Critique REC 4: Apocalypse (Rec 4)

[REC] 4: Apocalypse
Jaume Balagueró, après le glaçant Malveillance, a donc la douloureuse tâche de conclure l’histoire de REC.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Il y a deux ans, REC 3 – Genesis avait soufflé un vent d’air frais dépoussiérant l’amateurisme barbant d’une saga s’accrochant au Found Footage. Paco Plaza plaçait son film sous des vices comiques congrus se lâchant à un spectacle gore et romantique. À la barre seule de ce troisième opus, Plaza se servait de ce chapitre à part pour faire de l’œil fanatique à Sam Raimi. Rec 3 se rapprochait d’un Evil Dead dans les intentions, cette séquelle, loin de l’immeuble de Barcelone, se transformant en comic book décomplexé lâchant toute prérogative à l’histoire originelle. C’est par le biais de ce 4éme opus que les explications tenteront de venir. Suite à leur séparation pour préparer ces deux films, Balaguèro a la charge de cette apocalypse prenant le vent en poupe pour mieux conclure l’essoufflement de cette saga.

Jaume Balagueró, après le glaçant Malveillance, a donc la douloureuse tâche de conclure l’histoire de REC. Douloureux dans le sens où jamais cette histoire n’aurait dû dépasser le stade de la suite. Intéressante dans ses intentions, la saga REC a pris des tournures maladroites n’établissant jamais réellement son propos. Suite aux révélations faites dans le deuxième épisode où des commanditaires ecclésiastiques menaient les opérations de confinement dans l’immeuble, Balaguerò prend le parti de coller à la suite de cet opus, outrepassant gentiment le travail de son collègue sur le 3 (à part un bref personnage totalement anecdotique). Basant son action en pleine mer et ressuscitant Angela dans son introduction, le réalisateur colle au basque de son travail dans les premiers opus. Confinant les divers éléments dans ce paquebot, on sait d’avance que les réponses ne viendront pas (on reste sur l’infection et les origines de la fillette) et l’enfer sur terre ne se déclenchera jamais. Bien au contraire, l’enfer sera de suivre cette pochade zombiesque sous des intentions d’actioners digne des 90's.

Balaguerò convoque dans REC4 rien de moins que James Cameron.

Quand Paco Plaza tirait ses références dans le cinéma de Sam Raim, Balaguerò convoque dans REC4 rien de moins que James Cameron. Angela sera alors pour le metteur en scène sa Ripley de prédilection, qui, vêtue d’un marcel de combat et d’une rage de vaincre, arpentera les coursives de ce paquebot pour décimer les zombies revenus à la charge. À deux doigts de transformer son héroïne en mutante zombie et super-héroïque, il jouera sur la psychologie ambiguë d’une infection possible. Le doute planera alors jusque la fin et un trou narratif béant de se placer en milieu de métrage (la scène sur son lit).

Après la limite du plagiat d’Evil Dead 2 par REC3, REC4 lorgne clairement vers Aliens. Entourée d’une bande massive de gros bras militaires, Angela sera confrontée à une organisation de l’église qui souhaite avant tout déceler le mal (Weyland?!) et en retirer un échantillon pour le contrôler. L’anti-héroïne sera alors poursuivie par les méchantes bêtes démoniaques, mais aussi par ces scientifiques pressés d’enlever l’essaim qu’ils croient au fond d’elle.

Rec4 est une aventure fantastique prenante, gore et flippante.

Rec4, sur la forme, n’est en aucun cas un mauvais spectacle. Malgré des actions illisibles (voir le final sous la tempête indéchiffrable) et des intentions de références trop présentes, Rec4 est une aventure fantastique prenante, gore et flippante, chose disparue depuis le premier opus. En dépit de ses quelques qualités, l’idée, jamais proprement développée, d’une grande ode fantastique d’un envahissement sur terre d’une force démoniaque prenant possession des corps tels des zombies nous frustre. Jamais l’ambition n’est prise de conjuguer L’Exorciste de Friedkin et Terminator de James Cameron donnant vie à une véritable apocalypse démoniaque. Comme si Regan sortait de son lit et dévorait le peuple sous la vision avant-gardiste de George A. Romero. L’échelle de Barcelone était suffisante, la vision de Gaudi de cette ville prête pour un déversement d’hémoglobine étant le théâtre parfait pour l’arrivée du mal sur Terre. Mais les deux trublions de l’horreur hispanique en ont décidé autrement.

Informations

Détails du Film REC 4: Apocalypse (Rec 4)
Origine Espagne Signalétique Interdit aux moins de 16 ans
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 96 '
Sortie 12/11/2014 Reprise -
Réalisateur Jaume Balagueró Compositeur Arnau Bataller
Casting Manuela Velasco - Paco Manzanedo - Héctor Colomé - Ismael Fritschi - María Alfonsa Rosso - Crispulo Cabezas
Synopsis Tout commence lorsque Angela Vidal, l'unique survivante de l'infection, est évacuée du bâtiment. La situation qui semble être contrôlée, se voit pourtant secouée par l'arrivée du mal sous plusieurs formes...

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