CRITIQUE : Dead Snow 2 (Dod Sno 2)


Dead Snow 2

Critique du Film

Retourné dans ses contrées norvégiennes juste après le relativement bon succès mondial de Hansel & Gretel : Witch Hunters, Tommy Wirkola s’est mis en tête de conclure le récit de son second long métrage. C’est ainsi qu’il s’attèle à la production de Dead Snow 2. Reprenant le récit exactement là où il nous avait laissé, on se retrouve directement plongé aux côtés de l’unique survivant du premier opus, Martin, qui va se retrouver dans un hôpital après que la police l’ait découvert laissé pour mort sur le bord de la route. Dans l’urgence, les médecins lui grefferont le bras du général nazi perdu lors de sa dernière altercation avec notre héros. Ce bras va se révéler être doté de pouvoirs magiques lui permettant de ressusciter les morts. Il va se mettre en tête de lever une armée pour en découdre définitivement avec l’armée grandissante des zombies nazis.

Dead Snow 2 s’impose comme le Braindead de cette décennie.

Quel point commun il y a-t-il entre un char d’assaut, la scène d’amour de Titanic, des mineurs et handicapés déchiquetés, des geeks fan de Star Wars, un zombie apprivoisé et un gothique homosexuel ? A priori aucun, et pourtant nous sommes bien en présence des quelques ingrédients qui viennent faire la recette de Dead Snow 2. Tommy Wirkola continue de rendre hommage au cinéma qu’il aime, et particulièrement celui des Sam Raimi et Peter Jackson du début, en se mettant en tête le fameux dicton « bigger and louder » qui incombe à toute bonne suite. L’ouverture du film nous résumant les événements du premier épisode aura vite fait de vous rappeler le personnage de Bruce Campbell, Ash, au début de l’Armée des Ténèbres. Tout y est : l’évocation du mal logé dans le bras l’obligeant à se le sectionner à la tronçonneuse, la perte de l’être aimé, l’affrontement contre le mal… Dead Snow 2 annonce d’emblée la couleur : ce sera nettement plus politiquement incorrect que son modèle. Il n’y a plus besoin d’introduire les personnages, Wirkola tranche directement dans le lard pour ne laisser aucun répit au spectateur. Se permettant un hommage à Halloween 2 avec le réveil à l’hôpital, il va vite prendre le contre-pied de ce dernier pour nous emmener là où nous ne l’attendions pas. Nous embarquant dans une espèce de road trip ensanglanté, le réalisateur ne prend aucune pincette pour nous montrer une horreur satirique ouvertement outrancière et fortement délectable, tout le monde y passe, même les chérubins dans leur berceau. Amenant ses propos avec un sens inné de l’autodérision, les séquences les plus brutales (un char d’assaut écrasant des enfants dans un bac à sable, un massage cardiaque sur un mineur qui tourne au vinaigre, une handicapée se faisant piétiner le crâne…) ne sont jamais choquantes : c’est de l’humour absurde et noir fait avec une énorme paire de « cojones » comme on en voit peu, voire plus, dans le cinéma de genre actuel.

Du grand n’importe quoi qui impose Dead Snow 2 comme la meilleure comédie gore de l’année.

Visiblement, le budget de ce second volet a été revu à la hausse par rapport au précédent. Les tripes et les hectolitres de sang envahissent l’écran pendant toute la durée du métrage. Sans jamais être redondant, Dead Snow 2 déborde d’ingéniosité pour ce qui sera de la mise à mort des victimes, mention spéciale aux intestins qui serviront aux nazis comme un tuyau afin de pomper de l’essence d’un bus dans le but d’alimenter leur char d’assaut, hilarant à souhait ! Dead Snow 2 s’impose comme le Braindead de cette décennie. On se surprendra à relever une fascination sarcastique pour l’univers des superhéros, et particulièrement Thor. Wirkola amorce des procédés, comme pour Dead Snow premier du nom, simple et efficace. On y retrouve une fois de plus l’envie de s’éclater avec ses potes à proposer une comédie gore qui pourra survivre à l’ère du numérique. À l’heure où des films comme Braindead se tiennent encore grâce à ses trucages dépourvus de CGI, Dead Snow 2 fait la part belle, lui aussi, aux maquillages d’antan. Le réalisme des nombreuses souffrances de la chair, porté à un rang grand-guignolesque, ne l’oublions pas, s’en voit doublé d’une grande efficacité. Sans compter sur le sens du rythme imposé par Wirkola, son film n’a que très peu de temps morts. Laissant à peine le temps au spectateur de se remettre de ses fous rires, Dead Snow 2 accumule les scènes où « le grand n’importe quoi » restera le maître mot constant. Désireux de ne jamais laisser de répit, Wirkola usera d’autodérision jusque dans son épilogue flirtant avec les plates-bandes de James Cameron où Bonnie Tyler assure l’ambiance à la place de Céline Dion. Du grand n’importe quoi qui impose Dead Snow 2 comme la meilleure comédie gore de l’année.

Dead Snow 2 est un concentré de burlesque horrifique comme on en voit peu. Tommy Wirkola confirme qu’il est un réalisateur capable de rendre extrêmement fun n’importe quelle séquence de combat pourvu qu’il ait la quantité suffisante d’hémoglobine sous la main. Rarement une comédie horrifique aura su pousser aussi loin les limites du bien-pensant sans jamais être honteuse ni surfaite. Une pépite à se procurer d’urgence !

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Informations

Détails du Film Dead Snow 2 (Dod Sno 2)
Origine Norvège Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Comédie - Horreur - Gore - Zombie
Version Direct To Video Durée 100 '
Sortie 26/11/2014 Reprise -
Réalisateur Tommy Wirkola Compositeur Christian Wibe
Casting Martin Starr - Derek Mears - Amrita Acharia - Ingrid Haas - Stig Frode Henriksen - Kristoffer Joner
Synopsis Le retour des nazis zombies...

Par Anthony Verschueren