Critique Le Bon, La Brute et Le Truand (Il Buono, il Brutto, il Cattivo)

Le Bon, La Brute et Le Truand
Trois hors-la-loi sont à la recherche d'un trésor. Voilà l'intrigue simple de ce film qui, à l'époque de sa sortie, imposait définitivement Clint Eastwood en tant que star. Sergio Leone orchestre le tout avec talent, accompagné par la superbe musique...

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Le Bon, la Brute et le Truand, voilà trois qualificatifs désormais bien connus du public. Le film, en même temps que son titre, est entré dans la légende et n'a pas vieilli d'un poil. Sergio Leone n'en est pas à son coup d'essai quand il réalise le film en 1966. Il a déjà à son actif Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus, films qui l'ont imposé comme le père du western spaghetti, un sous-genre du western qui dépoussière le mythe original du western américain en rendant les personnages cyniques, les décors poussiéreux et en multipliant le nombre de morts. Mais ce film là est bien particulier : il est la quintessence du western spaghetti. A part Leone lui-même qui réalisera deux ans plus tard Il était une fois dans l'Ouest, personne n'a jamais surpassé ou égalé Le Bon, la Brute et le Truand.

La recette semble pourtant simple, reposant sur trois personnages principaux lancés à la poursuite d'un trésor caché dans un cimetière. Mais Sergio Leone est un homme dont le sens de la mise en scène ne cesse d'impressionner. Car on ne peut pas parler de ce film sans mentionner la beauté de sa mise en scène. Ici, chaque plan, chaque angle de caméra n'est pas dû au hasard. Le réalisateur s'amuse à casser les règles du western classique en privilégiant les longs moments de silence et les gros plans. L'atmosphère qui se dégage de l'ensemble n'en est que plus fascinante, comme si la Mort planait sans cesse autour de ces personnages qui vivent en sachant très bien qu'ils risquent d'être tués du jour au lendemain.

Cette mort sans cesse présente est rappelée par le contexte de la guerre de Sécession qui n'est pas là par hasard. Pour la première fois dans ses westerns, Leone confronte ses personnages cyniques et fourbes à une horreur qui les dépasse. Même Le Bon, qui semble ne jamais perdre son sang-froid, déclare qu'il n'a jamais vu autant d'hommes se faire tuer en même temps quand il assiste à une bataille. La guerre est omniprésente, comme pour rappeler à ces hors-la-loi qu'ils n'ont aucune cause pour laquelle se battre à part la leur et pour leur montrer que l'être humain est quelqu'un de fragile. Mais sans trop s'attarder sur ce genre de réflexions, le film privilégie avant tout l'humour, quasiment omniprésent.

Film d'aventure picaresque, Le Bon, La Brute et le Truand est truffé de répliques cultes désormais prononcées par des tas de cinéphiles du monde entier (''Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi... tu creuses'', ''Quand on tire, on raconte pas sa vie''). Les personnages, tous hors-la-loi (et donc forcément cupides) ont beau être caractérisés par un seul mot, ils sont tout de même plus complexes qu'ils n'en ont l'air. Si la Brute (incarnée par Lee Van Cleef) est peut-être le personnage le moins complexe, le Bon et le Truand ne peuvent se résumer en un mot. En effet, le Bon, incarné par un Clint Eastwood au sommet de son charisme, (on ne verra plus jamais la figure du cow-boy solitaire de la même manière désormais) n'hésite pas à abandonner son complice quand il ne lui rapporte plus d'argent et le Truand a beau être vil, fourbe et manipulateur, il n'en reste pas moins un homme en manque d'affection comme le montre la brève scène où il retrouve son frère, devenu moine. Si l'on retient d'ailleurs énormément Clint Eastwood dans ce film, c'est pourtant Eli Wallach qui lui vole la vedette. Dans la peau de Tuco, l'acteur est bluffant, utilisant des mimiques qui ne sont pas sans faire penser à la commedia dell'arte, utilisant énormément son corps et sa gestuelle afin de nous montrer la personnalité extravagante de son personnage. Leone prend un plaisir certain à filmer ces « tronches » et nous plonge totalement dans son histoire jusqu'au paroxysme du film où les trois personnages se retrouvent dans le cimetière pour s'affronter. Il serait d'ailleurs mal venu de parler du Bon, la Brute et le Truand sans parler de la partition musicale d'Ennio Morricone, complice de Sergio Leone dont la musique se fond totalement dans l'univers du cinéaste. Jamais un compositeur n'aura été autant en osmose avec un réalisateur. La musique de Morricone fait plus que de simplement accompagner le film, elle le rend vivant et lui donne une dimension épique, nous plongeant totalement dans son univers qui a souvent été copié mais jamais égalé. Sans aucun doute l'un des meilleurs westerns de tous les temps.

Informations

Détails du Film Le Bon, La Brute et Le Truand (Il Buono, il Brutto, il Cattivo)
Origine Italie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Western
Version Longue Durée 180 '
Sortie 08/03/1968 Reprise -
Réalisateur Sergio Leone Compositeur Ennio Morricone
Casting Eli Wallach - Clint Eastwood - Lee Van Cleef
Synopsis Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.

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