Critique We Are What We Are

We Are What We Are
We Are What We Are est un film d’horreur en costard cravate de chez Tom Ford. Jim Mickle démontre un talent phénoménal et bluffant nous embarquant corps et âme au centre d’une folie qui marquera les esprits.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Jim Mickle est un nom qui parle aux érudits de films de genre. Son premier film, Mulberry Street, sorti en 2006, était un gros défouloir pop-corn et jouissif sous fond de contamination. Il a récidivé en 2010 en proposant Stake Land, un film de vampire honorable tentant de surfer sur un look rock’n’roll instauré par des films comme Aux Frontières de l’Aube, Une Nuit en Enfer ou encore Vampires de « Big » John Carpenter. L’année dernière, il mit à mal La Quinzaine des Réalisateurs en mettant en compétition son troisième poulain, We Are What We Are, lors du Festival de Cannes 2013. Non content de réussir à proposer un film d’horreur dans un festival non propice au genre, son film n’est autre que le remake de Ne Nous Jugez Pas du mexicain Jorge Michel Grau. On y suit la famille Parker, déboussolée après la perte de la mère de famille, qui cache un terrible secret dont nul ne doit connaître l’existence. Une énorme tempête torrentielle faisant rage dans la région, ce secret particulier va faire surface aux yeux du monde et aider la police à toucher du bout du doigt ce lien mystérieux qui unit cette famille recluse de tout.

We Are What We Are est un film au concept fort, d’une élégance redoutable et d’une sobriété qui frappe.

Bien loin de ces deux premiers films, Jim Mickle décide de passer à la vitesse supérieure. We Are What We Are est un film au concept fort, d’une élégance redoutable et d’une sobriété qui frappe. Instaurant un climat perpétuellement oppressant, Mickle offre une plongée viscérale au cœur d’une famille atypique. Ces renégats d’un genre particulier vivent hors du temps, hors des bonnes mœurs, hors de tout. Nous sommes tout d’abord saisis par la décoration très ancienne de la maison ainsi que le look des personnages, comme s’ils étaient restés enfermés au XVIIIe siècle. La confrontation avec le monde moderne qui les entoure ne sera pas de mise. Malgré leur retrait assumé, la famille Parker s’intègre sans aucun mal avec la société moderne, les liens avec les autres habitants se faisant alors beaucoup plus facilement. Qu’on vous prévienne de suite, n’allez chercher aucune information concernant ce film, ni l’original, si le pitch vous intéresse au risque de vous faire spolier la clé principale de l’énigme entourant le fameux secret, la réponse allant jusqu’à être dévoilé sur certaines affiches promotionnelles ! C’est un comble quand on pense que 80% du suspense imposé par le scénario découle de cette révélation sordide qui ne survient, dans le cas présent, que vers l’heure de film environ. Pour chercher un point de comparaison, pour les connaisseurs ayant vu le film, c’est comme si on vous dévoilait le twist final de The Hamiltons des Butcher Brothers dans le synopsis…décidément, il faut croire que la notion de suspense n’a pas été assimilée par tous !

We Are What We Are est un film d’horreur en costard cravate de chez Tom Ford.

On vous parlait de film élégant en début de chronique, et ce n’est pas pour rien. We Are What We Are jouit d’une sobriété hors pair. Remake classe et intelligent, il ne s’appuie que sur la trame principale du film original pour en sortir un film d’horreur sans fioriture et d’un excellent acabit. Il pose une ambiance similaire à celle que des réalisateurs comme Amenabar ont su avancer pour des films comme Les Autres. Amenant des personnages extrêmement pervers dans leur renfermement, à tendance incestueuse (les deux sœurs sont troublantes !), le final grandiloquent se ressent comme un tsunami en pleine figure. Ayant suscité une vive polémique lors de sa diffusion à Cannes divisant le public où la moitié applaudissait pendant que l’autre huait et hurlait au scandale, la fin, sans trop rentrer dans les détails pour vous y laisser l’entière surprise, nous semble plus que logique. En effet, ce climat patriarcal malsain qui régit la famille conditionne le spectateur à affronter sans détour cette finalité. Il y a une image à la fois castratrice et œdipienne qui ressort de sa séquence finale qui laisse totalement ahuri et sans voix. Vous l’avez compris, nous sommes de ceux qui ont applaudi la fin. Le tout étant relevé par une bande originale en parfaite symbiose avec son univers, We Are What We Are s’impose comme le haut de gamme du thriller horrifique à ne pas manquer. On regrettera peut-être un manque de singularité et de vraisemblance concernant les détails de l’enquête menée par la police, mais ce serait chercher l’infime particule défaillante de cette machine rondement huilée.

We Are What We Are est un film d’horreur en costard cravate de chez Tom Ford. Jim Mickle démontre un talent phénoménal et bluffant nous embarquant corps et âme au centre d’une folie qui marquera les esprits. Avec un tel tour de force, aucun doute que nous attendons de pied ferme son prochain film, Cold in July, dont la sortie est prévue sur nos écrans le 31 décembre 2014.

Informations

Détails du Film We Are What We Are
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur
Version Direct To Video Durée 105 '
Sortie 03/09/2014 Reprise -
Réalisateur Jim Mickle Compositeur Jeff Grace - Phil Mossman - Darren Morris
Casting Kelly McGillis - Michael Parks - Julia Garner - Bill Sage - Ambyr Childers - Kassie DePaiva - Laurent Rejto - Jack Gore
Synopsis Les Parker sont connus dans le village pour leur grande discrétion. Derrière les portes closes de leur maison, le patriarche, Franck, dirige sa famille avec rigueur et fermeté. Après le décès brutal de leur mère, Iris et Rose, les deux adolescentes Parker, vont devoir s'occuper de leur jeune frère Rory. Elles se retrouvent avec de nouvelles responsabilités et n'ont d'autre choix que de s'y soumettre, sous l'autorité écrasante de leur père, déterminé à perpétuer une coutume ancestrale à tout prix. Une tempête torrentielle s'abat sur la région, les fleuves débordent. Les autorités locales commencent à découvrir des indices qui les rapprochent du terrible secret des Parker.

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