CRITIQUE : Dom Hemingway


Dom Hemingway

Critique du Film

Cocaïne, sexe, alcool, blagues grivoises…cocaïne, sexe, alcool, violence…Dom Hemingway voit le retour du réalisateur du troublant Oxygen, Richard Shepard, avec un long métrage subversivement outrancier. Dom Hemingway est un malfrat, un peu gauche, qui a passé douze ans derrière les barreaux pour avoir refusé de balancer son patron. À sa sortie de prison, il compte bien récupérer tout ce qu’on lui a volé, peu importe la manière.

Dom Hemingway regorge, certes, de défauts, mais ils ne lui portent pas si préjudice que cela.

Avec un casting aussi exceptionnel que ses personnages, Dom Hemingway est un défouloir d’une heure et demie qui ravira autant qu’il pourra dégouter. Avec une ouverture sur un long monologue de Jude Law scandant la gloire de la magnifique beauté de son pénis, le film de Shepard donne le ton d’entrée de jeu. Les plus austères à ce genre de langage fleuri abandonneront sans doute la course dès les premières minutes. Il va sans dire que Dom Hemingway est un film à l’humour extrêmement lourdingue n’hésitant pas à en faire des tonnes pour faire rire. Nous nous sommes véritablement laissés séduire notamment grâce à la présence ahurissante de Jude Law. L’acteur casse son image de bourreau des cœurs campant un criminel alcoolique au physique ingrat (vivent les ventres à bière) considérant la femme comme un quartier de viande. Caricature extrême du gentleman cambrioleur à l’anglaise, on se prend d’affection pour ce petit nerveux à qui la malchance n’arrête pas de sourire. Tentant de renouer des liens avec sa fille (Emilia Clarke toujours aussi magnifique), on y voit surtout se confronter deux mondes diamétralement opposés. L’un ayant la folie des grandeurs vivant dans les malheurs que l’autre essaye de fuir. Échec cuisant au box-office, passé quasiment inaperçu, retiré de l’affiche aussi vite qu’il n’est arrivé, Dom Hemingway regorge, certes, de défauts, mais ils ne lui portent pas si préjudice que cela.

Dom Hemingway garde un certain atout charme nous permettant d’arriver au générique de fin non sans une certaine euphorie.

L’idée de rédemption du criminel a déjà été abordée dans plusieurs autres films, Shepard semble en avoir entièrement conscience. Il joue la carte du simple et efficace pour mieux conjuguer les atouts qu’il a en sa possession. Ponctuant son montage de cartons à la manière d’un Quentin Tarantino, le réalisateur offre une saveur moderne à son film. Une sorte de déclaration d’amour au regain d’intérêt qu’on retrouve actuellement dans le cinéma britannique pour ce qui est de transposer à l’écran des gangsters modernes loin des clichés culturels que peuvent être les Sherlock Holmes (plutôt drôle quand on sait que Jude Law a interprété Watson au cinéma). Scindé en deux parties distinctes, Dom Hemingway a du mal à conjuguer ses deux facettes par moment. Si les trois premiers quarts d’heure sont fortement délectables avec ses gangsters, abrutis, qui ont des comptes à régler, les trois derniers quarts jouent aux montagnes russes. À l’image des sentiments embrouillés du héros, le récit peine à retrouver un souffle nouveau en seconde partie de récit. Les vannes ne se renouvellent pas spécialement, à quelques exceptions prêtes, lorgnant de près le lourdingue. Ne reste qu’une bande originale vraiment entraînante jouant sur plusieurs tableaux et le charme indiscutable du casting pour tenir la cadence. Sans enivrer le spectateur au point de le gaver non plus, Dom Hemingway garde un certain atout charme nous permettant d’arriver au générique de fin non sans une certaine euphorie. Il y a surtout un regain d’intérêt vers un peu plus d’une heure de film. La séquence où le héros fait une démonstration de ses talents de perceur de coffre est purement « Tarantinesque ». Détournant l’attention du but premier pour laisser entièrement place aux talents comiques de Jude Law, on ne pourra s’empêcher de rire face aux excentricités du personnage ne nous permettant pas de voir venir la tension cachée qui surviendra au paroxysme de la séquence.

Dom Hemingway est un film suffisamment bon pour qu’on daigne lui laisser sa chance, à condition de ne pas s’offusquer par les déferlantes de « fuck » à la minute. Dans un style très moderne, Richard Shepard offre une comédie savoureuse dans son ensemble et amène un Jude Law au meilleur de sa forme.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Informations

Détails du Film Dom Hemingway
Origine Angleterre Signalétique Sensibilité Spectateurs
Catégorie Film Genre Comédie - Policier
Version Cinéma Durée 94 '
Sortie 04/06/2014 Reprise -
Réalisateur Richard Shepard Compositeur Rolfe Kent
Casting Jude Law - Kerry Condon - Demian Bichir - Emilia Clarke - Richard E. Grant - Nathan Stewart-Jarrett - Madalina Ghenea
Synopsis Après avoir passé 12 ans en prison pour avoir gardé le silence, Dom Hemingway, célèbre pour savoir ouvrir le moindre coffre-fort, est de retour à Londres et a bien l'intention de récupérer ce qu'on lui doit !

Par Anthony Verschueren