Critique Les Enfants de la Rose Verte

Les Enfants de la Rose Verte
Les Enfants de la Rose Verte est un film qui ne manque certainement pas de contenu, bien au contraire. En revanche, nous aurions souhaité une plus grande démarche journalistique de la part de Bernard Richard. Il aurait été encore plus intéressant...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Anthony Verschueren

Critique du Documentaire

Bernard Richard avait fait parler de lui avec son second long métrage Mains Brunes sur la Ville où il tentait de comprendre l’expansion de la popularité du Front National. Il réitère ses démarches documentaires, sur un tout autre sujet, avec son troisième film, Les Enfants de la Rose Verte. Avec ce film, il va tenter de comprendre comment gérer un enfant atteint d’autisme. Comment communique-t-on avec lui ? Comment l’aider à sortir de sa bulle ? Par le biais d’une incursion au sein d’un centre spécialisé, Les Enfants de la Rose Verte, il pose ses caméras en toute intimité qui vont capter les témoignages des médecins, parents et enfants.

Exposé dans sa forme la plus brute, Les Enfants de la Rose Verte relate un quotidien peu banal.

Œuvre extrêmement intimiste, Bernard Richard ne compte pas faire dans l’artificiel. Son film est entièrement dénaturé de toute narration et de traitement d’image. Exposé dans sa forme la plus brute, Les Enfants de la Rose Verte relate un quotidien peu banal d’un petit groupe en particulier. A l’image des enfants qu’il filmera, il enferme son film dans une bulle hermétique qui risque de ne parler qu’aux intéressés. Sans pour autant dénigrer son travail sensible et respectueux, on regrettera un manque d’initiatives dans ses démarches. Il n’expose pas le problème posé en replaçant cette maladie dans son contexte. Il est dit dans le film que le monde a une mauvaise persuasion de ce qu’est l’autisme. Jamais il n’expliquera les formes pathologiques de la maladie pensant que ses images parlent d’elles-mêmes. Un peu plus de documentation, par le biais d’un narrateur pourquoi pas, aurait été fortement souhaitable. Les parents parlent de leurs enfants avec amour, et là c’est une véritable force que s’attribue le film. Ils comprennent le travail mis en place dans le centre pour venir en aide à leurs enfants et nous transmettent parfaitement les démarches entreprises. Ils peuvent ainsi aider d’éventuels parents, perdus, ne sachant pas comment faire pour gérer la maladie de leur enfant. Un vrai bon point qui ressort de ce documentaire.

Bernard Richard ne cherche jamais à apitoyer le spectateur, il montre, au contraire, une alternative, un autre regard sur la définition du bonheur.

On reprochera peut-être un montage un poil trop long dans le sens où certaines interviews mériteraient d’être coupées au moment opportun. Par moment on se retrouve avec de longs silences assez gênants qui entravent au bon fonctionnement du suivi journalistique mis en place. Concentrés uniquement sur ce fameux centre de la Rose Verte, les propos auraient pu gagner en intensité si Bernard Richard avait pris un contrepied, ou s’il avait eu les moyens de pouvoir aller à la rencontre d’autres personnes extérieures. La confrontation des acquis et des faiblesses de chacun aurait pu élever le débat d’une manière significative. Ceci étant, les enfants sont extrêmement touchants, on ressent parfaitement le combat qu’ils mènent chaque jour. Ils sont montrés avec une vérité sensible et jamais voyeuriste. Bernard Richard ne cherche jamais à apitoyer le spectateur, il montre, au contraire, une alternative, un autre regard sur la définition du bonheur. Avec ses hauts et ses bas, on ne coupera pas à quelques crises, même si les cris de joie prendront nettement le pas sur les mauvaises passes. On retiendra surtout la superbe image de la reconstruction du milieu in utero mis en place afin d’aider les enfants à retrouver ce lien perdu avec leur mère. L’explication des angoisses de l’enfant vers l’heure de film, mis en parallèle avec des activités types, offre de jolies séquences. Ce genre de séquences dont nous aurions souhaité voir nettement plus abondantes justement.

Les Enfants de la Rose Verte est un film qui ne manque certainement pas de contenu, bien au contraire. En revanche, nous aurions souhaité une plus grande démarche journalistique de la part de Bernard Richard. Il aurait été encore plus intéressant de voir se confronter des cas extérieurs au centre qu’il dépeint. Malgré tout, on en apprend suffisamment pour changer notre regard qui aurait pu être faussé par rapport à cette maladie qu’est l’autisme, en ce sens, le film est touchant et percutant.

Informations

Détails du Documentaire Les Enfants de la Rose Verte
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Documentaire Genre Indisponible
Version Cinéma Durée 94 '
Sortie 24/09/2014 Reprise -
Réalisateur Bernard Richard Compositeur Aucun
Casting Inconnu
Synopsis Comment communique-t-on avec des enfants qui ne parlent pas ou peu, qui semblent indifférents à la relation humaine quelle qu'elle soit ? Comment l’enfant autiste peut-il sortir de sa bulle ? Comment les parents vivent-ils la souffrance de leur enfant et la thérapie au long cours dont il bénéficie ? Dans un hôpital de jour d’un secteur de pédopsychiatrie, nous avons filmé librement les enfants et leurs soignants dans leurs activités thérapeutiques et éducatives, ainsi que des parents.

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