Critique Dreamcatcher : l'Attrape-Rêves (Dreamcatcher)

Dreamcatcher : l'Attrape-Rêves
Dreamcatcher est une aventure dont on ne sort pas indemne. Par-delà ses messages extravagants et sa vision ésotérique, il se révèle être une ode solide à l’amitié et au dépassement de soi. Dernier grand film pour Lawrence Kasdan, passé presque...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Il est des auteurs mythiques que le cinéma s’accapare avec la plus grande sincérité possible. Stephen King, maître incontesté de la littérature fantastico-horrifique moderne, fait partie des rares auteurs à avoir vu la quasi-totalité de sa longue bibliographie être adaptée au cinéma ou à la télévision. Très souvent supervisé par l’auteur en personne, les films qui en ont découlé sont inscrits dans un patrimoine culturel évident, quiconque aimant le cinéma fantastique adule au moins une adaptation de King. Que ce soit le terrifiant clown de Ca, l’ensanglantée Carrie, l’imposant Cujo, le loup-garou de Peur Bleue, la fan hystérico-psychopathe de Misery ou même encore le diable himself du Fléau ; Stephen King conforte un nombre incroyable de fans qui le lui rendent bien. Sans pour autant rentrer sur les qualités d’adaptations de ses œuvres avec l’éternel débat sans fin qui consiste à toujours défendre bêtement que les bouquins sont mieux que les films, on ne va pas cracher sur le plaisir que nous avons à (re)voir sans modération la plupart de ces films malgré notre amour inconditionnel pour l’auteur et ses ouvrages également ; et pour un auteur ayant inspiré l’un des meilleurs films sur l’amitié que nous n’ayons jamais vus (Stand By Me, issu d’une nouvelle intitulée Le Corps dans son ouvrage Différentes Saisons), il ne mérite que notre immense respect. C’est ainsi qu’on en vient à l’intéressé du jour.

Justifiant sa durée relativement longue par une exposition onirique magnifique, nous sommes ahuris devant le joli niveau de compréhension dont Kasdan nous fait part.

Dreamcatcher, adapté du roman éponyme, est réalisé par Lawrence Kasdan et est survenu en plein milieu d’une vague cinématographique où bon nombre de réalisateurs s’attaquaient aux œuvres de King en même temps. Le début des années 2000 étant une période propice aux King addicts, Dreamcatcher va tenter de faire oublier l’immense succès de La Ligne Verte, pourtant sorti quatre ans auparavant, mais toujours porté au rang des meilleures adaptations de l’auteur par énormément de gens. Dreamcatcher s’amorce comme une histoire à priori banale, celle de quatre amis d’enfance, une jolie bande comme les aime King. Un lien télépathique va alors les unir à jamais lorsqu’ils croiseront le chemin du surprenant Duddits, enfant handicapé qui va agir comme un dreamcatcher sur les quatre amis, leur passer quelques-uns de ses dons et les protéger d’un mal dont ils ignorent encore l’existence. Ce fameux mal, dont nous tairons l’identité au cas où vous n’auriez toujours pas vu le film, va alors se révéler à eux bien des années plus tard. Les quatre amis devront alors unir leurs forces pour sauvegarder la survie de l’humanité. Dreamcatcher s’impose comme l’un des projets à avoir compris que l’univers de Stephen King est truffé de détails qui ont leur importance. Justifiant sa durée relativement longue par une exposition onirique magnifique, nous sommes ahuris devant le joli niveau de compréhension dont Kasdan nous fait part. Dreamcatcher, pour quiconque n’étant pas familier avec l’univers de King, a de surprenant ses différents niveaux de lecture qui, à priori, ne devraient pas coller ensemble, mais s’emboitent d’une bien belle manière. Toute l’essence littéraire de King est transposée à l’image : un univers bien définit (cette ville du Maine recèle décidément d’un nombre impressionnant de personnages hauts en couleur), des amis oubliant leurs griefs dans l’adversité, une grosse dose de fantastique, pour ne pas dire horrifique (le film renferme quelques scènes assez gores) et un panel émotionnel riche qui fera verser la petite larme en fin de parcours avec l’aide des superbes compositions signées James Newton Howard.

Le casting est puissant !

Le casting est puissant ! Offrant une bande solide, on se congratulera d’y voir se côtoyer Thomas Jane (The Punisher), Jason Lee (Les Glandeurs), Damian Lewis (Homeland), Tom Sizemore (A Tombeau Ouvert) et Timothy Olyphant (Hitman) jouant avec une perfection absolue. Ajoutez à cela, la présence de Donnie Wahlberg (frère ainé de Marky Mark) méconnaissable dans le rôle de Duddits ainsi que monsieur Morgan Freeman dans un rôle à contre-courant de ceux qu’il affectionne d’habitude, et vous aurez une petite idée de la teneur qualitative du casting. Sans compter que le film n’est pas intéressant qu’à ce niveau-là. La réalisation est solidement menée, il faut dire que nous n’avons pas n’importe qui derrière la caméra, Lawrence Kasdan nous a gratifié de petites perles parmi lesquelles on retiendra surtout le sulfureux La Fièvre au Corps ainsi que deux westerns relativement cultes pour qu’on s’y arrête qui sont Silverado et Wyatt Earp. Le réalisateur distille parfaitement tout l’univers ésotérique qui est renfermé dans Dreamcatcher avec le plus grand respect pour la vision de l’auteur. Il croit autant que King à la vraisemblance de son scénario malgré son histoire surréaliste et l’essai est plus que magnifiquement transformé. Confirmant définitivement que l’univers de Stephen King peut être respecté au maximum au cinéma, Dreamcatcher a permis à plusieurs projets, considérés comme fous et inadaptables sur papier, de voir le jour parmi lesquels on retiendra surtout The Mist qui s’en sortait à merveille malgré son budget et son aspect téléfilm.

Dreamcatcher est une aventure dont on ne sort pas indemne. Par-delà ses messages extravagants (notamment l’origine du fameux mal) et sa vision ésotérique (qui n’engage que ceux qui y croient), il se révèle être une ode solide à l’amitié et au dépassement de soi. Dernier grand film pour Lawrence Kasdan (il n’a plus rien réalisé pendant dix ans ensuite), passé presque inaperçu en salle à sa sortie (à peine plus de 550 000 entrées en France), il a acquis une réputation solide en vidéo et ses nombreuses diffusions télé confirment l’engouement et la qualité du métrage. Sa sortie en blu-ray s’annonce donc comme une aubaine assurant les fans de redécouvrir la bande à Duddits dans les meilleures conditions.

Informations

Détails du Film Dreamcatcher : l'Attrape-Rêves (Dreamcatcher)
Origine Etats Unis - Australie Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Drame - Science - Fiction - Fantastique
Version Cinéma Durée 136 '
Sortie 16/04/2003 Reprise -
Réalisateur Lawrence Kasdan Compositeur James Newton Howard
Casting Tom Sizemore - Donnie Wahlberg - Morgan Freeman - Timothy Olyphant - Jason Lee - Thomas Jane - Damian Lewis
Synopsis Après avoir été longuement séparés, quatre amis d'enfance se retrouvent dans les forêts du Maine, au nord-est des Etats-unis. Dotés de pouvoirs télépathiques suite à un acte héroïque, ils sont surpris par un blizzard qui cache une mystérieuse force maléfique. Le quatuor doit alors empêcher le massacre de civils innocents et affronter un horrible danger qui menace la Terre.

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