Critique Le Sang des Templiers (Ironclad)

Le Sang des Templiers
Le Sang des Templiers n’a pas à rougir de sa posture d’outsider dans le conglomérat de grands films ayant déjà marché sur ses plates-bandes. Jonathan English sait clairement ce qu’il peut et ne peut pas faire. Son casting est sans arrêt juste....

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Avec ce troisième long métrage, Jonathan English s’était fait remarquer. S’appuyant sur une période épique de l’histoire d’Angleterre, il s’offrait une sorte de 300 au temps des chevaliers. En 1215, après les Croisades, le roi d’Angleterre, ne supportant pas sa défaite, décide de reprendre de force son royaume aidé d’une armée de Vikings. Choisissant d’exterminer tous ceux ayant remis en cause sa souveraineté, il va se heurter à une petite bande composée de quelques soldats, un Templier (soldat de Dieu) et un Baron tenant le château de Rochester, point éminemment stratégique à la bonne avancée de son plan.

Le Sang des Templiers accuse bon nombre de séquences d’action d’un très beau niveau.

Ce qui frappe directement dès l’ouverture du film c’est la manière dont il est raconté. Optant pour un narrateur omniscient, English introduit une voix off qui impose une certaine véracité dans les propos que tient son film. Cette méthode lui permet de distinguer directement les bons des mauvais permettant un attachement aux personnages de manière efficace. Il faut bien avouer que le casting est aguicheur lui aussi. Le (trop) discret Paul Giamatti campe un roi tortionnaire, révolté et détestable. Sa ténacité menaçante, qui est inversement proportionnel à sa taille, lui permet d’assurer une composition exquise. Dès lors, on ne lui accorde aucun crédit nous permettant de nous ranger directement du côté des Templiers. L’unique Templier à faire tourner en bourrique la garde royale nous dévoile un James Purefoy des grands jours. Le sosie britannique d’Alexandre Astier prouve, une fois de plus, son amour pour ce genre de rôle (Rome, Solomon Kane, Chevalier) s’octroyant, au passage, l'une de ses meilleures performances sur grand écran. La noblesse de cœur de son personnage force le respect, à l’image de la douleur qu’il éprouve alors que la tentation de rompre ses vœux le guette à chaque instant. Il incarne la quintessence même du chevalier d’une manière remarquable. Si dans chaque film du genre on arrive toujours à distinguer un personnage précis dans les deux camps, Purefoy efface complètement ses camarades à chacune de ses apparitions. Preuve d’un talent hors pair, ses compagnons de fortune redoublent d’effort pour s’aligner à la hauteur de son jeu et nous proposent de belles séquences donnant une dimension suprême aux batailles. Le reste du casting est parsemé de gueules inoubliables du cinéma britannique actuel, cantonné habituellement à des seconds rôles, et qui risquent de faire fort plaisir à leurs fans.

Le Sang des Templiers n’a pas à rougir de sa posture d’outsider.

Le Sang des Templiers accuse bon nombre de séquences d’action d’un très beau niveau. English ancre ses combats dans une réalité peu excessive amenant une part réaliste excellemment bien gérée. Oubliez les hectolitres de sang pour un doigt coupé, les effusions sont gérées avec minutie afin de contenter autant les estomacs fragiles que les fans de tripaille. Le tout est relevé d’une bande originale discrète appuyant parfaitement chaque émotion souhaitée en temps et en heure. Et quand elle décide de s’effacer, c’est pour instaurer des lignes de dialogues franchement palpitants. Les nombreuses tirades qui enveloppent le film rappellera les grandes œuvres du genre et notamment une séquence de découpage de membres faisant écho à Mel Gibson aux mains de ses bourreaux dans Braveheart…la finalité « catapultante » en plus ! La réalisation est moderne et inspirée osant des plans auxquels nous ne sommes pas habitués pour ce genre de film. Avec autant de points forts, il va de soi que Jonathan English prend un pied phénoménal à mettre en image un sujet qui l’inspire fortement. Conscient de ne proposer qu’un film mineur face aux géants du genre, English concède une certaine folie des grandeurs en ayant bien conscience de ce qu’il a à sa charge. C’est par le biais d’un tel éveil que son envie de faire un grand film, même à une échelle moindre, se ressent. Son pari est réussi.

Le Sang des Templiers n’a pas à rougir de sa posture d’outsider dans le conglomérat de grands films ayant déjà marché sur ses plates-bandes. Jonathan English sait clairement ce qu’il peut et ne peut pas faire. Son casting est sans arrêt juste. Les batailles sont grandioses. Les dialogues sont percutants. C’est une franche réussite qu’on ne peut que vous conseiller.

Informations

Détails du Film Le Sang des Templiers (Ironclad)
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Action - Aventure
Version Cinéma Durée 121 '
Sortie 20/07/2011 Reprise -
Réalisateur Jonathan English Compositeur Lorne Balfe
Casting Kate Mara - Charles Dance - James Purefoy - Brian Cox - Derek Jacobi - Jason Flemyng - Paul Giamatti - Aneurin Barnard
Synopsis En 1215, le roi d’Angleterre, Jean, a été contraint de signer la Magna Carta, un document qui assure la liberté du peuple et constitue désormais la base du droit commun en Angleterre. Furieux d’y avoir été forcé, il lève une armée de mercenaires et commence à piller le pays pour reprendre le pouvoir. Il est sur le point d’atteindre Londres et de remporter la victoire, mais un dernier obstacle se dresse encore sur sa route : le château de Rochester. À l’intérieur, rassemblée par le baron Albany, une petite bande de guerriers rebelles s’est jurée de retenir le roi Jean jusqu’à l’arrivée des renforts. Elle compte un chevalier Templier ; Isabel, la dame du château, mais aussi des mercenaires endurcis comme Beckett et des jeunes soldats tels Guy, qui va goûter à la bataille pour la première fois – et peut-être bien la dernière. Chacun a ses espoirs, ses démons et ses secrets. De part et d’autre de la muraille, les deux camps sont prêts à tout pour l’emporter et l’heure de l’affrontement approche.

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