Critique Le Gendarme en Balade

Le Gendarme en Balade
Assurant un spectacle de haute qualité en bouleversant les codes de la saga pour mieux nous ramener aux origines de cette dernière, Le Gendarme en Balade s’inscrit dans la même mouvance que les films précédents. Les gags sont efficaces, les répliques...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Deux ans après le mariage de Cruchot, le Gendarme est mis au placard. Contraint à la retraite forcée, la brigade de Saint-Tropez se voit obligée de se retirer en campagne, dans leurs familles respectives. Un malheureux accident rendant amnésique leur ancien collègue, Fougasse, va amener l’ancienne brigade à effectuer un pèlerinage de la mémoire aux sources afin de se remémorer les meilleurs moments des films précédents. Toujours mis en scène par Jean Girault, ce quatrième opus nostalgique fut un gros succès au box-office enregistrant plus de six millions d’entrées et s’octroyant également une place de choix parmi le classement des 100 meilleures télédiffusions françaises de tous les temps le 6 mai 1990.

Une fois n’est pas coutume, l’ouverture du film magnifie le talent de Louis de Funès.

Une fois n’est pas coutume, l’ouverture du film magnifie le talent de Louis de Funès. Le premier quart d’heure est une démonstration de génie comique dont lui seul en avait le secret. On retiendra surtout les scènes où il passe à tabac son personnel de maison, qui le lui rend bien à coups de chevrotine dans les fesses, et l’intrusion de Gerber dans la maison truffée de piège. Et que dire de l’immense Paul Préboist qui conte l’histoire du Petit Chaperon Rouge pour amuser l’homme en manque de sensations fortes ? Nul doute que l’ouverture de cet épisode est le plus comique d’entre tous. Comme dans toute série lambda, vient le moment de faire le bilan. Le Gendarme en Balade ne déroge pas à la règle en basant son récit initial sur le temps qui passe et des souvenirs qu’on peut en tirer. Peut-être avaient-ils senti, à l’époque, que cet épisode serait l’ultime. Sentant la fin au niveau des gags qui auraient pu être perpétrés par la brigade elle-même, le fait de décontenancer le confort de ces héros amène le spectateur à reconsidérer ses personnages favoris : que sont-ils en dehors des trublions en uniforme que nous connaissons ? Le fait de montrer ces hommes comme des citoyens lambda qui ne peuvent se résoudre à quitter les forces de l’ordre offre de joyeuses scènes aux quiproquos énormes. Et question quiproquos, il faut dire que ça va assez loin.

Le Gendarme en Balade s’inscrit dans la même mouvance que les films précédents.

Entre une scène hippie de haute envergure et une intrusion chez les nudistes pour un ultime coup de filet, on retiendra surtout le moment où ils renouent avec leurs sifflets. Et là, encore une fois, le génie comique de de Funès va parler. Il arrive à rendre extrêmement drôle une discussion entre deux chauffards et lui-même sans jamais faire autre chose que siffler ! La séquence qui en découle est fluide, limpide et extrêmement compréhensible…quand on vous dit que c’était l’un des meilleurs comiques qu’on n’ait jamais connu ! On remarquera d’ailleurs un clin d’œil à un film passé de de Funès, en début de métrage, lorsque Gerber observe un tableau dans le salon de Cruchot. Ce tableau n’est autre que le fameux Modigliani qu’il traquait sur le dos de Jean Gabin dans Le Tatoué. Sorte de rétrospective dans la carrière de l’acteur qui marque un point non négligeable dans sa carrière (juste avant les futurs succès de Rabbi Jacob et La Folie des Grandeurs), il revivra d’une manière différente ce qu’il a vécu au fil des films précédents, avec toujours ce même plaisir à jouer les trublions de service. À l’image de la réplique de la mère supérieure de l’internat qui lui dira : « vous savez, mon fils, ça me fait plaisir de vous retrouver de film en film », on ne se lasse pas des aventures de ce gendarme intemporel. Comme annoncé en début de chronique, malgré l’envie contagieuse de continuer à amuser la galerie, la nostalgie de ces personnages prendra le dessus. Ce sera d'ailleurs la dernière fois que nous verrons l’équipe originale à l’écran.

Assurant un spectacle de haute qualité en bouleversant les codes de la saga pour mieux nous ramener aux origines de cette dernière, Le Gendarme en Balade s’inscrit dans la même mouvance que les films précédents. Les gags sont efficaces, les répliques cultes et Louis de Funès est impérial. Doux reflet d'une époque indémodable !

Informations

Détails du Film Le Gendarme en Balade
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 96 '
Sortie 28/10/1970 Reprise -
Réalisateur Jean Girault Compositeur Raymond Lefèvre
Casting Louis De Funès - Michel Galabru - Jean Lefebvre - Christian Marin - Guy Grosso - Michel Modo - Claude Gensac
Synopsis Cruchot et ses compères ont été mis à la retraite. Mais la perte de mémoire de Fougasse va les obliger à reprendre du service.

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