeur de 30 millions de dollars que l’on souhaiterait tout de même voir plus souvent dans notre industrie cinématographique propre.

Informations

Détails du Film Stalingrad
Origine Russie Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Guerre
Version Direct To Video Durée 131 '
Sortie 10/09/2014 Reprise -
Réalisateur Fedor Bondarchuk Compositeur Angelo Badalamenti
Casting Thomas Kretschmann - Yanina Studilina - Philippe Reinhardt - Mariya Smolnikova
Synopsis En 1942, les troupes allemandes atteignent les rives de la Volga mais échouent dans leur tentative de franchir le fleuve. Les troupes soviétiques ont dû battre en retraite. Cependant, quelques soldats sont restés sur place et se terrent dans une maison, près de la rive, occupée par quelques civils. Parmi eux, Masha, une jeune fille dans la maison est occupé par les Allemands. Les Allemands lancent l’assaut contre la maison, et l’officier qui les commande devient amoureux de Masha. Au coeur de la bataille la plus sanglante de l’histoire de l’Humanité débute une histoire d’amour, et, dès lors, les soldats doivent protéger cette jeune fille à tout prix.

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