Critique Un Week-End à Paris (Le Week-End)

Un Week-End à Paris
Un Week-End à Paris offre une très belle ouverture avec des personnages délectables comme Roger Michell aime les traiter. Ne sachant pas quoi leur faire faire, il cède à une usure perpétuelle d’une corde qui est sur le point de se briser et qui...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Suite logique dans la construction de la filmographie de Roger Michell (Coup de Foudre à Notting Hill) qui n’a eu de cesse de compter les mérites et travers des relations conjugales, Un Week-End à Paris décide d’immiscer le spectateur au cœur d’une relation d’un couple proche de la soixantaine en proie à une routine lascive. S’offrant un week-end à Paris pour leur anniversaire de mariage, ce couple britannique va se déchirer pour mieux se retrouver en tentant de retoucher du bout des doigts la douce insouciance qui unit deux êtres en début de relation.

Le film de Roger Michell aurait pu être délectable, aurait pu…

Problèmes de santé, vie sexuelle inactive, défauts alarmants de l’un et l’autre de plus en plus insupportables…Un Week-End à Paris construit son début de récit en constatant les faits : ce couple s’ennuie ! Décidant de rendre la plus discrète possible sa caméra, Michell laisse libre court à son duo principal supportant autant le poids des années que la folie ambiante qui règne dans la capitale. Activités touristiques, recherche des sensations perdues, réflexions sur un monde beaucoup trop changeant pour deux êtres troublés et terrifiés à l’idée de finir ses jours seuls malgré la lassitude qui règne en masse, le film de Roger Michell aurait pu être délectable, aurait pu… Le constat est malheureusement là : à force de vouloir ressasser le vécu de ses personnages, il en oublie d’être drôle. Malgré quelques situations cocasses (la séance sado-maso, la scène du partage de marijuana) et quelques répliques savoureuses dans la bouche de ces acteurs confirmés ( « Ne me regarde pas comme ça ! A chaque fois que j’enlève ma culotte, j’ai l’impression qu’il va y avoir une éclipse ! »), Un Week-End à Paris aborde surtout une sémantique gênante en ce qui concerne les relations conjugales chez les sexagénaires. On sent les acteurs mal à l’aise avec le sujet et, par conséquent, le malaise à les voir s’engouffrer dans certaines situations est d’autant plus grand.

A trop se concentrer sur son aspect dramatique, Michell en oublie d’être drôle.

Ancrant une réalité bourgeoise « so british » qui est incompatible avec la légèreté sexuelle de la jeunesse, Un Week-End à Paris ne colle jamais avec les procédés qu’il aborde, ce qui est fortement dommageable compte tenu de son casting d’exception. La grande Lindsay Duncan est magnifique, elle transpire de sensualité du haut de ses 63 ans. En face d’elle, on ne peut pas en vouloir à James Broadbent de s’aligner du mieux qu'il peut à la hauteur du jeu de sa camarade. Ces deux acteurs confirmés ont amplement le talent nécessaire pour rendre leur couple crédible, et on y croit dur comme fer à leur déchirement. D’ailleurs, il n’y aura que très peu, voire aucun, personnages secondaires d’importance puisque le film repose entièrement sur leurs épaules. Exception faite de Jeff Goldblum (quel plaisir de retrouver cet immense acteur !!) qui permettra au héros de mieux reconsidérer ses actes, l’histoire ne tourne qu’autour du déchirement que vit le couple. A trop se concentrer sur son aspect dramatique, Michell en oublie d’être drôle. Voir deux sexagénaires se taquiner comme deux gamins de 20 ans devait s’imposer comme une évidence lorsque nous avions lu le synopsis. Survolant très légèrement, par quelques séquences, minimes, ce point essentiel de l’histoire, Un Week-End à Paris ne restera qu’une réflexion banale sur un couple qui se déchire d’ennui ne supportant plus le poids des années de vie commune. Répétant une boucle qui n’arrivera jamais à se briser, nous sortons de la séance avec l’amertume négative de ne rien avoir appris du tout. Pour ne pas parler de frustration, même si on n’en est pas loin, nous nous sommes retrouvés crispés devant un tel gâchis qui a su poser de très bonnes bases solides, dans un procédé efficace, pour ne rien en faire par la suite. A l’image des notes de pianos lancinantes appuyant la douleur des personnages et survenant comme leitmotiv intradiégétique des états d’âme de ses personnages, Un Week-End à Paris saborde son concept pour laisser place à un ennui aussi profond que celui ressenti par ses héros.

Un Week-End à Paris offre une très belle ouverture avec des personnages délectables comme Roger Michell aime les traiter. Ne sachant pas quoi leur faire faire, il cède à une usure perpétuelle d’une corde qui est sur le point de se briser et qui perdra le spectateur au fil des minutes. Dommage !

Informations

Détails du Film Un Week-End à Paris (Le Week-End)
Origine Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie Dramatique
Version Cinéma Durée 93 '
Sortie 05/03/2014 Reprise -
Réalisateur Roger Michell Compositeur Jeremy Sams
Casting Jim Broadbent - Jeff Goldblum - Lindsay Duncan - Olly Alexander - Sophie-Charlotte Husson
Synopsis Un couple anglais vient à Paris fêter leurs trente ans de mariage. Ils redécouvrent la ville, mais aussi l’humour, la fantaisie, et le plaisir d’être ensemble.

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