Critique Sin City : J'ai Tué Pour Elle (Sin City : A Dame to Kill For)

Sin City : j'ai tué pour elle
Sin City : J’ai Tué Pour Elle souffre d’un montage inexistant se permettant de jouer avec une temporalité absente qui insulte grandement le spectateur. Ce retour à Sin City est d’une déception sans pareille qui ne trouvera satisfaction que lors...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Il y a près de dix ans, une bombe atomique avait bouleversé la croisette à Cannes. En compétition officielle, Sin City permettait à Robert Rodriguez de se faire remarquer d’une bien belle manière avec cette bande dessinée vivante dopée à la testostérone, l’ultra-violence, un humour noir cinglant et un sens hors pair de la narration. Épaulé, à l’époque, par Frank Miller, le créateur de l’univers spécifique qu’est Sin City, et de Quentin Tarantino sur certaines séquences, Robert Rodriguez pouvait se targuer de tenir une perle qu’il ne fallait pas laisser mourir. Malheureusement, il aura fallu attendre neuf (trop) longues années pour daigner remettre les pieds dans cette fameuse ville de tous les péchés. Sin City : J’ai Tué Pour Elle reprend le principe du film à séquences offrant 3 nouvelles histoires ayant un lien direct avec les événements du premier.

Quelle déception ! Quelle honte !

Quelle déception ! Quelle honte ! Comment peut-on se foutre de la gueule des gens aussi impunément ? Excusez-nous du langage charretier, mais même après encore quelques jours, nous n’arrivons toujours pas à décolérer. Cette suite est lisse et pratiquement pas intéressante. Attardons-nous d’abord sur les points positifs : la séquelle avec Joseph Gordon-Levitt regorge de bonnes intentions. Le personnage est intrigant, il a un lien solide avec le grand méchant de l’histoire, les parties de poker offrent une tension palpable et réjouissante. Autant d’atouts que Robert Rodriguez ne choisit pas d’utiliser et préfère expédier en moins d’un quart d’heure pour choisir de s’intéresser au gros segment principal du film qui introduit la plantureuse Eva Green, et qui justifie le sous-titre du film. Non seulement cette histoire est dépourvue d’intérêt et s’ancre horriblement mal dans la temporalité du récit instauré par Rodriguez. Le film est censé se dérouler 4 ans après les événements du premier opus or, ce segment « J’ai Tué Pour Elle » se révèle être une préquelle à l’histoire du personnage campé par Clive Owen en 2005. Pour ceux ayant encore en mémoire le premier film, il vous sera d’autant plus insupportable de constater les nombreux amalgames qui se mettent en place. Comment, dans toutes les logiques qui puissent exister au monde, peut-on nous faire croire à une séquelle alors qu’on introduit clairement son histoire 4 ans après ? Monté avec les pieds, Rodriguez rend des plus confuses les cohérences de son histoire : c’est illogique et franchement insupportable. Quand bien même son intérêt était de raconter les déboires de personnages quelconques dans cette ville fascinante, il aurait mieux valu s’attarder sur de nouveaux venus dont nous ne connaissions pas l’histoire et non pas reprendre ceux qui nous étaient déjà familiés (d’où l’appréciation du segment « Poker »).

Robert Rodriguez tente de noyer le poisson en offrant un film entièrement à la gloire des courbes généreuses de la sublime Eva Green.

Robert Rodriguez tente de noyer le poisson en offrant un film entièrement à la gloire des courbes généreuses de la sublime Eva Green. Une fois, deux fois, trois fois, cinquante fois…apparaissant sans cesse nue, on en vient à subir une overdose désagréable dans un festival de seins nus avec un personnage vraiment pas intéressant. On ne croit pas une seconde à cette succube qui agace plus qu’elle ne séduit. Agissant comme une mante religieuse sur tous les hommes qu’elle croise, jamais nous ne tomberons dans ses filets. De plus qu’en face d’elle, Josh Brolin nous ressert une déferlante de castagnes accablantes qu’on n’a toujours pas digéré depuis Oldboy. Et c’est sans compter sur les très longues tirades que les deux tourtereaux s’envoient : c’est long, pénible, répétitif et sans intérêt ! Ne restent que Mickey Rourke et la somptueuse Rosario Dawson qui tentent de sauver, du mieux qu'ils peuvent, la (très) longue séquence du naufrage. D’autant plus que, le premier est sous-exploité et envoyé comme un distributeur gratuit de bourre-pif sans aucune once d’humanité et la seconde est bien trop discrète alors qu’on connaît parfaitement son potentiel d’action girl. En parlant du personnage de Marv, sans compter le fait qu’il ne devrait pas être présent étant donné qu’il est censé être mort, son maquillage est franchement raté. Ses prothèses ne reconstituent pas du tout le visage austère et carré qu’il arborait dans l’épisode précédent.

Attendre dix ans pour en arriver à un tel résultat est une offense insultante qu’on ne peut pas laisser passer.

On en vient aussi à regarder de plus près cet univers qui nous avait séduits il y a neuf ans. Et là aussi c’est une grosse déception, à quelques plans près, il n’y a aucun effort dans la construction tant de l’univers que de la narration. Là où nous avions l’impression de tourner les pages d’une BD il y a neuf ans, nous assistons ici à un défilement de séquences qui ne s’emboitent jamais les unes derrière les autres. C’est difficile, pour nous, de constater un tel manque d’initiatives d’autant plus que nous aimons beaucoup le travail de Rodriguez…seulement quand son pote Quentin n’est pas dans les parages pour l’épauler, on remarque beaucoup trop ses faiblesses. Pour des films légers (Machete, Spy Kids…) c’est pardonnable car ils ont une saveur kitch pas déplaisante, mais sur un gros projet comme Sin City c’est impardonnable. Heureusement que la dernière séquence, qui reste en définitive la seule qui fait avancer le schmilblick laissé par Bruce Willis en fin de premier épisode, arrive à s’offrir une fin plausible et un tant soit peu digne ! Jessica Alba est d’ailleurs sous-exploitée jusque dans ses vingt dernières minutes à l’écran. Arrivant d’une manière presque abrupte, cette fin satisfait autant qu’elle laisse pantois. Le goût amer de la déception reste décidément très dur à faire passer.

Sin City : J’ai Tué Pour Elle souffre d’un montage inexistant se permettant de jouer avec une temporalité absente qui insulte grandement le spectateur. Les personnages ne peuvent pas cohabiter dans la manière présentée ici et l’univers global est nettement moins bien travaillé qu’il y a neuf ans. Ce retour à Sin City est d’une déception sans pareille qui ne trouvera satisfaction que lors des séquences attribuées à Joseph Gordon-Levitt et Jessica Alba (et encore, pas entièrement pour cette dernière). Attendre dix ans pour en arriver à un tel résultat est une offense insultante qu’on ne peut pas laisser passer. Même si nous n’étions pas de ceux qui crachaient impunément sur Robert Rodriguez, force est de constater qu’il nous a réellement déçus…c’est dommage, on t’aimait vraiment Robert !

Informations

Détails du Film Sin City : J'ai Tué Pour Elle (Sin City : A Dame to Kill For)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Action - Thriller
Version Cinéma Durée 102 '
Sortie 17/09/2014 Reprise -
Réalisateur Robert Rodriguez - Frank Miller Compositeur Robert Rodriguez - Carl Thiel
Casting Bruce Willis - Mickey Rourke - Joseph Gordon-Levitt - Rosario Dawson - Jessica Alba - Josh Brolin - Eva Green - Powers Boothe
Synopsis Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices. Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv… Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City…

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques