Critique Lucy

Lucy
Luc Besson, sous réserve de la parole de Christophe Lambert (directeur général d’EuropaCorp), signe la production la plus ambitieuse des studios d’une main légèrement tremblante. Si l’on arrive à suivre les péripéties du film pendant près...

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Seizième long métrage pour notre frenchy Luc Besson, Lucy signe le retour du bonhomme dans un univers fait de science-fiction et d’action, mélange qu’il n’avait plus expérimenté depuis Le Cinquième Élément en 1997. On y suit Lucy, jeune femme vivant à Taipei, au nord de Taïwan, qui se retrouve plongée, malgré elle, dans le milieu du grand banditisme. Contrainte de faire la mule pour des trafiquants de drogue, elle va déployer une intelligence infinie suite à l’absorption de la drogue qu’elle transportait dans son bas-ventre. S’en suivra un chassé-croisé entre les trafiquants, bien décidés à récupérer leur colis, et la police française faisant foi de garde rapprochée de la jeune femme qui tentera de comprendre et assimiler ses nouvelles conditions.

Lucy est visuellement irréprochable, les effets spéciaux font mouche.

Aucun doute que l’été 2014 aura été le plus expérimental de la carrière de Scarlett Johansson. Après un troublant Under the Skin, elle campe une Lucy avide de savoir. Perdant petit à petit son humanité au fur et à mesure que son cerveau se développe, la magnifique blonde adapte un jeu robotique dénué d’humanité. Le film est ponctué d’explications scientifiques en la personne de Morgan Freeman afin d’informer le spectateur des stades par lesquels passera l’héroïne. En ce sens, Besson rend ses propos plutôt ingénieux, pour ce qui est de la première partie de son film, mais saborde son concept dès lors qu’il faille l’élever un cran au-dessus. On a alors l’impression d’être pris pour de stupides moutons restant totalement à l’écart de l’action. S’il démarrait vraiment bien, Lucy agit comme une drogue en vérité. Le film est mené tambour battant dans son exposition. On assimile parfaitement l’histoire, le film reste concret et propose un univers vraisemblable très séduisant. Une fois le pic de la substance atteinte, la retombée fait mal : que c’est brouillon ! Essayant de cacher les faiblesses historiques de ses propos sous diverses scènes d’action réussies (un point fort de Besson qu’il n’a plus à prouver), Lucy ne transcendera jamais ses valeurs intellectuelles. Se pose alors deux alternatives : soit c’est extrêmement intelligent et vu que nous n’utilisons que 10% de notre cerveau, nous ne sommes pas en mesure de comprendre les tenants et aboutissants ; soit c’est réellement fouillis. Besson justifiait l’envie de faire ce film dans le but d’expérimenter tout ce qu’il se fait de mieux visuellement avec la technologie actuelle du cinéma. Alors oui, Lucy est visuellement irréprochable, les effets spéciaux font mouche, mais ça ne suffit pas à combler l’incompréhension qui guette le spectateur dans son dernier quart d’heure.

On regrettera une histoire de fond alambiquée.

A en juger les chiffres du box-office américain, Besson fascine avec son Lucy. On ne peut pas lui en vouloir de répéter ce qu’il s’est fait de mieux dans le cinéma ces dernières années au risque de plagier lui-même ses propres productions. Ainsi, un plan anecdotique rappellera Matrix lorsque les trafiquants pénétreront un hall, armés jusqu’aux dents, ou encore la manière dont Lucy laissera sans défense un ennemi qui aura les mêmes spasmes que Tcheky Karyo à la fin du Baiser Mortel du Dragon. Quelques détails sans importance que peut-être vous ne remarquerez même pas, mais qui nous ont vraiment frappés. Lucy active l’ensemble de notre mémoire de cinéphile. Nous essayons sans cesse de chercher ce qui a déjà pu être traité avec un sujet similaire. Bien évidemment, le comparatif avec Limitless de Neil Burger, avec Bradley Cooper, sera inévitable. S’il ne fera jamais figure de pâle copie, Lucy donnera une sensation d’amertume similaire à ce dernier : le matériau de base est très alléchant, mais ne se sublimera jamais. On regrettera une histoire de fond alambiquée et une sous-exploitation d’un talent aussi monstrueux en la personne de Choi Min-Sik qui semble n’avoir aucune idée de la justification de sa présence à l’écran. A l’image des connexions ultra rapides des neurones dans le cerveau de Lucy, le spectateur est noyé dans beaucoup trop de subterfuges pour en apprécier pleinement la substantifique moelle. Lucy mérite sûrement qu’on lui accorde une seconde chance, en tous les cas, après un premier passage, il ne convaincra qu’à moitié.

Luc Besson, sous réserve de la parole de Christophe Lambert (directeur général d’EuropaCorp), signe la production la plus ambitieuse des studios d’une main légèrement tremblante. Si l’on arrive à suivre les péripéties du film pendant près d’une heure, sa dernière demi-heure noie intégralement tout le concept dans un conglomérat de savoir se superposant les uns aux autres sans jamais trouver de liens vraisemblables entre eux. La dernière réplique sonnant le glas équivalant à un « allez-vous faire foutre » qui trouble plus qu’il ne ravit puisqu’il y est dit, à peu de chose près : « La vie nous a été donnée il y a plusieurs années, maintenant vous savez quoi en faire. » Et bien…pas du tout !

Informations

Détails du Film Lucy
Origine France Signalétique Accord Parental
Catégorie Film Genre Action - Science - Fiction
Version Cinéma Durée 89 '
Sortie 06/08/2014 Reprise -
Réalisateur Luc Besson Compositeur Eric Serra
Casting Morgan Freeman - Scarlett Johansson - Min-sik Choi - Analeigh Tipton - Pilou Asbaek - Amr Waked
Synopsis A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

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