Critique Blue Ruin

Blue Ruin
Blue Ruin, dans l'apprèciation de son titre, fait référence premièrement à l’état psychologique de Dwight, personnage principal du long-métrage de Jérémy Saulnier.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Blue Ruin, dans l'apprèciation de son titre, fait référence premièrement à l’état psychologique de Dwight, personnage principal du long-métrage de Jérémy Saulnier. Dwight est un sans domicile fixe errant à la bonne chance de son quotidien. Une maison ouverte pour prendre un bain, des vêtements secs dans un jardin et de la nourriture fraîche dans les poubelles. Sauf que Dwight n’est pas un SDF comme les autres. Il cache une chose qui va se dérouler devant nous au fur et à mesure de l’introduction. Car outre ses promenades lancinantes sur la plage ramassant au compte-goutte des déchets plastiques pour les consignes, Dwight donne cette impression d’être en attente. Quand une officière de police vient le chercher, l’attente prend enfin fin. Sous ses airs hirsutes, Dwight va alors remettre sa vie en marche à l’image de cette vieille Pontiac Bonneville de 1990 qui reprendra le goût de la route pour partir à la chasse. Comme un animal fou, Dwight se met donc à la chasse d’une cible cloîtrée sous des barbelés. Car via le gros popotin de cette officière black, on va apprendre que le meurtrier des parents de Dwight a été libéré. En quête d’une rédemption sauvage, Dwight va alors réparer l’erreur de sa vie.

Blue Ruin se pose entièrement sur les épaules de Macon Blair. L’acteur, génial, étale tout son talent dans l’introspection des sentiments et de la rage de son personnage. Après tant d’années de solitude et de patience, Dwight va dévoiler tous les stratagèmes réfléchis dans le cœur de cette ruine de Pontiac (deuxième référence). Il aura pensé presque à tout, le moindre élément ne sera jamais omis d’un scénario écrit tout au long de ces années de sommeil social. Car les événements découlant de l’histoire seront voulus et calculés à la seconde par Dwight. L’homme est prêt à l’affrontement et sait ce qu’il a à faire.

Entre stress, panique, angoisse et une certaine pitié, on se prend de face la géniale mise en scéne de Jeremy Saulnier.

Jusque le grain qui fera légèrement dérailler cette machine à vengeance. La révélation faite de la véritable teneur de l’histoire de ces deux familles en affrontements sera le moudre pensif d’une illusion. L’illusion parfaite d’un enfant ayant grandi dans la seule perspective vengeresse de ce fait divers. Dwight n’a jamais souhaité vivre au-delà de cette rédemption, en tout cas, il n’en a jamais soumis l’hypothèse. C’est alors qu’il se rapproche de sa sœur, qu’il prendra la tension de patriarche prêt à tout pour protéger le reste de sa famille. Car la vengeance aura deux visages bien distincts  : celui de redneck dégueulasse sortant des bayous marécageux américains contre le visage naïf et enfantin de Dwight.

À travers cette bouille gentille de Dwight, que l’on pense attardé mental aux premiers abords, on se prendra d’affection pour sa quête vengeresse. Entre stress, panique, angoisse et une certaine pitié, c’est finalement le travail de mise en scène que l’on se prendra de face dans la tronche. Car Jéremy Saulnier réussit le tour de force à créer une empathie certaine pour un personnage à part aux intentions presque floues au départ. En cela, Jérémy Saulnier est exemplaire. Alternant des moments doux comme la présentation du personnage ou ses retrouvailles avec sa sœur ou son pote de collège, il les mettra directement et subitement en exergue avec des moments durs comme l’attaque de Dwight dans le bar, l’invasion de la maison ou le tir au pigeon dans le champ. Entre introspections et révélations, suspense et relâchement, Jérémy Saulnier nous aspire un rythme soutenu et nous berce machiavéliquement dans une lenteur étouffante. 
Nous prenant à la gorge par le désespoir d’un être dont la vie est synonyme de vengeance, Jéremy Saulnier réalise une œuvre merveilleuse, impressionnable, ne nous épargnant jamais la violence d’un être perdu pour la vie, errant simplement sur terre pour récupérer celle volée abusivement ou non.

Informations

Détails du Film Blue Ruin
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 90 '
Sortie 09/07/2014 Reprise -
Réalisateur Jeremy Saulnier Compositeur Non Renseigné
Casting Devin Ratray - Kevin Kolack - Amy Hargreaves - Eve Plumb - David W. Thompson - Macon Blair
Synopsis Un vagabond solitaire voit sa vie bouleversée lorsqu'il retourne à sa maison d'enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère.

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