Critique Noé (Noah)

Noé
Noé proposait un point de départ très intéressant qui n’aboutira jamais à rien. Darren Aronofsky se fourvoie dans un essai de succession de démonstrations comme s’il voulait nous prouver qu’il n’arrive pas à gérer de gros budgets. Une...

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Sixième long métrage pour Darren Aronofsky, le réalisateur continue de conter son attirance pour les thèmes obsessionnels en choisissant de traiter, à sa manière, l’histoire biblique de l’Arche de Noé. Inspiré très librement des récits de la Bible, Aronofsky raconte l’obsession de Noé qui se met en quête, avec sa famille, d’une construction d’une arche immense visant à sauvegarder une espèce animale de chaque race et des deux sexes différents. Le cinéaste s’entoure d’un casting exceptionnel comme Russell Crowe, Emma Watson, Anthony Hopkins, Nick Nolte et retrouve même Jennifer Connelly quatorze ans après Requiem for a Dream.

Noé aurait pu être amputé de près d’une heure que son impact n’aurait rien changé.

Noé est traité par Aronofsky comme un conte mythologique. Choisissant de s’éloigner largement de l’histoire biblique, il y construit un monde régi par ses propres codes bien qu’il prenne racine dans les origines de la religion chrétienne. Touchant à un genre qu’il n’a pas encore côtoyé (le péplum), Aronofsky s’offre également un premier passage vers la case blockbuster. Il répète inlassablement les mêmes erreurs et cela a fâcheusement le don de nous chauffer fortement les oreilles. Il s’embourbe dans une flopée de sous-intrigues qui ne sont pas intéressantes pour jouer avec la durée de son film. Cette succession de remplissage est indubitablement, incontestablement, irrémédiablement et à l’image de cette phrase qu’on s’efforce de tirer le plus possible afin que vous compreniez bien, beaucoup, beaucoup, beaucoup trop long. Le défaut principal de cette cause soporifique ? Choisir de se concentrer très longuement sur l’après-déluge. Noé aurait pu être amputé de près d’une heure que son impact n’aurait rien changé. On sent le réalisateur se forcer à s’aligner sur la durée d’un blockbuster moyen qu’il en oublie de donner un véritable souffle à son film. Et pourtant, toute la mythologie qu’il se crée en début de métrage, les fameux clans qui divisent le monde, après la chute de Caïn qui tua Abel, en deux catégories distinctes, mises en symbiose dans les marcheurs de pierre, était fortement intéressante.

Aronofsky saborde tout seul son projet par une photographie extrêmement pauvre, voire négligée.

Aronofsky saborde tout seul son projet par une photographie extrêmement pauvre, voire négligée. L’image n’est jamais plaisante et l’ouverture du film en dit long sur ce qui nous attend. On entame la lecture avec la très nette impression de se retrouver devant un téléfilm biblique, d’un budget conséquent, d’une chaîne de télévision lambda pendant les fêtes de fin d’année. Les cartons exposant le monde que nous allons voir sont dignes d’un effet amateur issu de windows movie maker. Et tant qu’on est sur les effets foirés : qu’est-ce que c’est que ce résumé de la création de la terre en time lapse ? En plus d’attaquer sévèrement la rétine, c’est hideux à regarder ! Peut-être qu’Aronofsky tente, comme l’histoire de Noé, de repartir vers le stade zéro de la création artistique ? Il semble se lasser de l’évolution du cinéma au point de tout reprendre depuis le départ. Si tel est le cas, il n’aurait pas dû se voir allouer un budget aussi conséquent et se gratifier de réunir un casting aussi charismatique. À l’image de son personnage, Russell Crowe semble lui-même se fatiguer et ne pas croire en son projet. Il est en totale roue libre, essayant d’offrir quelques séquences de bravoures à mi-chemin entre son Maximus de Gladiator et son Robin de Robin des Bois ; le tout agrémenté d’un joli faciès mono-expressif qui ne fera que nous convaincre de son ennui total à se retrouver en face de la caméra de Darren. En voulant réinventer un segment de la Bible, Aronofsky en oublie d’être créatif. Détruisant plus qu’il ne construit, il s’embourbe dans une succession d’idées qui ne peuvent jamais s’emboîter entre elles. On en viendra à rire nerveusement d’un tel manque de piquant, l’épopée façon Waterworld en mode huis clos de sa seconde partie restant la plus risible.

Noé proposait un point de départ très intéressant qui n’aboutira jamais à rien. Darren Aronofsky se fourvoie dans un essai de succession de démonstrations comme s’il voulait nous prouver qu’il n’arrive pas à gérer de gros budgets. Une bien belle déception qui démontre qu’il a définitivement fait le tour de la question concernant les thématiques obsessionnelles et qu’il serait grand temps de songer sérieusement à évoluer vers quelque chose de neuf.

Informations

Détails du Film Noé (Noah)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Aventure - Fantastique
Version Cinéma Durée 138 '
Sortie 09/04/2014 Reprise -
Réalisateur Darren Aronofsky Compositeur Clint Mansell
Casting Jennifer Connelly - Anthony Hopkins - Emma Watson - Russell Crowe - Ray Winstone - Nick Nolte - Logan Lerman - Douglas Booth
Synopsis Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

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