CRITIQUE : Les Gardiens de la Galaxie (Guardians Of The Galaxy)


Les Gardiens de la Galaxie

Critique du Film

Poulain issu de la firme légendaire du gore jouissif et rock’n’roll, James Gunn a fait ses premières armes (excusez le jeu de mots de mauvais goût) en réalisant, pour le compte de la Troma, le délirant Tromeo & Juliet. Après s’être fait un nom à une échelle mondiale, toujours dans l’horreur décomplexée, avec Horribilis en 2005, le bougre a tenté une première incursion, décalée, dans le monde des superhéros avec Super. Vint un détour par la case court métrage où il réalisa un segment pour le (trop) sous-estimé My Movie Project, c’est ainsi qu’on le retrouve sous le feu des projecteurs avec Les Gardiens de la Galaxie. Nouvelle adaptation pour l’écurie Marvel, le film conte l’histoire de plusieurs créatures issues de galaxies différentes qui vont devoir s’allier afin de déjouer les plans d’un super vilain diabolique.

Les Gardiens de la Galaxie est probablement le meilleur film Marvel depuis Iron Man 3.

Avec la promo d’enfer dont il a fait l’objet, Les Gardiens de la Galaxie aurait pu s’avérer être un objet extrêmement périlleux. Débarqué de nulle part, la volonté des studios Marvel à proposer un catalogue plus large que la firme des Avengers, déjà bien installée, était louable. D’un point de vue grand public, ces fameux gardiens n’avaient pas la renommée d’un Iron Man ou encore d’un Hulk. Pari osé et grandement réussi, Les Gardiens de la Galaxie est probablement le meilleur film Marvel depuis Iron Man 3 et, n’ayons pas peur des mots, sûrement la plus grandiose de toutes les adaptations de la société de comics depuis Avengers. L’impertinence de James Gunn alliée au spectaculaire proposé par l’histoire offrent un résultat des plus convaincant. Si l’on se perd en début de métrage, la faute, une fois encore, à une mythologie moins populaire, l’univers riche des Gardiens de la Galaxie se révèle assez simple à assimiler. Les personnages sont clichés mais superbement étoffés. Ainsi, on retrouve le héros intrépide sans réels pouvoirs avec un courage hors-norme. La bad girl en quête de rédemption et les deux trouble-fêtes en la personne de Rocket et Groot. Le raton laveur étant sûrement l’une des plus grandes raisons d’aller voir ce film : chacune de ses répliques est à se tordre de rire. Dans les attitudes, il ferait presque penser, à une échelle différente, à l’extraterrestre de Paul. Mais la plus grosse surprise comique du film se révèlera être Drax le Destructeur campé par le catcheur Dave Bautista. La montagne de muscles se donne à cœur joie à jouer les benêts de service pour notre plus grand plaisir. Quand bien même l’humour trash de Gunn est moins transparent ici, bonnes mœurs de Marvel oblige, l’esprit bon enfant légèrement mieux poussé que sur les autres adaptations de la firme reste des plus agréables.

Les superhéros ont enfin leur Star Wars.

Visuellement, Les Gardiens de la Galaxie est à préconiser impérativement en 3D. Cette dernière offre des perspectives extrêmement bien travaillées et absolument agréables pour la rétine. De plus, ce joli travail sur la profondeur de champ restera constant sur toute la durée du métrage. Contrairement à 90% des autres œuvres proposées en 3D qui en mettent plein la vue dans leurs ouvertures, Les Gardiens de la Galaxie émerveille pendant deux heures. Les combats sont spectaculaires et l’univers proposé rappellera, dans son style, le travail de George Lucas sur sa célèbre saga. Les superhéros ont enfin leur Star Wars, il suffit de bien regarder l’affiche du film pour s’en rendre compte. Conscient de proposer une œuvre atypique, Gunn s’amuse comme un enfant dans les situations qu’il déploie, et jusque dans sa bande originale. On se surprendra à bouger sur notre siège au rythme des David Bowie, Marvin Gaye et autres Jackson Five. Entrecoupés de compositions signées Tyler Bates (Watchmen, Sucker Punch, Californication), autant vous avouer que votre séance s’annonce rock’n’roll. Les Gardiens de la Galaxie est un vrai délice autant pour les rétines que pour les tympans. Son carton au box-office américain est d’autant plus justifié qu’il offre une image neuve de la firme Marvel. Une image dopée à l'adrénaline extrême sous un déluge d'effets spéciaux d'un très beau calibre et une histoire qui va directement à l'essentiel. L’exemple le plus probant doit être l’idée des caméos obligatoires de Stan Lee à l’intérieur de ces films. James Gunn se débarrasse rapidement de ce, presque, fardeau en expédiant l’apparition de papi Stan dans son premier quart d’heure. Comble de l’hilarité, il en fait un personnage pervers en quête de gent féminine d’une vingtaine d’années. Un pur régal ! Pas de doute que l'ère Marvel 3.0 est en marche. Force est de constater que les prochaines productions ont intérêt à s'accrocher pour tenir une cadence aussi infernale et jouissive que celle dépeinte ici.

Les Gardiens de la Galaxie s’avère être l’une, si ce n’est LA meilleure production Marvel à ce jour. Toute l’essence des studios y est concentrée : de l’action, de l’humour, un univers riche, des personnages étoffés, un humour cinglant… Arrivant à pratiquement détrôner l’intouchable Avengers de son rang de film de superhéros ultime, Les Gardiens de la Galaxie s’impose comme LE blockbuster à ne pas rater en cette seconde partie d’été. 

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Informations

Détails du Film Les Gardiens de la Galaxie (Guardians Of The Galaxy)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Science - Fiction
Version Cinéma Durée 122 '
Sortie 13/08/2014 Reprise -
Réalisateur James Gunn Compositeur Tyler Bates
Casting Vin Diesel - Zoe Saldana - Bradley Cooper - Josh Brolin - Glenn Close - Benicio Del Toro - Chris Pratt - John C. Reilly - Dave Bautista - Lee Pace
Synopsis Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

Par Anthony Verschueren