Critique Superargo Contre Diabolikus (Superargo Contro Diabolikus)

Superargo Contre Diabolikus
Superargo Contre Diabolikus est un nanar de petite envergure qui pourra charmer certains fans du genre. Nick Nostro délivre un film correct dans sa forme au fond beaucoup trop alambiqué, même avec tout le second degré qui lui serait dû aujourd’hui,...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Quoi de mieux qu’un bon bis italien des années 60 pour venir colorer vos sombres dimanches après-midi ? Superargo Contre Diabolikus c’est l’essence même du superhéros invincible digne héritier d’une partouse entre Superman, Santo, Steve Austin et James Bond. Catcheur masqué à la force surhumaine, il tue accidentellement l’un de ses amis sur un ring. Troublé par cet accident, il décide de se retirer des matches de catch. C’est alors que le patron des services secrets décide de l’envoyer en mission spéciale pour déjouer les plans du malfaisant Diabolikus, un pirate des mers décimant des plates-formes pétrolières dans le but d’y extraire une puissance radioactive.

Superargo offre le ridicule du costume de Superman avec la dextérité des chorégraphies martiales d’un Batman dopées aux figures du catcheur Santo.

Avec un tel pitch monumental, nul doute que Superargo Contre Diabolikus trouvera grâce aux yeux de fans de kitch absolu. Ce qui en fait une véritable force ? Sa soif de sérieux décomplexée et la croyance absolue du projet dont font part les comédiens. Le héros du film envoie clairement du rêve dans son costume en collant, découpé dans la grenouillère du petit frère, couleur rouge pétard. Superargo offre le ridicule du costume de Superman avec la dextérité des chorégraphies martiales d’un Batman dopées aux figures du catcheur Santo. Question combats d’ailleurs, vous serez servi. Toutes les saveurs du bruitage ultra désabusé dès lors qu’un gnon est balancé sont d’actualité. Porté à la gloire du duo Spencer / Hill, qui en a fait sa marque de fabrique, il y a, dans ce film, une saveur d’antan extrêmement puissante. D’ailleurs, il y a fort à parier que Matt Groening a dû être bercé, ou tout du moins inspiré, par ce métrage afin de créer le personnage de Radioactiv Man dans Les Simpson. Allant plus loin dans l’iconographie du superhéros, Superargo ne nous dévoilera jamais son visage. Plus encore, il ne semble pas mener une double vie comme peuvent l’être les Bruce Wayne et autres Peter Parker. Il est né Superargo et demeurera Superargo.

Superargo Contre Diabolikus est un nanar de petite envergure qui pourra charmer certains fans du genre.

Tentant de proposer une alternative naïvement supérieure au Batman de Leslie H. Martinson, sorti peu avant, Nick Nostro perd peu à peu le spectateur au fil des minutes, sa force de bien faire devenant sa plus grande faiblesse. Les attentes d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’à l’époque, certes, mais le dévouement entier de l’équipe à proposer un film ouvertement sérieux aura raison de notre patience. Toutes les situations sont aussi abracadabrantesques les unes que les autres. Si l’on peut rire des incohérences énormes du scénario, la boîte à zygomatiques se fatiguera bien vite. On ne peut s’empêcher de repenser justement au Batman sorti la même année où tout y est tellement ridicule qu’on y découvre des perles à chaque plan au fur et à mesure qu’on le revoit. Superargo Contre Diabolikus souffre des incohérences des idées qu’il tend à défendre. On repense à la première fois où notre héros est retenu prisonnier par notre méchant par une grille métallique, somme toute banale, qu’il n’arrivera pas à faire flancher. Où la force surhumaine de Superargo passe-t-elle dans ce cas-là ? Survenant en milieu de métrage, ce lourd défaut ne plaidera pas en la faveur du capital sympathie qu’on pourrait tenir pour ce film. Et c’est vraiment dommage parce que la bande originale a de quoi rendre les propos vraiment épiques et est relativement plaisante à écouter d’autant plus que la réalisation du film est vraiment honnête. Les plans s’enchaînent parfaitement dans un montage classiquement mené. À quelques exceptions d’un abus de zooms exécrables, en début de métrage notamment, la caméra se meut parfaitement dans l’univers nanardesque que déploie Superargo Contre Diabolikus. Sans compter que Gérard Tichy est relativement crédible dans le rôle du génie du mal avec sa horde de sbires maléfiques. En vérité, le trop-plein d’artifice qui enveloppe le mythe de Superargo noie le concept d’une manière significative. Il aurait mieux valu en faire un superhéros beaucoup moins invincible afin de mieux nous faire profiter des failles qui subsistent dans sa mythologie…et un acteur beaucoup moins mono-expressif n'aurait pas été de refus non plus.

Superargo Contre Diabolikus est un nanar de petite envergure qui pourra charmer certains fans du genre. Nick Nostro délivre un film correct dans sa forme au fond beaucoup trop alambiqué, même avec tout le second degré qui lui serait dû aujourd’hui, pour qu’on daigne exprimer l’envie d’y retourner un jour. Dans une quête-espionne surfant sur la gloire de l’agent 007, on ne peut que vous conseiller de vous tourner vers la saga Mad Mission qui, si elle ne vous tue pas dans ses innombrables séquences de bêtises absolues, fera la joie de vos prochaines heures de séances kitch et nanar.

Informations

Détails du Film Superargo Contre Diabolikus (Superargo Contro Diabolikus)
Origine Espagne - Italie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Aventure - Fantastique
Version Direct To Video Durée 84 '
Sortie 01/07/2014 Reprise -
Réalisateur Nick Nostro Compositeur Franco Pisano
Casting Monica Randall - Loredana Nusciak - Giovanni Cianfriglia - Gérard Tichy - Francisco Castillo Escalona - Geoffrey Copleston
Synopsis Après avoir tué accidentellement son ami sur le ring, Superargo, catcheur et super-héros, décide d'arrêter de pratiquer des sports de combat. Mais le colonel Kinski ne tarde pas à le contacter afin de lui proposer une mission des plus dangereuse : stopper les activités souterraines de Diabolikus qui tente de dérober de l'uranium dans les mers des Caraïbes pour un usage des plus douteux. Superargo accepte l'enquête et part aussitôt à la recherche du malfaiteur diabolique.

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